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 D'arc et d'épée

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Poussière d'Etoiles
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MessageSujet: D'arc et d'épée   Lun 25 Avr - 8:51:00

Voilou, j'ai enfin trouvé le courage pour commencer une fic, et voici donc mon premier chapitre ! cheers

C'est une fic tirée du Seigneur des Anneaux. Le thème principal de l'histoire est de Tolkien, mais n'est pas représenté dans les films. Les personnages sont de moi, bien que les noms soient ceux d'elfes de Tolkien Wink

Nous sommes en 1974, au Troisième Âge de la Terre du Milieu, quelques siècles avant le temps de la Communauté. Elewë, jeune elfe de la Lothlórien, rêve d'aventure et de nouveaux horizons, et s'engage dans l'Armée Elfique chargée d'apporter de l'aide dans le Royaume du Nord, en Arnor.


Chapitre 1


La Flamme ... le Vide. Ne penser à rien d'autre, juste voir la Flamme, viser, et tirer. Elewë s'immergea dans cette torpeur apaisante, se laissant aller. Elle fit le vide en elle. Elle n'était que paix et harmonie. Avec fluidité, elle lâcha la corde de son arc, dans un \CLANG/ retentissant. Le trait fila, se rapprochant rapidement de sa cible, et s'y figea dans un bruit mat.
L'elfe n'eut pas besoin de regarder pour savoir que la flèche avait touché le centre de la cible, à cent pas de là. Elle relâcha la tension de son arc, et ouvrit les yeux. Elle avait vu juste. La flèche s'était effectivement fichée dans l'exact centre de sa cible, encore une fois. Elle détendit la corde de son arc, afin de ne pas l'abimer, retira ses flèches de la cible -toutes plus proches les unes que les autres- et rangea le tout soigneusement dans son carquois, qu'elle accrocha à son épaule.
Il se faisait tard, la nuit commençait à tomber, et on apercevait déjà une nuée d'étoiles scintillantes dans le ciel bleu marine tirant sur le noir. Elewë se mit en marche en direction de chez elle, d'un bon pas. Elle s'était encore attardée au terrain de tir à l'arc, plongée dans son entrainement, ne voyant pas les heures défiler, et était à présent en retard. Son père allait encore la sermonner
. Bien qu'ayant atteint l'âge adulte, et vivant seule dans une petite maison, elle aimait se rendre régulièrement chez son celui-ci, qu'elle aimait toujours autant, bien que ce sentiment soit peu réciproque. La forêt défila rapidement devant ses yeux, rideau de végétation et de plantes diverses, et elle vit bientôt apparaître les signes marquant la frontière de la cité : Caras Galadhon, la cité du Seigneur et de la Dame de la Lórien, le Pays aux Fleurs d'Or.
Elewë s'élança, ne prenant pas le temps de s'arrêter devant la beauté des lieux, qu'elle connaissait à présent depuis plus de 1600 ans : des arbres centenaires s'élançaient vers le ciel, chargés de verdure, tous plus grands et beaux les uns que les autres. Ces arbres avaient vu des générations entières d'elfes se succéder depuis leur arrivée en Terre du Milieu, presque aussi éternels qu'ils ne l'étaient.
Le ciel à présent quasiment noir, laissait le bas-sol dans la pénombre, et seule la vision elfique de la jeune fille lui permettait de réussir à se repérer parmi les branchages et racines couvrant le sol de la forêt. Elle entendit au loin le brame d'un cerf, et aperçut dans les bois de nombreux animaux s'apprêtant à se cacher pour la nuit, laissant les chouettes à leur chasse nocturne
. La forêt grouillait d'êtres vivant en harmonie dans les sous-bois de la Forêt d'Or : ici un écureuil sautait dans les branchages ; là une colombe prenait son envol ; plus loin une famille de lapins se pressait de rentrer dans son terrier, et bien d'autres encore. Ainsi était la vie en terre elfique, éternelle et immuable. Ce Cycle de la Vie durait depuis le commencement du monde, et durerait jusqu'à sa fin, jusqu'au jour où les elfes cesseraient de vivre en Terre du Milieu et de préserver cette harmonie ; désireux de retourner en Terres Immortelles, lassés d'avoir vécu tant d'années.
La jeune elfe échappa à sa pensée quand elle aperçut enfin les lumières de la cité, et son pas se fit plus pressant, désireuse de s'échapper de l'étreinte étouffante de la forêt. Elle déboucha dans une clairière plus libre et espacée, et put reprendre son souffle. La forêt de nuit lui faisait toujours cet effet-là, l'oppressant et la rendant mal à l'aise, même au bout de siècles d'existence.
Elewë se dirigea vers le centre de la ville, longeant les grand arbres soutenant les maisons de végétation et de fer blanc, et les escaliers éblouissants s'étendant jusqu'à leurs cimes. Les elfes avaient aménagés leurs demeures en harmonie avec la flore environnante, mais avaient apporté une touche d'élégance et de raffinement dans les arabesques de métal, formant des rampes et des toitures extravagantes, rappelant la forme végétale entourant la cité.
Les villes elfique étaient renommées pour leur architecture, travaillées au fil des millénaires par les elfes immortels désireux de passer le temps de leur très longue vie à travailler l'esthétique et la beauté des choses. Elle passa devant de nombreuses demeures simples mais raffinées, dont le toit de certaines croulaient sous la végétation dont on avait incité la croissance.
Une grande fontaine, d'où jaillissaient mille jets d'eau retombant avec grâce dans le bassin, au milieu d'une place circulaire lui indiqua quelle n'était plus très loin. En effet, l'elfe aperçut enfin le toit de verdure de la maison de son père. Celle-ci jouxtait la fabrique d'armes de la ville, son père occupant le poste prestigieux de maître d'armes de Caras Galadhon.
Elle toqua, puis rentra dans la petite demeure. Elle referma rapidement la porte, profitant de la chaleur ambiante de la pièce principale, laissant la moiteur de la nuit derrière elle. Un elfe aux longs cheveux bruns et de grande stature était assis dans un fauteuil près de la cheminée, dans laquelle crépitait vigoureusement un feu de bois, et où était suspendue une marmite contenant sûrement l'habituel ragoût de légumes de son père . La fumée se dégageait de la cheminée par un trou laissé manuellement dans le toit de branches.
La pièce était de dimensions moyennes, avec un plafond de près de sept pieds de haut, meublée sobrement : tous les meubles étaient dans le style elfique, taillés respectueusement dans le bois de la forêt ; une table entourée de quatre chaises se tenait au milieu de la pièce ; un second fauteuil était placé devant la cheminée, celui d'Elewë ; quelques plantes grimpaient jusqu'au plafond et sortaient par les interstices du toit, dégageant un doux parfum de fraicheur et de pollen de fleurs ; et enfin, quelques tableaux et sculptures étaient installés sur les deux commodes finissant de meubler la pièce. Des vieilles armes accrochées aux murs parfaisaient cette modeste décoration.
L'elfe posa son carquois sur la table, retira sa cape légère qu'elle accrocha à une plante grimpante et vint s'assoir à côté de son père, dans le second fauteuil.
« Tu es en retard Elewë » lui dit celui-ci d'une voix neutre lorsqu'elle fut assise
« Je sais père, je n'ai pas vu le temps passer, veuillez m'excuser »
« Le repas est prêt, mets le couvert et nous passons à table » lui répondit son père sans plus se préoccuper d'elle, en se penchant pour décrocher la marmite.
Elewë se leva, mit la table, et s'assit. Galweg les servit, et ils mangèrent en silence. Seuls les bruits de mastication meublèrent celui-ci. A la fin du repas, la jeune elfe se leva, embrassa son père, et agrippa les barreaux de l'échelle pour monter à l'étage de la petite maison.
Elle se dirigea vers la chambre qu'elle avait occupée tout le temps où elle vivait ici. La pièce jouxtait la chambre de son père, et une salle de bain modeste. Elle y entra, et se dirigea directement vers son hamac de lianes, sans prendre le temps de se changer, trop éreintée pour faire autre chose.
Sa chambre était à présent vidée de tous meubles qu'elle avait bougé dans sa nouvelle maison ; seul restait son hamac : les murs formés de branchages et de planches de bois étaient le seul ornement de la pièce, dégageant une impression de grandeur dans celle-ci.
Elle s'allongea dans son hamac, cala sa tête dans les coussins de plumes, et ses pensées dérivèrent vers son père. Le repas de ce soir avait été morne, sans conversation, comme à l'habitude. Elewë et Galweg avaient toujours eu du mal à créer un lien fort entre eux. Sa mère était morte lorsqu'elle était jeune, laissant son père seul et ravagé par le chagrin avec elle. Celui-ci avait toujours voulu un fils pour lui apprendre le maniement des armes, et lui faire reprendre le rôle de maitre d'armes.
Malheureusement, sa femme était morte avant d'avoir eu le temps de lui donner un fils. Son père avait porté ce regret un long moment, et avait apporté très peu d'amour à la jeune fille. Il n'avait pu se remarier, les coutumes elfiques étant de choisir son conjoint à vie. L'adultère et le remariage était interdits, et aucun elfe n'aurait violé celui-ci, respectant trop la vie et le lien du mariage pour le braver.
Galweg avait donc du continuer sa vie seule avec sa fille. Celle-ci avait alors tenté de devenir ce fils qu'il n'aurait jamais, s'entrainant plus dur que n'importe quel jeune elfe, apprenant le maniement complexe des armes, surpassant de loin de nombreux elfes, essayant de faire la fierté de son père et de gagner son amour. Celui-ci avait peu à peu compris que sa fille lui apporterait la même chose qu'un fils, mais leur relation avait toujours été un peu tendue et froide.
Elewë en avait gardé un comportement et un caractère fort, et s'était fait peu d'amis dans la cité. La solitude ne l'avait jamais gênée, au contraire, elle la trouvait parfois apaisante. Elle avait, depuis toute petite, toujours eu du mal à se faire des amis. Elle ne ressentait pas le besoin de s'ouvrir à quelqu'un, juste celui de s'entraîner toujours plus.
Une seule personne avait eu le courage d'approcher cette jeune elfe que beaucoup redoutaient, autant par son maniement des armes, son caractère et sa position dans la société de la cité et dont la solitude dérangeait et gênait : Lindir.
Le jeune elfe, intrigué par cette jeune elfe solitaire, avait voulu la connaître, et avait tenté une approche lente, pour lui laisser le temps de l'accepter ; et avait su attendre que la jeune fille se relâche et lui fasse confiance. Au fil des siècles, une véritable complicité s'étaient crée entre eux deux, et une forte amitié les unissait à présent. Elle devait le retrouver demain pour une longue chevauchée dans les bois de la Forêt d'Or.
Cette perspective la réjouissait, elle avait besoin de s'évader, de sortir de la routine de son entraînement, de rire et de sourire à nouveau. Elle avait passé dernièrement trop de temps seule, à ne voir personne. Demain serait un autre jour. Épuisée, c'est sur cette agréable pensée que Elewë s'endormit d'un sommeil profond



Voilà, n'hésitez pas à venir commenter Ici Very Happy

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Poussière d'Etoiles, la joyeuse, la folle, l'unique xD - et Admine, pour vous servir
Le Chapitre 13 de ma fic D'arc et d'épée est sorti, n'hésitez pas à regarder ! (:



Spoiler:
 



Dernière édition par Poussière d'Etoiles le Mar 6 Mar - 20:27:59, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: D'arc et d'épée   Ven 29 Avr - 17:26:42

Voici mon tout nouveau chapitre, un peu plus long que le précédent (2600 mots contre 1600 ^^ ) le 3 est déjà en cours d'écriture ! Very Happy
J'ai pensé à vous faire des paragraphes, dans ma grande bonté Laughing
N'hésitez pas à faire part de vos commentaires dans le sujet spécial Wink

Je précise, les textes en itallique sont en elfique
Bonne lecture (:

Une journée dans la Lórien




Quand Elewë se réveilla, la lumière du jour filtrait à travers le toit de feuillage. Quelques rayons tombaient sur son visage, l'aveuglant tandis que ses yeux d'elfes s'habituaient à la nouvelle luminosité. L'elfe de redressa, tanguant dans son hamac, et réussit à s'en extirper. Ses vêtements étaient froissés et humides, et elle se souvint que, trop fatiguée pour faire quoi que ce soit, elle s'était directement couchée la veille.
Elle s'étira, tel un grand félin, et se dirigea lentement vers la petite salle de bain. Elle remplit un bac d'eau fraiche, et s'immergea. La sensation de fraicheur finit de la réveiller, et elle put enfin réfléchir normalement, les vapes de la nuit quittant son esprit : elle devait se dépêcher, elle avait rendez-vous avec Lindir aujourd'hui.
Elewë sortit du bac, enfila rapidement une tenue adaptée à l'équitation, coiffa tout aussi rapidement ses longs cheveux bruns, les attacha, sortit de la salle de bain et se dirigea vers l'échelle de bois menant à l'étage inférieur. Quand elle descendit, une douce odeur de galette de pain l'accueillit. Son père venait d'en faire une fournée toute chaude, et la déposa dans une grande assiette sur la table, à côté d'une corbeille de fruits frais.
« Bonjour ada , lui dit la jeune fille en l'embrassant, avez vous bien dormi ? »
« Bonjour Elewë » lui répondit celui-ci
La jeune elfe n'insista pas, s'assit à table, accompagnant le pain et les fruits d'eau. Quand elle fut rassasiée, elle se leva, récupéra sa cape et son carquois, ainsi que l'épée posée contre le mur, et se dirigea vers la porte.
« Que fais-tu aujourd'hui, ma fille ? »
« Je pars avec Lindir chevaucher dans la forêt. »
« Ne rentre pas trop tard. Lui conseilla-t-il
« Ne vous inquiétez pas ada, je ferais attention » lui répondit-elle en accrochant la cape sur ses épaules.
Elle sortit, puis referma la porte derrière elle. Elle accueillit avec plaisir la brise d'air frais lui soufflant au visage, le soleil dégageant une chaleur étouffante. C'était l'été en Lórien, et le soleil faisait subir sa présence chaque jour. Une fois qu'Elewë fut habituée à la chaleur ambiante, elle se dirigea d'un bon pas vers les zones déboisées de la cité, là où les elfes avaient installés de grandes prairies pour leurs chevaux, afin qu'ils puissent paitre en liberté durant les mois chauds de l'année. En hiver, ils les rentraient dans les grandes écuries situées à la limite de Caras Galadhon.
Elle sortit de la cité en passant par une des grandes portes creusées dans la roche de l'enceinte faisant tout le tour de la ville. Celles-ci étaient surveillées par les Gardes, et étaient ouvertes jusqu'à la tombée de la nuit. L'elfe avait eu de la chance de ne pas avoir trainé hier soir, sinon elle aurait dû passer la nuit dans la forêt. Rien qu'à cette idée un frisson lui parcourut le corps. Elle ne se souvint pas avoir passés les portes sur le chemin du retour. Elle se rendit compte qu'elle avait vraiment du être fatiguée.
Après quelques minutes de marche, elle approcha enfin de la prairie. L'herbe ondulait avec le vent, se parant de reflets d'or sous l'effet du le soleil. De nombreux chevaux paissaient tranquillement, d'autres jouaient et galopaient dans la grande étendue. Tout était calme et paisible. Des barrières de bois délimitaient la surface de la prairie. Elle grimpa dessus, puis émit un long sifflement, aux tonalités variées. Au bout de quelques secondes, un hennissement lui répondit au loin, et elle aperçut un cheval aux reflets argentés galopant dans sa direction.
Quelques instants plus tard, une jument grise s'arrêta devant la barrière, dans un soulèvement d'herbes. La robe de l'animal, assez rare chez les chevaux elfiques, était gris pommelé : un fond gris argenté, et des reflets gris clair et blanc, s'étalaient sur toute la surface de son corps, en particulier sur sa croupe. Une tache blanche en vague forme de fleur se dessinant sur son chanfrein lui avait valu le nom de Ninqueloté, Fleur Blanche en elfique. La jument, de petite corpulence, était faite pour la course, avec une croupe fine et des membres musclés. Son corps dégageait puissance, légèreté et grâce. Sa petite tête fine et ses grands yeux bleus doux la rendaient gentille et amicale. Elle dégageait une aura de douceur et de pureté. Elle balança son encolure de haut en bas en poussant un hennissement de joie à la vue de sa cavalière. Celle-ci lui avait manqué.
Elewë sourit. La jument était sa seule amie depuis des siècles – les chevaux elfiques ayant la particularité de vivre aussi longtemps que le cavalier auquel ils s'étaient attachés - bien avant qu'elle ne connut Lindir. Son père la lui avait offerte pour ses 100 ans, alors qu'elle refusait de monter et de tenter tout contact avec les chevaux de la ville. Elles ne s'étaient depuis jamais quittées. La jument lui avait appris l'amour de ces m magnifiques animaux, et elle faisait à présent parti des rares elfes à pouvoir nouer une relation avec tous les chevaux, en particulier elfiques, possédant un véritable don pour les comprendre et gagner leur amitié.
La jeune elfe lui demanda de se rapprocher de la barrière, et sauta d'un mouvement gracieux sur le dos de la petite jument. Dès que sa cavalière fut sur son dos, celle-ci poussa un petit hennissement d'impatience. Elewë lui flatta l'encolure, souriant de plus belle en sentant la jument trotter sur place.
« Tout doux ma belle, sois patiente, tu pourras courir plus tard »
Ninqueloté se calma au son de la voix de sa maitresse. Celle-ci la dirigea au petit trot vers l'extrémité de la plaine, vers la cabane faisant office de sellerie. Arrivée à la barrière, elle mit pied à terre, l'ouvrit pour laisser passer la jument, puis rentra dans la cabane. Elle en ressortit avec un tapis brun, une selle légère, un collier pour maintenir la selle, et un licou de corde. Elle l'harnacha rapidement, accrocha l'épée au collier de cuir, mit le pied à l'étrier, et prit la direction des bois.
Elle avait rendez-vous dans une clairière près de la cité. Elle dirigeait la jument les deux rênes dans une main, les laissant flottante, n'ayant nul besoin d'avoir un contact ferme avec la bouche pour le faire. L'animal avançait donc d'un bon pas, choisissant elle-même les chemins à emprunter. Au bout de quelques temps, elles atteignirent le point de rendez-vous.
La clairière était illuminée par les rayons du soleil, et un parterre de fleurs et de trèfles se répandait sur sa surface. L'elfe descendit de sa monture, la laissant brouter à son aise. Elle s'assit sur une souche, et se mit à observer les reflets du soleil jouant sur l'herbe.
Elle sortit de sa torpeur quand elle entendit un de roulement de sabots. Elle se redressa, et regarda dans la direction d'où venait le bruit. Telle un éclair, un étalon noir déboula dans la clairière. Il fit une glissade et s'arrêta d'un simple mouvement des rênes de son cavalier. Celui-ci le caressa, lâcha les rênes, et mit pied à terre. L'animal se dirigea tranquillement vers Ninqueloté, et se mit à brouter à ses côtés. Lindir marcha vers Elewë, et s'arrêta devant elle avec un grand sourire, l'air très fier de lui.
« Lindir, quand cesseras-tu de vouloir te faire remarquer ? Fit-elle mi-désespérée, mi-amusée.
« Quant tu cesseras de manier une arme. Répondit-il du tac au tac
Elle leva les yeux au ciel, et retourna s'assoir sur la souche. Son ami la suivit, et s'assit par terre en face d'elle. L'elfe le dévisagea. Il avait encore changé depuis qu'elle l'avait vu. Il avait à présent l'apparence d'un jeune elfe adulte. Bien qu'elle soit de grande taille, son ami la dépassait de près d'une bonne tête à présent. Elle se rassura en se disant qu'il avait cessé de grandir depuis longtemps.
Ses longs cheveux blonds coiffés à la manière elfique encadraient un visage beau et souriant. Ses yeux verts pétillaient de malice. Une mâchoire fine et un visage rond finissaient de compléter ce charmant portrait. Typé comme tous les elfes, il n'avait pas une très grande carrure, avec des épaules courtes, mais malgré sa tenue, on apercevait le renflement de ses muscles. Le jeune homme faisait parti d'une caserne de la cité, et s'entrainait donc très souvent. C'est ce trait de caractère qui avait en parti rapproché les deux elfes. Elewë s'extirpa de ses pensées, et lui adressa un sourire.
« Tu sais qu'un jour Nuruhuinë se blessera avec tous ce que tu lui fais faire
« Ne t'inquiète pas, il est aussi intrépide que moi, et réussit toujours à en sortit vivant, quoique … dit-il en plaisantant
La jeune elfe rit. Le fier étalon portait bien son nom. Ombre de la Mort. Dressé pour être un cheval de guerre, celui-ci n'avait peur de rien, sauf peut-être de lui-même. Son cavalier et lui formaient la paire, un véritable duo. Une paire de sacrés abrutis, qui accumulaient prouesses physiques et nombreuses gamelles les unes après les autres.
Elle sourit en repensant à la fois où Lindir avait voulu faire sauter une rivière à son étalon. Celui-ci avait pilé net en voyant son reflet dans l'eau. Son cavalier avait volé par dessus l'encolure, et avait fini la tête la première dans la rivière pendant que Nuruhuinë prenait la fuite. L'elfe dut penser à la même chose qu'elle, car il se mit lui aussi à rire.
Une fois calmés, les deux amis se relevèrent, montèrent sur leurs chevaux respectifs, et se mirent en marche. D'un même accord, ils mirent leurs montures au grand galop, et les laissèrent filer. Ceux-ci courraient à une allure folle, et l'ivresse de la course faisait rire la jeune fille.
Ninqueloté dépassa l'étalon noir, galopant à une allure vertigineuse. Elle esquivait les obstacles avec facilité, et sa cavalière se laissait porter, s'immergeant dans le plaisir de la chevauchée. Elles ne faisaient plus qu'un, chacune anticipant les désirs de l'autre, se complétant dans une harmonie parfaite.
Le vent décoiffait Elewë, faisant claquer ses cheveux, mais elle n'en avait cure. Tout ce qui comptait, c'était continuer cette course. La végétation de la forêt défilait sous ses yeux, et la jeune elfe reçut parfois des branches dans le visage. Prise dans l'ivresse de cette galopade, les deux amies parcoururent une grande distance, jusqu'à ce qu'en se retournant, l'elfe n'aperçut plus Lindir et son étalon derrière elles. A regret, elle demanda à la jument de ralentir, et elles marchèrent en les attendant.
Elles atteignirent rapidement un petit bassin d'eau, et Elewë mit pied à terre. Ninqueloté alla s'abreuver, fatiguée par l'effort qu'elle avait dû faire, et elle fit de même. Quand elle se redressa, une jeune elfe brune la contemplait en reflet.
Ses longs cheveux bruns cascadaient jusqu'au milieu de son dos. Quelques mèches étaient retenues à la hâte, et d'autres s'échappaient de la coiffure improvisée, encadrant son visage fin. Le reflet avait des yeux bleus couleur du ciel. Son regard, dû à cette étrange teinte de l'iris, perturbait la plupart des elfes qui le regardaient, provoquant un sorte de malaise, la personne ne sachant pas où fixer son regard quand il la contemplait. Elewë sourit. Elle n'était pas sublime, mais possédait un certain charme, et cela lui suffisait.
Le duo infernal finit par arriver au pas, l'air exténué et l'elfe remonta à cheval en riant devant la mine déconfite de son ami.
« Ninqueloté est vraiment rapide. Je crois bien qu'elle surpasse le plus rapide destrier de la cité.
« Sûrement, je n'ai jamais vérifié.
Ils continuèrent leur promenade, en parlant de tout et de rien, de leur entrainement, de ce qu'ils avaient fait depuis la dernière fois qu'ils s'étaient vus. Le soleil brillait au haut dans le ciel à présent, et sa chaleur faisait suer les deux elfes, bien qu'ils soient sous le couvert des arbres.
Au bout d'une heure de chevauchée, Lindir, comme tout jeune homme qui se respecte, raisonnait avec son estomac, et déclara à Elewë qu'il devraient peut-être commencer à se chercher à manger. Celle-ci acquiesça en souriant, et ils mirent pied à terre, guidant leurs chevaux près d'un grand tronc d'arbre tombé à terre. Ils les laissèrent là, tendirent la corde de leur arc, vérifièrent l'état de leurs flèches, et partirent en chasse.
Plus silencieux que le vent, les deux elfes se déplaçaient dans la forêt en quête d'un gibier. Elewë fit signe à son compagnon quand elle entendit des bruits. Ils virent apparaître un jeune lièvre dodu, sortant des fourrés. La jeune elfe décocha une flèche, et le trait fila en silence. Il fit mouche, et le lièvre s'étendit sur le sol, raide mort. Elle récupéra sa flèche, Lindir l'animal, et ils retournèrent là où ils avaient laissé leurs montures.
Pendant que ce dernier s'occupait de préparer la viande, l'elfe partit en quête de fruits ou autres végétaux à ajouter à leur frugal repas. Elle découvrit un pommier sauvage. Elle revint au camp les bras chargés de sa trouvaille et s'assit sur le tronc.
L'odeur qui montait du feu était alléchante, et son ventre émit un grondement. Le pain et les fruits étaient déjà loin. Elle attendit donc patiemment que le lièvre soit cuit, puis mordit
à pleine dent dans la chair.
En temps normal, les elfes respectaient toutes formes de vie. Mais ils ne pouvaient aller contre les besoins du corps, bien que plus résistant par leur sang elfique. Ils devaient donc se nourrir comme tous les autres de viande, bien qu'ils favorisaient les végétaux.
Durant leur repas, Lindir aborda un thème auquel il pensait depuis quelques temps.
« Elewë, tu es au courant pour le grand tournoi qui va avoir lieu à Imladris ?
« J'en ai vaguement entendu parler. Répondit-elle
« Sais-tu que les elfes les plus aguerris des trois Royaumes vont s'y retrouver ?
« Ah. Fit-elle en mâchant sa viande
« Allons, un peu d'enthousiasme. Comment réagirais-tu si tu savais que les 50 meilleurs seront sélectionnés s'ils le souhaitent pour faire partie de l'armée qui partira, d'ici quelques mois porter secours dans le Royaume d'Arnor ?
A ces mots, la jeune fille releva la tête.
« Ah, je savais bien que ça t'intéresserais, dit-il en souriant
« Comment sais-tu cela ?
« Si tu allais un peu plus en centre-ville tu remarquerais qu'il y a des affichettes placardées un peu partout.
« Donc tu ne me fais pas une mauvaise blague ? Demanda-t-elle, ayant déjà subi de nombreuses fois ces fameuses blagues dont il avait le secret
« Mais non, pour qui me prends-tu ! Fit-il en levant les yeux au ciel, avec un petit sourire
« Très bien, j'irais.
« Je me doutais que tu réagirais comme ça. Mais je me suis renseigné, seuls les hommes peuvent y participer.
« Ah ces hommes ! Toujours les mêmes ! Pourquoi les femmes n'auraient-elles pas le droit d'aller au combat ?! répondit-elle, désespérée devant tant de bêtise.
« Peut-être parce qu'elles sont plus faibles ?
Il n'eut pas le temps de sourire qu'il était déjà plaqué au sol.
« Eh, Elewë, tu n'as vraiment aucun humour ! Et puis regarde, tu as réussi à mettre du jus de viande sur mes vêtements ! Dit-il, tout sourire, en se relevant.
« Comme si tu en avais quelque chose à faire, lui répondit-elle malicieusement. Bien, maintenant que la question de ma faiblesse est réglée, passons aux détails de ce tournoi.
« Mais c'est que tu es plus têtue que Nuruhuinë quand il s'y met, et c'est pour dire ! Je te rappelle que c'est réservé à la gente masculine.
« Et bien je serais un homme. Lui répondit-elle fièrement;
« Tu n'as quand-même pas l'intention de …
« Si. Ce seul mot dégageait tant d'autorité qu'il n'osa rien dire. Il aperçut dans son regard une lueur de défi, et se dit que ce n'était même pas la peine de la d'essayer de la faire changer d'idée.

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MessageSujet: Re: D'arc et d'épée   Mer 4 Mai - 8:44:44

Voilà le nouveau chapitre ! Very Happy
J'ai essayé de le raccourcir au maximum, mais ça a été un peu dur vu le nombre d'éléments dont je devais parler.


Le départ



Après avoir fini leur repas, les deux amis remontèrent à cheval. Ils trottèrent dans la forêt encore quelques heures, prenant plaisir au simple fait de parler tous les deux. Quand la chaleur commença à décliner, ils prirent le chemin du retour. Ils s'arrêtèrent parfois pour laisser leurs montures brouter l'herbe tendre.
Après plus d'une heure, ils atteignirent enfin le champ des chevaux, mirent pied à terre, et dé-harnachèrent leurs montures. Un rapide pansage, une ration d'avoine bien méritée, et les montures elfiques retrouvèrent avec plaisir leur pâturage.
Après avoir rangé le matériel, et récupéré ses affaires, Elewë se tourna vers Lindir
« On se retrouve demain, au terrain d'entrainement ?
« D'accord, je suis libéré pendant une durée indéterminée à cause de l'entrainement de certains elfes pour le tournoi.
« Tant mieux, on aura donc tout notre temps nécessaire pour nous préparer au mieux.
« Comment ça "nous" ?!
« Et bien cela va sans dire que tu m'accompagnes à Imladris et que tu participes !
« Euh … tu aurais peut-être pu me demander mon avis avant de prendre ta décision, non ?
« Bah, fit-elle avec un sourire, je savais que de toute façon tu viendrais, tu aimes les défis et te surpasser, pas la peine de te demander.
Lindir soupira. Décidément, pas moyen de la contredire quand elle avait décidé quelque chose.
« Bon et bien à demain alors, dors bien ! » il lui adressa un signe de la main en partant, et prit la direction de Caras Galadhon.
Elewë resta encore quelques temps à regarder les chevaux galopant dans le pré, puis se dirigea elle aussi vers la cité. La lumière du soleil déclinait, et les ombres des arbres s'étalaient majestueusement sur le sol. Elle atteignit bientôt les murs d'enceinte de la cité, salua les Gardes, puis passa rapidement les portes. Il ne faisait pas encore nuit, et la jeune elfe n'avait pas envie de rentrer tout de suite chez elle.
Elle flâna donc dans les rues de la ville, redécouvrant des lieux qui lui semblaient vaguement familiers. Elle passa devant la place de la fontaine, et s'arrêta devant quelque chose qu'elle n'avait pas vu hier dans la pénombre de la nuit. Elle s'approcha, et se retrouva face à l'affichette dont lui avait parlé Lindir tout à l'heure : elle annonçait que le tournoi se déroulait à Imladris, et faisait part des différentes épreuves sur lesquelles s'affronteraient les participants : le tir à l'arc ; le maniement de l'épée ; la course à cheval ; et pour finir la lutte à main nue.
Elewë sourit. Le tournoi se déroulait dans trois semaines. En comptant le temps de trajet, elle avait deux semaines pour s'entraîner avec Lindir. C'était amplement suffisant, elle devrait juste perfectionner son combat sans arme. C'est sur cette agréable pensée qu'elle se dirigea vers sa maison, car l'obscurité était maintenant présente, et son angoisse commençait à faire surface.
Seul le bruit de ses pas résonnaient sur l'herbe, Caras Galadhon était complètement silencieuse. Elle aperçut au loin quelques elfes occupés à étudier les étoiles, et des couples profitant de la fraicheur de la nuit pour se promener.
Elle arriva bientôt à l'arbre culminant sur près de trente pieds dans lequel était perchée sa maison. La rampe du petit escalier tournant était éclairée par une douce lumière, et elle grimpa rapidement les marches, rassurée par cette touche de lumière dans la pénombre ambiante. Elle atteignit bientôt le sommet de l'arbre et l'entrée de sa petite maison.
La construction de celle-ci avait était longue et difficile, mais elle en valait la peine.
Les branches principales de l'arbre avaient été recourbées, formant les murs naturels de la maison, et un véritable toit de végétation. Quelques branches partaient sur le côté, et des branches fines poussaient à la verticale, formant un havre de verdure et de paix, isolé des bruits de la cité. Les oiseaux en avaient fait leur logis, et leur doux gazouillis la berçait pendant la journée. Elewë sourit et respira profondément. Cet endroit avait le don de l'apaiser. Elle franchit l'arche de branchage formant la porte, et rentra dans sa maison. Celle-ci était composée de deux pièces : la salle de bain, et la pièce à vivre. Cette dernière était meublée d'une commode ; d'un hamac semblable à celui qu'elle avait chez son père ; d'un petit âtre ; d'un fauteuil ; et d'un buffet lui servant aussi de bibliothèque.
Le sol, posé à même la base solide de l'arbre, était fait d'une sorte de parquet, et un grand tapis couvrait quasiment toute sa surface. Celui-ci représentait une troupe de soldats elfes sur leurs chevaux, partant en guerre. Les couleurs vives réchauffaient la pièce, et quelques plantes finissaient de la rendre chaude et accueillante.
Elewë se dirigea vers la commode, prit une tunique longue, se changea, prit une pomme dans une corbeille, et alluma un petit feu dans l'âtre. Elle s'assit dans son fauteuil devant celui-ci, et mangea sa pomme tout en se réchauffant. Elle se remémora la journée d'aujourd'hui, et ses pensées dérivèrent tout de suite vers l'importante nouvelle que lui avait appris Lindir.
Toute sa vie, elle avait été attirée par les armes, le combat, les chevauchées, et cette chance de faire partie de l'armée elfique était incroyable. Elle rêvait de grandes batailles, de victoires, des soirées auprès de ses frères d'armes devant un feu de camp, gagnant un repos bien mérité après une journée de combat. Elle devait la saisir, et embraser sa passion, commencer une nouvelle vie. Pour cela, elle devait s'entraîner encore et encore, inlassablement, jusqu'à ce qu'elle soit prête pour le grand événement. Elle tressaillit d'excitation à cette pensée, impatiente de se mesurer à ses adversaires, et de se qualifier . Elle rêvassa quelques heures encore, puis, quand elle se sursauta au crépitement d'une braise, décida d'aller se coucher. Elle sombra comme une souche dans un sommeil profond, et ses rêves furent remplis de batailles épiques et de combats héroïques.

Durant les deux semaines qui suivirent, les deux amis passèrent leur temps à s'entraîner en vue du tournoi. Les jours s'enchainaient, plus épuisants les uns que les autres, et Lindir et elle finissaient leur entrainement tard dans la nuit. L'elfe devait la ramener jusque chez elle tant elle était effrayée par l'atmosphère pesante de celle-ci. Elewë sombrait dès qu'elle s'allongeait dans son hamac, épuisée par les efforts qu'elles fournissait.
Mais cette entrainement portait ses fruits, et malgré les courbatures, la jeune elfe se sentait prête à affronter toutes les épreuves. Enfin, le jour tant attendu du départ arriva.
Ce matin-là, Elewë se leva à l'aurore, rassembla toutes ses affaires et fit un grand baluchon avec ses vêtements. Elle emportant aussi quelques couvertures, et les flèches supplémentaires qu'elle avait fabriqué à l'occasion. Elle remplit des sacoches de provisions et d'eau pour quelques jours. Son épée, son carquois, et sa cape complétèrent le tas d'affaire posé au milieu de la pièce.
Elle avait encore quelques minutes avant que Lindir n'arrive avec leurs montures. Elle en profita donc pour regarder à travers sa fenêtre le soleil levant, qui dardait le paysage de couleurs vives, donnant des reflets rouges et orangés à la nature environnante. La forêt s'éveillait, la végétation se paraît de rosée, et les toiles d'araignées ressemblaient à des fresques de perles brillantes. Bientôt la chaleur du soleil absorberait l'eau, et les petits animaux devraient attendre le lendemain avant de boire à nouveau dans les feuilles lourdement chargées. Bien qu'il fusse tôt, Elewë apercevait déjà quelques elfes matinaux qui sortaient se promener dans les rues, admirant eux-aussi ce magnifique spectacle.
Elle s'extirpa de sa contemplation, se chargea tant bien que mal de ses affaires, et fit des allers retours de la maison au sol pour les déposer. Une fois qu'elle eut finit de tout transporter, elle entendit un hennissement sonore, et Lindir arriva, portant ses affaires, avec Nuruhuinë et Ninqueloté marchant joyeusement derrière lui. Ils n'avaient pas pu beaucoup être montés ces derniers temps, les deux elfes étant occupés à s'entrainer, et ils étaient donc impatients de se défouler.
Elewë accrocha soigneusement les sacoches à l'arrière de sa selle, sur la croupe de la jument, attacha épée et carquois à son collier de cuir, et après avoir vérifié que tout était en ordre, monta en selle. Lindir fit de même, et les deux amis se dirigèrent avec entrain vers la sortie de Caras Galadhon. Ils franchirent rapidement les portes de la cité, et dirigèrent leurs chevaux en direction de la rivière Celebrant.
Ils avaient en effet décidé de la longer, puis de la traverser, pour atteindre le sentier Azanulbizar, menant directement dans les Monts Brumeux. Suivant le sentier, ils devaient traverser ensuite la Moria et la chaine de montagnes en passant par la Porte de Rubicorne, un des moyens les plus sûrs de passer le Col de Caradhras ; le passage par la grande Porte Est étant plus long et compliqué. De plus, les elfes n'avaient pas vraiment envie de croiser de nains, ni de traverser leur Royaume.
Une fois sortis des montagnes, ils avaient prévus de remonter directement vers le nord, pour rejoindre un des bras du fleuve Bruinen, remonter celui-ci, et le longer jusqu'à atteindre le Gué du Bruinen, puis enfin Imladris. Le trajet devrait durer une semaine s'ils chevauchaient d'un bon train, et ils ne perdirent donc pas de temps dans la forêt, poussant les chevaux à une allure assez rapide, mais qu'ils pourraient soutenir quelques heures avant de devoir faire une pause.
Ils atteignirent donc au bout de quelques heures le Celebrant, et décidèrent faire une petite halte. Ils laissèrent les chevaux s'abreuver, et mangèrent un morceau. Le soleil était désormais à la moitié de sa trajectoire dans le ciel, et les deux amis avaient prévus de parcourir encore une bonne distance avant de dresser un campement pour la nuit. Ils comptaient sortir de la forêt le lendemain en fin d'après-midi, et atteindre avant la tombée de la nuit la Porte de Rubicorne.
Après une vingtaine de minutes de pause, ils reprirent la route, traversant au préalable la rivière, alternant toutes les deux ou trois heures des petites pauses pour laisser les montures souffler, et reprendre quelques forces. Ils atteignirent rapidement l'Azanulbizar, et continuèrent leur chemin. Ils avaient ainsi parcouru près d'une lieue* depuis leur départ, et chevaux comme cavaliers étaient fourbus. Ils décidèrent de camper dans une sorte de grotte, et montèrent un camp. Après un bref repas et le bouchonnage des chevaux, ils s'endormirent rapidement.
Il se levèrent le lendemain à l'aube, et se remirent en route. Comme prévu, ils parcoururent une demi lieu avant de sortir du couvert des arbres en fin d'après-midi, et atteignirent les Monts Brumeux. Une immense chaine de montagnes plus hautes les une que les autres se dressait devant eux. De la neige recouvrait certains pics, démontrant de la forte altitude. La magnificence de l'endroit laissait les deux elfes sans voix devant tant de grandeur. Un vent froid leur parvint, et ils mirent sur leur dos des vêtements supplémentaires, les arrachant à leur contemplation. Il leur restait encore la même distance avant d'atteindre la Porte de Rubicorne, et ils décidèrent de ne pas perdre trop de temps en pauses inutiles, ne voulant pas être surpris par l'arrivée de la nuit.
Ils dirigèrent donc d'un bon pas les chevaux vers les montagnes, cheminant sur le sentier pour ne pas se perdre. Ils atteignirent bientôt le passage menant sous les montagnes, et s'y engagèrent, encourageant les chevaux de la voie pour qu'ils s'avancent. Dès qu'elle sentit le poids de l'immense voûte peser sur ses épaules, l'angoisse d'Elewë refit surface, et elle rapprocha Ninqueloté de l'étalon de Lindir.
Ils mirent encore quelques heures avant d'apercevoir la Porte. Avec la tombée de la nuit, l'obscurité s'était fait encore plus profonde, et la jeune elfe se sentait nerveuse. Pourquoi fallait-il qu'elle ait aussi peur du noir ?!!
Fatigués, les cavaliers mirent pied à terre, s'occupèrent de leurs montures, et montèrent leur camp. Après avoir rapidement mangé, les deux elfes décidèrent de dormirent de suite, et Elewë se blottit contre l'épaule de Lindir, cherchant du réconfort dans ce contact. Celui-ci passa son bras autour de ses épaules, et il s'endormirent rapidement.
Lorsqu'ils se réveillèrent, le jour s'était levé, et la pénombre ambiante était moins forte. Ils se mirent en marche, et passèrent les immenses portes de pierre. Celles-ci étaient ornées à l'identique des autres situées sous les Monts Brumeux, et des fresques lumineuses s'étendaient sur toute sa surface, formant des arabesques savantes, avec des écrits en langage nain et elfique.
Ils chevauchèrent environ une journée entière dans les profondeurs de la montagne, suivant toujours l'Azanulbizar, et lorsqu'ils aperçurent enfin la voûte formant la sortie, ils soupirèrent de soulagement, poussant leurs montures à rejoindre l'air frais de l'extérieur. Bien que le soleil commençait à se coucher, ils furent éblouis par la lumière, et durent attendre que leurs yeux s'habituent à la nouvelle luminosité.
Ils découvrirent une grande vallée, dont l'herbe ondulait sous la caresse du vent. Les derniers rayons du soleil se reflétaient un peu partout dans des teintes roses et orangées. Ils mirent leurs chevaux au petit trop, dévalant de flanc de la montagne, et une fois dans la vallée, ils cherchèrent un lieu pour camper. Ils choisirent un renflement d'une colline, sur laquelle poussaient quelques arbres. Ils s'installèrent, lâchèrent leurs chevaux qui partirent galoper dans la plaine, et préparèrent leur repas. Comme les deux jours précédents, ils étaient tellement fatigués qu'ils ne prirent pas le temps de parler ou quoi que ce soit d'autre, et s'endormirent soulagés d'avoir retrouvé un semblant de verdure et de luminosité.
Les rayons du soleil levant les réveillèrent à l'aube, et ils sourirent en voyant où ils étaient. Ils se préparèrent, grimpèrent sur leurs chevaux, et s'élancèrent au petit galop vers le nord, en direction du premier courant d'eau qu'ils rencontreraient. Heureuse de galoper, Ninqueloté accéléra, et courut ainsi une vingtaine de minutes avant de s'arrêter. Lindir et Nuruhuinë les rejoignirent, et ils continuèrent leur route. Ils atteignirent ainsi au bout d'une heure un affluent du Bruinen, et le remontèrent toute la journée, alternant comme à leur habitude des petites pauses. Ils rejoignirent enfin le bras principal du fleuve en fin de journée.
Ils prirent la décision d'arrêter leur avancée pour la journée, et profitèrent de la proximité du fleuve pour éliminer la crasse accumulée ces quatre derniers jours, et refaire leurs provisions d'eau. Pendant que Lindir chassait, Elewë partit en quête de végétaux, et revint quelques temps plus tard les bras chargés de légumes et fruits divers. Ils déjeunèrent avec appétit, ayant du restreindre leurs provisions lorsqu'ils étaient dans les montagnes.
Ils parlèrent quelques temps de façon animée du tournoi, puis se couchèrent, un bon feu crépitant devant eux.
Ils suivirent ainsi pendant deux jours le Bruinen, jusqu'à atteindre en fin d'après midi, après avoir parcouru plus de deux lieues, le Gué. Ils firent une dernière pause, pendant laquelle Elewë revêtit une grande cape sombre, des vêtements masculins, et s'attacha un foulard autour du visage. Ils peignirent en gris la tâche en forme de fleur de Ninqueloté. Même ici, n'importe qui pouvait reconnaître la petite jument à la robe et à la tache si particulière. Une fois leur déguisement parfait, ils s'avancèrent le cœur léger dans leur dernière étape vers Imladris. La ville était située dans la vallée de l'Eriador, creusée par le Bruinen, face aux Monts Brumeux. La vallée était très encaissée, et on ne pouvait la découvrir seulement si on savait où la chercher. Ils se dirigèrent donc vers le cœur de la gorge, heureux d'arriver enfin à destination.
Ils mirent quelques heures avant d'atteindre la cité. Ils aperçurent enfin les Tours de Garde situés aux extrémités des terres de la ville. Ils chevauchèrent encore une vingtaine de minutes avant d'apercevoir les murs de la cité. Imladris, aussi nommée Fondcombe, forteresse et refuge des elfes crée par le Seigneur Elrond lorsque les elfes, après la défaite de la dernière alliance des Hommes et des Elfes, durent se cacher. La ville était aujourd'hui un lieu de paix et de culture. On y venait pour contempler la beauté des lieux et se ressourcer. Mais un tout autre motif remplissait aujourd'hui les rues de la cité.
Ils virent aux portes nombre d'elfes venant spécialement pour l'occasion, et ils pressèrent leurs chevaux. Ils franchirent en vitesse les grandes portes et pénétrèrent dans la cour principale. Ils s'arrêtèrent, afin de profiter pleinement de ce qu'il s'offrait à leurs yeux.
On apercevait derrière la cité les pics enneigés des Monts Brumeux, et des cascades s'écoulaient jusque dans la ville, formant de nombreux ponts au sein même de celle-ci.
Imladris s'était formée autour du Palais principal abritant le Seigneur Elrond, et sa fille la Dame Arwen. Tous les autres bâtiments s'étendaient autour, formant un complexe aéré et sublime. Terrasses et cours se succédaient dans la ville, de grands escaliers reliant les différents étages, et quelques auberges étaient situées sur les grandes places. En ce temps elles étaient complètes, à l'annonce du tournoi du lendemain.
L'architecture des bâtiments était recherchée, formée d'arabesques en tout genre, mélange de grâce et de beauté. La végétation, bien que négligeable face à celle de la Lórien, était tout de même bien présente, et on apercevait au loin les grand bois entourant la cité. Des plantes grimpantes s'acheminaient sur les toits, et le doux parfum des fleurs emplissait les lieux. Le gazouillis des oiseaux donnait une tonalité joyeuse à l'atmosphère.
S'arrachant à leur béatitude, les deux elfes se dirigèrent vers le bureau d'inscription du tournoi. Elewë s'inscrivit sous le nom de Elurín, et une fois que Lindir eut fait de même, ils se dirigèrent à travers la foule vers l'aile du Palais réservée aux participants. Les elfes du bureau d'inscription leur avait indiqué leur chambre, et après avoir demandé leur chemin une ou deux fois, se perdant dans l'immensité du lieu, ils purent se changer et faire un brin de toilette. Ils se digèrent ensuite vers la salle commune où un repas était servi aux hôtes. Ils mangèrent rapidement, peu désireux d'attirer l'attention sur eux, ou surtout sur Elewë, et retournèrent se coucher dans leur chambre. Chacun dans un petit lit, ils s'endormirent en pensant aux événements du lendemain, à la fois excités et angoissés. Demain serait un autre jour.

* une lieue équivaut chez moi à 100 km


Je tiens à préciser que tous les noms de lieux,etc viennent de ma carte et d'internet, je n'ai rien inventé, même pas l'Azanulbizar Razz
Je couperais surement le prochain chapitre en deux voir trois morceaux tellement il est long, relatant les évènements du tournoi.

Voilà, au prochain chapitre ! cheers

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Le Chapitre 13 de ma fic D'arc et d'épée est sorti, n'hésitez pas à regarder ! (:



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MessageSujet: Re: D'arc et d'épée   Ven 13 Mai - 19:37:50

Voil le chapitre 4, dsl si il est un peu long ^^
Les évènements du tournoi seront racontés en au moins 3 parties, je verrais Wink

Le tournoi – partie 1



Il ne faisait pas encore totalement jour lorsque Elewë se réveilla. Elle se redressa, et cligna des yeux, s'habituant à la lumière qui filtrait à travers les murs de la chambre. Elle aperçut Lindir qui dormait encore. L'elfe se releva péniblement, s'extirpa de son lit et se dirigea vers la bassine d'eau posée sur la petite commode.
Elle vérifia que son ami dormait toujours, et qu'aucun elfe ne passait dans les environs. En effet, les demeures elfiques avaient la particularité de ne pas posséder de murs à proprement parler : il y avait bien quelques cloisons délimitant les contours de la chambre, ainsi que un à deux murs contre lesquels étaient adossés les lits, mais à part ceux-ci, rien ne fermait la pièce aux regards indiscrets. Quelques arabesques de bois couvraient les hauts des cloisons, et tout était décoré selon la mode elfique, tout dans la grâce et la beauté. Une statue en tête de lit finissait de parfaire le décor. Ainsi, lorsque l'on marchait dans les grandes maisons, tout était ouvert, beau et aéré, on se sentais libre, mais aussi observé.
Une fois que la jeune elfe s'en fut assurée, elle s'habilla avec ses vêtements masculins, en prenant soin de ceinturer sa poitrine au moyen d'une longue et fine écharpe, indétectable sous les vêtements. Elle avait plus de mal à respirer, mais cet arrangement devrait faire l'affaire.
Elle attacha un foulard autour de son nez, s'attacha les cheveux comme un homme, rabattit la capuche de sa longue cape brune aux reflets verts, passa son carquois par dessus son épaule, et accrocha son épée à sa ceinture. Elle ne se séparait jamais de celle-ci. Lorsqu'un elfe passait l'âge adulte, une épée était forgée spécialement pour lui, s'adaptant à son bras, devenant une partie de lui-même. Elewë ne se sentait à l'aise que quand elle avait son arc et son épée à ses côtés. Une fois parée, elle se dirigea vers l'ouverture de la pièce. Alors qu'elle sortait, elle entendit Lindir se retourner dans son lit.
« Tu sors ? Lui demanda une voix quelque peu indistincte et ensommeillée.
« Oui, je vais prendre l'air
« Aurais-tu l'amabilité de m'attendre ?
Elewë sourit.
« Vu la façon dont tu m'as l'air réveillé, je suis encore là à t'attendre dans une heure.
Elle eut juste le temps de se décaler pour esquiver l'oreiller lancé dans sa direction.
« C'est ça moque-toi ! Fit-il en grognant
« On se rejoint dans la salle à manger tout à l'heure ! Lui répondit-elle en riant.
Elle sortit de la pièce, et arrivant sur une terrasse, le changement de température la fit frémir. A cette heure-ci, le soleil ne répandait pas encore sa chaleur, et le petit vent se faisait plus fort. Elewë descendit les escaliers menant à l'étage inférieur de l'aile du palais, et atteignit le grand hall.
Le plafond culminait à plus de douze pieds de haut, et des branches d'arbres sculptées s'étendaient sur le haut des murs, formant un sublime enchevêtrement. Les décorations étaient simples, mais immenses, donnant une impression de grandeur inégalée. Ses bruits de pas résonnaient sur le sol, la rendant plus seule qu'elle ne l'était. Elle se dépêcha de franchir l'arche menant à l'extérieur de l'aile, et se dirigea vers la grande place centrale. Elle passa sur plusieurs terrasses et petites places, retournant parfois sur ses pas, jusqu'à ce qu'elle retrouve parmi l'enchevêtrement de place celle qu'elle cherchait.
Des bancs étaient placés tout autour de la zone, et une sorte de belvédère de fer blanc se trouvait au centre. La grande place était vide à cette heure-ci de la journée, et Elewë profita de ce silence bienfaisant qui serait troublé d'ici quelques heures par la foule venant assister au grand tournoi.
L'elfe passa les immenses portes de la ville, traversa le pont reliant l'île de la cité ,construite sur une falaise, aux terres et bois environnants, et se dirigea vers le lieu où l'arène avait été construite à la sortie de la ville pour l'occasion.
Après avoir admiré la grandeur du bâtiment – qui mesurait pas moins de cent cinquante pas de long sur dix-huit pieds de haut – elle pénétra dans l'enceinte par l'entrée des concurrents, qu'ont venait de lui indiquer. Des elfes étaient en train de poser une épaisse couche de sable sur toute la surface de l'arène. Elle s'avança au centre, et une fois là, observa les gradins. Immenses, ils s'élevaient très haut, comme s'ils voulaient toucher le ciel, et s'étendaient sur plus de cinq étages de gradins.
La jeune elfe se sentit petite face à tant de grandeur, et c'est avec angoisse qu'elle se dit que d'ici quelques heures elle se tiendrait ici, et évoluerait devant plusieurs milliers d'elfes. Au fil des heures qui passaient, son stress prenait de plus en plus d'ampleur, mais le fait de se tenir ici n'avait fait qu'aggraver la situation. Elle se gifla mentalement. Il ne fallait pas qu'elle cède à la panique, qu'elle reste concentrée !
Elle se dirigea vers le bâtiment jouxtant l'arène, l'écurie. Ninqueloté et Nuruhuinë y avaient été déplacés pendant la nuit par les elfes chargés de l'organisation. Elle longea de nombreuses stalles avant d'atteindre celles de sa jument. A sa demande, elle était collée à celle du grand étalon noir, pour que Lindir et elle puisse se parler et être ensembles pendant les courses. Elle caressa la jument qui émit un petit hennissement quand elle aperçut sa maitresse, lui donna une pomme qu'elle avait trouvé à l'entrée du bâtiment, puis après une dernière caresse, sortit des écuries.
Elle franchissait la porte lorsqu'elle percuta de plein fouet un elfe. Elle faillit tomber sous le coup, mais une main puissante la retint. Elle se releva rapidement, et rajusta son capuchon, vérifiant que son foulard n'avait pas glissé.
Elle se retourna pour voir qui était l'imbécile qui lui était rentré dedans, et se retrouva face à un magnifique elfe au longs cheveux noirs. De grande stature, vêtu d'une tunique bleu et marron avec une grande cape lui couvrant les épaules, il possédait un maintien et un port altier démontrant une origine surement noble. Il possédait une certaine assurance, montrant qu'il avait l'habitude d'être écouté. La jeune elfe, déconcertée, se força à se ressaisir. Bien que apparemment pressé, l'elfe pris le temps de s'enquérir de son état.
« Vous allez bien ? Lui demanda-il J'étais dans mes pensées, je ne vous ait pas vu, veuillez m'excuser. Puis, ne prenant pas le temps d'entendre la réponse de la jeune fille, il continua son chemin en courant.
Curieux personnage, se dit Elewë en se dirigeant vers la cité.
Elle oublia bien vite le petit incident lorsqu'elle atteignit les portes de Fondcombe, et qu'elle rejoignit la salle commune. Elle y trouva Lindir attablé devant un bon petit déjeuner, et le rejoignit. Il lui avait gardé une place, et se poussa pour la laisser prendre place. Elle le remercia, s'assit, et commença à piocher dans les plats posés sur la table.
« Belle promenade ? Lui demanda-il, faisant mine d'être vexé d'avoir été laissé de côté.
« Agréable. Je suis allé faire un tour du côté de l'arène. Elle est immense ! Tu verras, ça te fera un drôle d'effet lorsque tu te retrouveras à l'intérieur.
« Es-tu passé voir les chevaux ? Lui demanda-t-il, oubliant sa fausse mauvaise-humeur
« Oui, ils sont bien installés, l'un à côté de l'autre comme on l'avait spécifié
Elle se resservit de salade de fruits, et lui demanda
« T'es-tu renseigné sur l'ordre des épreuves ? L'interrogea-t-elle
« Oui, aujourd'hui il y aura d'abord la course à cheval, puis le tir à l'arc. Les grandes épreuves sont réservées pour les jours qui suivent : demain la lutte à main nue, et après une bonne nuit de repos l'épreuve finale : le combat d'armes.
« Très bien, comme ça nous ménagerons nos forces pour la fin. A quelle heure passons-nous ?
« Ta première course est dans deux heures, moi peu de temps après. Une deuxième suivra, ensuite la demi-finale, et enfin la dernière course.
« Donc il nous reste encore plus d'une heure à tuer le temps … soupira-elle
Il lui fit un grand sourire.
« Ne t'inquiète pas, j'y avais pensé, et je te propose un petit échauffement d'une bonne heure pour te remettre les idées en place après notre voyage.
« Bonne idée, je me voyais mal ruminer mes pensées pendant tout ce temps, dit-elle d'un ton joyeux. M'entrainer me fera du bien.
Après avoir fini leurs repas, les deux amis se dirigèrent vers le petit terrain mis à leur disposition près de l'arène. Ils y retrouvèrent quelques elfes ayant eu la même idée qu'eux. Elewë retira sa grande cape lui donnant chaud et qui risquerait de la gêner, déposa son épée et son carquois, fit attention à ce que son foulard soit bien serré, et fit quelques tours de pistes en courant.
Ils s'échauffèrent ainsi près d'une heure et demi, puis ils se dirigèrent vers les écuries pour préparer leurs montures.
La jeune elfe pansa soigneusement sa jument, en prenant garde à ne pas enlever le maquillage du chanfrein, puis l'harnacha, posant la petite selle légère qu'elle avait emportée pour l'occasion sur le dos de l'animal. Une fois prête, elle s'assit dans la stalle, attendant que les longues minutes s'écoulent.
Elle entendait la foule qui se pressait dans les gradins, et les clameurs qui commençaient à monter au fur et à mesure du temps qui passait. Elle essaya de juguler l'angoisse qui croissait. Elle sortit de la stalle, et se dirigea vers la foule des concurrents massés devant l'ouverture. Elle vit le Seigneur Elrond s'avancer dans la loge d'honneur, accompagné de la jeune Dame Arwen, l'étoile du soir ; d'un jeune homme du même âge qu'elle aux cheveux bruns ; et deux elfes se ressemblant trait pour trait. Il devait s'agir des jumeaux princiers Elrohir et Elladan.
Elewë tiqua. L'un des deux jumeaux était vêtu de bleu et de marron, tout comme le magnifique elfe l'ayant bousculé le matin-même. Elle en fut abasourdie. Maintenant qu'elle y pensait, elle se rendait compte que c'était bien lui qu'elle avait croisé ce matin. Mais quelle idiote, elle avait bousculé un membre princier et lui avait manqué de respect ! Elle reprit ses esprits. De toute façon il y avait très peu de chances qu'elle lui reparle un jour, autant oublier l'incident et ne pas s'en préoccuper plus. Mais elle ne put s'empêcher de jeter un coup d'œil régulier au prince. Enfin, le Seigneur Elrond ouvrit le tournoi par un discours, sa voix portant magiquement par dessus la foule. Les clameurs s'estompèrent, et chacun se tourna pour écouter le maitre d'Imladris.
« Amis venus de loin, de la Forêt Noire, de la Lothlórien, ou encore d'ici-même, vous avez été conviés à venir assister à ce grand tournoi rassemblant l'élite elfique. Durant les trois jours qui suivront, plus d'une centaine s'affronteront sous vos yeux pour votre plus grand plaisir à tous. S'ils le souhaitent, les cinquante premiers auront l'honneur de pouvoir intégrer l'armée qui partira d'ici quelques mois apporter aide et soutien en Arnor.
Il fit une pause, appréciant le grand silence planant sur l'assemblée, chaque elfe buvant ses paroles.
« Ainsi, en ma qualité de Seigneur d'Imladris, je déclare l'ouverture de ce tournoi. Que les meilleurs gagnent !
Une ovation répondit à ses paroles, les elfes criant leur approbation et leur enthousiasme.
On vérifia l'état du sol, et on installa une grande palissade au milieu de l'arène, délimitant la piste de course. Elewë se dirigea vers la stalle, sortit sa jument, monta en selle, et avec les dix-neuf autres elfes formant la première course, se dirigea vers l'arène.
La lumière l'éblouit, et dès qu'elle perçut la clameur de la foule, Ninqueloté se mit à piaffer et à danser sur elle-même, nerveuse.
« Tout doux ma belle, tout doux. La rassura la jeune elfe en lui flattant l'encolure.
Elle la dirigea, suivant les autres cavaliers, vers la ligne de départ. Pendant qu'ils se plaçaient, un elfe annonçait les candidats. Quand vint son tour, Elewë, d'une pression des mollets et d'un mouvement des rênes, fit cabrer sa jument, saluant le public. La foule lui répondit en applaudissant.
Enfin, quand chacun fut à sa place, l'elfe se concentra sur sa course, attendant le signal du départ. Elle avait prévu de finir dans les dix premiers, s'assurant ainsi sa qualification pour la prochaine course, et ménageant les forces de sa monture. Elle sentit sa monture prête à bondir à sa demande.
Enfin le signal fut lancé, et les vingt chevaux s'élancèrent dans un bruit assourdissant de roulements de sabots. Elewë força sa jument à ralentir, préférant prendre de la vitesse dans le dernier tour. Enfin, le signal annonçant celui-ci retentit, et d'une pression des jambes, elle indiqua à sa jument d'accélérer. Celle-ci le fit de bon cœur, heureuse de pouvoir courir à sa guise. Elles finirent cinquième, juste derrière un hongre gris moucheté.
Les concurrent firent rentrer leur montures, laissant place aux suivants. Elewë croisa Lindir menant Nuruhuinë, et lui fit un signe de la main, auquel celui-ci répondit de façon crispée. Pourvu qu'il se qualifie. Elle fit boire sa monture, s'assurant qu'elle ne s'était pas fait mal, et attendit le second tour. Quatre courses se succédèrent, et Lindir ressortit huitième de sa course. Il restait à présent cinquante concurrents en lice.
Enfin on annonça le deuxième tour, et les vingt-cinq cavaliers montèrent à cheval, et se dirigèrent vers la ligne de départ. A l'issue de cette course, quinze d'entre eux se qualifieraient pour les demi-finales. Comme pour la précédente, Elewë retint sa jument, la ménageant pour la finale, qu'elle savait pouvoir atteindre, vu le potentiel de sa monture. Cette-fois ci elle finit troisième, ayant décidé de faire monter la pression parmi ses adversaires, montrant qu'elle n'était pas une simple cavalière là par hasard.
A sa suite, Lindir fit dixième, qualifié lui aussi pour la suite, mais fatigué par les deux courses précédentes.
Les deux amis se retrouvèrent ainsi en demi-finale, et au prix d'un effort un peu plus consistant que durant les autres courses, et finirent respectivement deuxième et neuvième sur quinze. Son ami se qualifiait de justesse. Elewë finit derrière un grand étalon bai monté par un elfe à la chevelure blonde. C'étaient des adversaires puissants, il fallait qu'elle les surveille pendant la finale. Une pause d'une demi-heure fut accordée aux vingt derniers concurrents, puis après avoir ré-harnaché leurs montures, les cavaliers se dirigèrent vers la piste.
L'elfe présentateur redonna les noms des concurrents, et la jeune fille reçut une ovation à son nom. Le public avait repéré cet étrange elfe masqué monté sur cette petite jument apparemment faible, mais qui avait surpris tout le monde en faisant preuve d'endurance et vitesse.
Les chevaux piaffaient sur la ligne, sentant la tension placée dans cette course. Les cavaliers se dévisageaient, planifiant leur course à l'avance. Enfin le départ fut donné.
Elewë poussa Ninqueloté, suivant le chemin tracé par l'étalon bai, se plaçant ainsi en seconde position. Pendant les deux tours, la jeune elfe vit l'écart entre les deux premiers et le reste se creuser, et elle se concentra sur le duel qu'elle menait avec l'elfe blond. Quand arriva le dernier tour, elle encouragea au maximum de la voix sa jument, l'incitant à se détacher de l'étalon.
Mais celui-ci tenait bon. La foule s'était tue, subjuguée par le duel de titans qui se déroulait sous leurs yeux. On n'entendait que le roulement et le martèlement des sabots sur le sol, frappant celui-ci de plus en plus vite. Le reste avait été distancé depuis longtemps, seul comptait la petite jument grise et le grand bai qui s'affrontaient.
Il ne restait plus que trois-cent pas à parcourir, et les deux chevaux étaient toujours épaule contre épaule, leurs cavaliers penchés sur l'encolure afin de faciliter la course de leurs montures. Plus que deux-cent pas. L'étalon se détacha légèrement, prenant la tête de la course. La foule commença à se réveiller, invectivant les deux concurrents.
« Plus vite Ninqueloté, plus vite !
La petite jument était épuisée par les courses qu'elle avait du courir, et la fatigue se faisait ressentir. Mais la voix suppliante de sa maitresse la força à puiser dans ses dernières forces. A prix d'un immense effort, la petite jument remonta l'étalon sous les cris des spectateurs, revenant à son niveau. Elewë vit le regard étonné de l'elfe pensant avoir distancé son concurrent. Épuisées, les montures finirent la course épaule contre épaule, n'ayant plus la force de devancer l'autre.
Ils passèrent la ligne d'arrivée sous les vivats de la foule. La jeune elfe mit immédiatement pied à terre, laissant sa jument trempée et épuisée sur la piste, partit en courant vers les écuries, et revint tout aussi vite avec un seau d'eau, une couverture, un licol et un seau de pommes. Ignorant les concurrents passant autour d'elle et la foule qui hurlait, elle retira la selle et le licou de la jument, lui passa le licol de corde, attacha la légère petite couverture, laissa aux elfes de service le soin de ramener son matériel, et fit marcher la petite jument tout autour de la piste, s'arrêtant de temps en temps pour la faire boire et lui donner une pomme. Le public apprécia d'autant plus cet elfe mystérieux, voyant le soin qu'il apportait à sa monture.
Une fois que la jument eut un peu récupéré, Elewë la ramena dans sa stalle, vérifiant son seau d'eau et sa mangeoire, rajusta son foulard, et se dirigea avec les quatre premiers dans l'arène. Lindir avait fini neuvième sur vingt, résultat très honorable, son étalon n'étant pas typé pour la course. Les cinq meilleurs sortirent dans l'arène sous les vivats de la foule.
Ils se dirigèrent vers le milieu de l'arène, se plaçant face à la tribune princière.
Elrohir observa les cinq elfes lui faisant face. Il détailla les trois derniers concurrents, mais seuls les deux vainqueurs l'intéressaient. L'elfe masqué plus particulièrement. Il lui semblait l'avoir déjà aperçu, mais où … Soudain, cela lui revint : c'était l'elfe qu'il avait bousculé dans sa hâte de rejoindre son père ce matin. Il remarqua que celui-ci n'osait pas le regarder, craignant de l'avoir vexé. Il sourit. Ainsi cet elfe avait gagné la première épreuve. Et bien, il suivrait avec une attention toute particulière son parcours, ayant le pressentiment qu'il ne cesserait d'être surpris par ce concurrent.
La foule l'avait elle aussi compris, et quand l'elfe présentateur l'annonça sous le nom de « l'elfe mystérieux », une ovation couvrit sa voix.
Gênée d'être ainsi au centre de l'attention, Elewë baissa la tête, mais se ressaisit rapidement en pensant qu'un homme ne paraitrait pas aussi gêné en de telles circonstances. Elle se força donc à se redresser, et parcourut la foule en délire du regard. Celui-ci se posa sur le prince Elrohir, qui lui sourit, amusé.
Ainsi il l'avait reconnue. Il ne semblait pas lui en vouloir outre mesure, et se détendit.
Elle reçut la feuille d'or indiquant sa victoire ex-æquo, et l'épingla à la doublure de sa tenue. Elle regarda en souriant le ciel bleu dans lequel brillait avec fougue le soleil. Ce tournoi ne se déroulait pas si mal que ça pour l'instant, et elle attendait avec impatience de voir la suite de la journée, avec la seconde épreuve du tir à l'arc.










Voilà, n'hésitez pas à commenter Very Happy

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MessageSujet: Re: D'arc et d'épée   Jeu 5 Jan - 10:35:44

Vous l'attendiez tous, le voilà !!! J'ai enfin réussi à me remettre au travail What a Face
Dsl s'il est plus long que les précédents, j'avais beaucoup de choses à dire ^^
Enjoy ! cheers

Le tournoi – partie 2



Après la remise des récompenses, un buffet fut organisé pour les participants, de grandes tables ayant été dressées à la sortie de l'arène, couvertes par de grand chapiteaux pour les ombrager. En effet, le milieu de journée passé, le soleil se faisait à présent sentir et un peu d'ombre n'était pas déprécié. Se créant un chemin parmi les elfes tout en discutant avec entrain, Lindir conduisit son amie à une des tables, et s'y installa, ayant préalablement rempli son assiette des nombreuses victuailles mis à leur disposition.
Ils mangèrent en silence, appréciant ce réconfort après les épreuves, ne répondant que d'un sourire les félicitations adressées régulièrement à leur encontre. Une fois rassasiés, ils se rendirent aux écuries voir si leurs montures récupéraient bien de leurs efforts. Ils prirent ensuite leurs affaires qu'ils avaient déposés plus tôt contre leur stalle, puis se dirigèrent vers la zone de tir à l'arc installée non loin de la cité, discutant avec enthousiasme des événements de la matinée, et de ceux qui allaient suivre.
La zone de tir s'étendait sur plus de deux-cent pas de long, et une dizaine de cibles étaient positionnées à intervalles réguliers sur la longueur. La zone était déboisée, mais les arbres entouraient le fond et les deux côtés du terrain, laissant à découvert uniquement la face sud, seul endroit d'accès.
Galvanisée par sa prestation du matin, Elewë se sentait sereine, son angoisse disparue. Elle retrouva avec plaisir le maniement de son arc, son arme de loin la favorite. La jeune elfe tira quelques traits avec peu de distance, s'échauffant simplement les muscles des bras. Elle ne comptait pas révéler tout de suite son aisance dans ce domaine, préférant se réserver pour les dernières phases de la compétition.
Au bout de deux heures, les spectateurs commencèrent à affluer, se cherchant une place correcte -du moins essayant d'en atteindre une, la surface ne pouvant accueillir autant d'elfes que l'immense arène- afin de mieux profiter de l'épreuve, parfois grimpant dans les arbres environnants.
La famille royale prit place dans la petite tente dressée sur le côté sud, profitant pleinement du spectacle. Elewë aperçut les jumeaux princiers Elladan et Elrohir, et une fois de plus son attention fut retenue par le second. Il dégageait un fort charisme, et éclipsait son jumeau.
Les participants se retirèrent dans la grande tente placée à côté de l'espace de tir, dans laquelle était affichée le programme de la compétition. Chaque participant prendrait part à trois manches, par groupe de dix elfes, pendant lesquelles la hauteur, la distance et la difficulté seraient variables. A l'issue de ces trois manches, les organisateurs comptabiliseraient les résultats de chacun, et comme précédemment les cinq premiers se verraient récompenser. Ici, chacun était face à soi-même. On ne comparerait les scores qu'à la fin des séances de tirs.
Elewë s'approcha du programme une fois que la masse des elfes s'en fut allée, et nota que son groupe ne participait à la première manche que dans une heure. Elle avait le temps d'aller se trouver une place discrète, et d'observer ses adversaires. Elle souhaita bonne chance à Lindir, dont le groupe passait en premier, et se dirigea discrètement vers un des plus grands arbres de la face sud-est, ayant ainsi une bonne vue sur les cibles et les archers.
Agile comme un félin, personne ne la vit monter, et elle put s'installer à sa guise dans l'arbre afin de contempler les séances de tirs sans qu'aucun elfe ne se rende compte qu'elle était perchée au-dessus d'eux.
Elewë put donc se préparer aux différentes difficultés présentées durant la première manche, contrairement aux premiers concurrents qui découvraient ce qu'on attendait d'eux.
On plaça les cibles à environ soixante-quinze pas des archers, sans aucune autre difficulté que de devoir tirer droit. Les cibles furent ensuite reculées à quatre-vingt-dix pas, et là quelques flèches loupèrent leur centre. Elle furent à nouveau reculées, cette fois-ci à une distance d'environ cent pas. Peu de flèches atteignirent le centre des cibles, ou du moins les zones les plus proches. Elewë vit avec fierté Lindir planter ses flèches non loin du centre. Leur entraînement avait porté leurs fruits.
Le premier groupe finit, et le deuxième lui succéda. Quelques minutes après le début, Elewë entendit du bruit. Quelqu'un grimpait dans l'arbre. Elle se retourna, et vit le visage victorieux de son ami apparut derrière une branche, qui se hissa jusqu'à elle.
« Comment m'as-tu retrouvée ? Lui demanda-t-elle, amusée. Je pensais m'être suffisamment bien cachée.
Lindir lui sourit
« Tu oublies que je te connais depuis quelques centaines d'années, et qu'à force je connais tes habitudes. Tu ne manques jamais d'être cachée, et je me doutais que tu voudrais regarder les tirs. Par déduction j'ai donc choisi le plus gros des arbres situé en face des cibles. »Son petit air de fierté non dissimulée la fit rire.
Il se plaça à côté d'elle sur la grosse branche, et ils commentèrent les tirs de tel ou tel archer, pariant sur ceux ayant le plus de chance d'atteindre le haut du classement. Les deuxième, troisième et quatrième groupes se succédèrent ainsi, et Elewë dut à regret descendre de son perchoir lorsque le cinquième groupe fut appelé.
« Bonne chance, lui souffla Lindir, le visage déjà tourné vers le terrain. Il ne se souciait pas tant que ça de cette manche, il savait que pour la jeune elfe ce ne seraient que des formalités.
La jeune fille rejoignit la ligne des archers, prenant bien soin de resserrer son foulard. Lorsqu'elle s'avança, de nombreux murmures se firent dans l'assemblée, chacun attendant de voir ce que réserverait l'elfe mystérieux durant cette épreuve. Serait-il à la hauteur de sa prestation de la matinée ? Beaucoup le suivaient avec attention.
Elewë saisit son arc et passa son carquois sur les épaules, préférant tirer ainsi. Beaucoup la dévisagèrent bizarrement, car tous avaient préféré ranger leur carquois et leurs flèches dans les grandes caisses positionnées à leurs côtés, leur donnant ainsi une plus grand facilité de mouvement.
La jeune elfe haussa les épaules, tendit la corde de son arc, encocha une flèche, amenant la corde jusqu'à la commissure de ses lèvres, puis attendit le signal. Celui-ci ne se fit pas tarder, et bientôt dix cordes furent lâchées, et autant de flèches volèrent jusqu'aux cibles situées soixante-quinze pas plus loin. C'est sans grand étonnement que toutes les flèches se figèrent quasi dans les centres des cibles.
Deux autres tirs se succédèrent, et presque toutes atteignirent le même endroit. Pour l'instant, l'opération nécessitait peu de concentration, et Elewë laissa vagabonder son esprit, observant chacun de ses concurrents. Elle aperçut ainsi le grand elfe blond qui avait ce matin fini avec elle ex-æquo. Elle lui adressa un signe de tête respectueux, auquel celui-ci répondit de la même façon. Un respect mutuel s'était forgé entre les deux elfes, issu de leur admiration pour les capacités de l'autre.
Les archers se préparèrent à la seconde partie de la manche, tandis que les cibles étaient reculées de quinze pas. Encore une fois, Elewë tira machinalement, la distance ne nécessitant pas beaucoup de concentration pour elle. Ses jets se figèrent dans le centre de la cible, et elle observa celles des autres concurrents : sur les dix, quatre d'entre eux n'atteignirent pas le centre à plusieurs reprises, et une pointe de déception se fit sentir dans la rangée.
L'elfe sourit. L'épreuve se déroulait encore mieux qu'elle ne l'avait espérée.
Les concurrents récupérèrent leurs flèches, vérifiant l'état des pointes et empennages, puis les cibles furent à nouveau reculées à cent pas. Cette fois-ci Elewë entreprit sa démarche de tir habituelle : elle décocha une flèche, puis s'immergea dans son esprit. Elle fit le vide en elle, visualisa sa Flamme- celle de sa force intérieure- et se laissa aller à la douce torpeur qui s'installait en elle. Elle entendit l'écho du signal, et d'un mouvement fluide lâcha la corde de son arc. Elewë n'ouvrit les yeux que lorsqu'elle entendit le bruit mat du jet se figer dans la cible, et les murmures de surprise de la foule.
Sa flèche était plantée dans le centre de la cible, comme prévu. La jeune elfe réalisa deux autres fois la même prestation, le murmure de la foule se faisant plus fort à chaque tir. La première manche terminée, les elfes se retirèrent sous les applaudissements du public, laissant les organisateurs préparer la manche suivante.
Elewë échappa rapidement à la foule, et rejoignit discrètement Lindir dans l'arbre. Elle s'installa sur une grosse branche, puis se cala contre le tronc.
« Bien joué. Lui fit son ami lorsqu'elle se tourna vers lui.
« Bah, tu sais bien qu'il n'y avait rien de très compliqué dans cette manche. Fit-elle avec un petit sourire
Il lui rendit, puis ils se tournèrent vers le terrain. Comme précédemment, Lindir fut appelé avec le premier groupe. Elle l'encouragea brièvement, puis se cala plus confortablement contre le tronc de l'arbre, ses paupières devenant lourdes. Elewë mit quelques minutes avant de s'assoupir, et fut réveillée par une main qui la secouait.
« Elewë, Elewë, réveille-toi !
« Huuumm ….. Elle ouvrit les yeux et vit Lindir penchée au dessus d'elle, mi-angoissé mi-amusé..
« Désolée, je crois bien que je me suis endormie …
« Je crois bien que oui. » Répondit-il en souriant. « Tu devrais te dépêcher de te réveiller, c'est bientôt ton tour. Et pense à remettre ton foulard en place.
Elewë se redressa, attendit d'être complètement réveillée, puis descendit de l'arbre.
La foule acclamait le troisième groupe, en particulier un elfe qui avait réussi à planter sa flèche dans la cible malgré la difficulté.
L'elfe se dirigea vers son groupe tandis que le quatrième faisait ses tirs. Elle rejoignit l'elfe blond qui observait la compétition à distance des autres. Celui-ci la regarda avec un sourire
« Facile, non ?
« Plutôt, mais être trop sur de soit fait commettre des fautes qui d'ordinaire n'auraient pas eu lieu. Mais, je ne me rappelle pas avoir eu l'occasion de vous demander votre nom. Quel est-il ? »
« Orodreth » répondit-il tandis qu'il lui tendait la main.
Elewë fut étonnée pendant une fraction de seconde, mais elle se reprit rapidement, lui serrant la main avec un sourire. «Enchanté ».
« Et vous, avez vous un nom autre que «l'elfe mystérieux»? D'ailleurs, pourquoi portez-vous ce foulard ? Êtes vous laid à ce point ? » demanda-il, malicieusement.
Elewë sourit.
« Je me nomme Elurín. Et monseigneur, il y a certaines choses qu'il vaut mieux parfois cacher.
« Talentueux et mystérieux à la fois … Je vois. Ah, c'est à nous ! Bonne chance, même si vous ne paraissez pas en avoir besoin !
« Merci, vous de même.
Ils se dirigèrent chacun vers leur place sur la ligne de tir, entourés par les autres concurrents.
Pour la seconde manche, les cibles avaient été reculées deux pas plus loin, et certaines avaient été fixées en l'air, dans les branches des arbres. Les archers devaient pour le premier tir toucher uniquement les cibles à terre.
Après avoir vérifié que sa corde était bien tendue, Elewë encocha une flèche et banda son arc. Elle ajusta sa direction en prenant compte de la distance supplémentaire et du faible courant d'air filtrant à travers les arbres, puis s'immergea à nouveau dans son rituel, respirant profondément en attendant le signal.
L'écho de celui-ci lui parvint et elle lâcha la corde, le sifflement de la flèche retentissant dans ses oreilles. Cette fois-ci elle avait ouvert les yeux dès la flèche lancée, et suivit au ralentit la trajectoire qu'elle prit. La flèche se planta dans le centre, à la limite de la zone inférieure. Des vivats retentirent dans la foule, saluant une fois encore l'extraordinaire prestation du candidat.
Elewë vit que Orodreth avait planté sa flèche dans le troisième cercle en partant du centre, une bonne prestation vu la distance. Cet elfe était décidément très doué. Même s'ils étaient apparemment devenus amis, elle devait se méfier de lui.
Elle détourna son regard vers les cibles à terre qui furent retirées. Désormais les archers devaient viser les cibles accrochées dans les arbres. La difficulté était dans le fait que la brise venait de se lever et les faisait tanguer, rendant plus ardue la visée.
Aucun bruit ne parvenait de la foule, complètement absorbée par l'épreuve qui se présentait devant eux. Chacun se demandait comment les archers arriveraient à tirer aussi loin, et surtout en prenant compte du mouvement de la cible.
Elewë encocha à nouveau une flèche, et cette fois-ci se fondit entièrement dans sa torpeur. La difficulté était plus grande, mais elle pouvait gagner si elle se concentrait exclusivement sur son tir. A nouveau le signal retentit, et elle laissa la flèche filer. Elle ouvrit les yeux, suivant du regard sa flèche, espérant qu'elle avait réussi à prévoir le mouvement de pendule de la cible.
Une fois encore elle ne fut pas déçue. Sa flèche se figea dans la seconde zone en partant du milieu, alors que de nombreux traits filaient au-dessus -ou bien à côté- des cibles. L'elfe blond avait planté de justesse sa flèche dans sa cible.
Elewë répéta une seconde fois son exploit, encouragée par la foule éblouie par sa performance. A la fin de la seconde manche, elle fut ovationnée lorsqu'elle quitta la zone de tir. Lindir la rejoignit en courant.
« Tu as été extraordinaire ! Vous avez été bien malchanceux que le vent se lève à ce moment ! Cette manche nous a montré que tu es celle qui va gagner, c'est couru d'avance !
Elewë sourit. « Merci Lindir, mais l'épreuve n'est pas terminée, il reste la troisième manche, et je peut encore perdre.
« Ne sois pas si modeste Elewë, tu as su triompher des difficultés, seul un incident pour t'empêcher de réussir.
« Justement, un incident est bien vite arrivé.
Lindir leva les yeux au ciel et lui sourit, puis l’entraîna vers la grande tente. Des boissons fraîches étaient laissées à l'attention des participants, et les deux amis échangèrent quelques plaisanteries avec les candidats attendant le début de la troisième manche.
Lindir fut bientôt appelé, et après l'avoir vivement encouragé, Elewë décida d'aller observer la manche de plus près, se rendant près des barrières marquant la limite de la zone de tir. En chemin elle croisa dans la foule un elfe qui la regarda froidement, la jaugeant du regard. Quand elle se retourna pour l’apercevoir il avait déjà disparu.
Elewë avait cru voir sur son épaule le symbole indiquant que l'elfe était un organisateur. Bah ! c'était sans importance, elle ne croiserait sûrement plus cet elfe, se dit-elle en haussant les épaules. Elle atteignit la barrière en se frayant un passage, et pu observer Lindir tirer.
Pour la troisième manche, les cibles avaient été fixés sur des rails faits de bois, glissants dans des rondins, et manipulés par des elfes qui se cachaient derrière elles, de crainte de recevoir un trait. Les cibles se déplaçaient ainsi le long du rail, de droite à gauche. Pour le premier tir, elle avaient été placées à soixante-quinze pas de la ligne de tir.
La première volée de flèche fut tirée, et quelques unes atteignirent les cibles, les autres se plantant derrière. Une flèche frôla l'oreille pointue d'un elfe qui injuria son tireur. La foule rit et une fois la stupeur passée, l'elfe qui avait vu l'intégrité de son oreille en danger se mit à rire aussi.
Les archers tirèrent alors la seconde volée sur les cibles ayant été reculées à quatre-vingt-dix pas. Comme précédemment, peu se figèrent dans la cible. Lindir réussit à planter la sienne dans la quatrième zone. Quelques encouragements furent lancés aux concurrents.
Pour le troisième tir -avec les cibles reculées à cent pas- Elewë vit les sourcils de son ami se froncer sous la concentration intense. Le signal fut donné, et cette fois-ci très peu de traits touchèrent leur but. Lindir réussit à planter sa flèche dans la cible, mais de justesse.
La foule salua les concurrents, et le second groupe leur succéda. Lindir repéra Elewë accoudée à la barrière, et la rejoignit.
« Et bien, ce ne fut pas une partie de plaisir. » Lui dit-il
« Tu t'en es pourtant très bien tiré », le rassura-t-elle
« On verra bien comment tu t'en sortiras » fit-il malicieusement.
Les deux amis observèrent les trois autres groupes se succéder, puis vint le tour d'Elewë. Après un dernier regard à son ami, elle se rendit à sa ligne de tir où elle retrouva Orodreth fixant les cibles du regard, murmurant des choses à lui-même.
« Toujours aussi facile ? » lui demanda-t-elle en riant
« Et bien … plus tellement » fit-il avec un petit sourire contrit.
Elewë lui sourit aussi, puis se dirigea vers sa marque. Elle respira profondément, puis encocha sa flèche et banda son arc. Elle calcula où elle devait viser pour tirer, puis visualisa sa Flamme. Le signal retentit, et les archers tirèrent leurs traits sous le silence complet de l'assemblée.
Celui d'Elewë se planta dans la deuxième zone, tandis que les autres traits filaient derrière les cibles. La foule applaudit, et les cibles furent reculées. Elewë se concentra sur le mouvement de va-et-vient de la cible, essayant de deviner où elle se trouverait quand le signal serait lancé. En même temps que les autres, elle décocha sa flèche, qui se planta avec un bruit retentissant dans la troisième zone.
Elle sourit, satisfaite de la façon dont se déroulait cette manche. Elle ne prit pas attention aux passages d'un homme derrière les archers -qui ne faisait on ne savait quoi. Elle encocha à nouveau une flèche, et se prépara à tirer. Au moment où le signal retentit, elle sentit le bas de son arc dévié vers la gauche par une force invisible, et son tir fut dévié, grimpant vers le ciel.
La foule eu des exclamations d'étonnement intense tandis que la flèche filait vers le haut. Elewë encocha une autre flèche à une vitesse incroyable, et visa sa première flèche. Son tir vint frapper le bas de la flèche, qui fut à nouveau déviée et qui fila à toute vitesse vers les cibles. Elle se planta avec un bruit assourdissant dans le centre de la cible.
La foule laissa éclater sa joie et sa surprise, ovationnant l'archer qui avait su prodigieusement renverser la situation. Elewë se retourna immédiatement après avoir vu son trait filer, et eut le temps d'apercevoir l'elfe qu'elle avait croisé auparavant. Elle n'eut pas le temps de courir qu'un cri retentit
« Attrapez cet elfe, attrapez-le !
Toute la foule se groupa devant la sortir sud de la clairière, empêchant l'elfe de s'enfuir. Il fut rapidement saisi par les soldats postés aux alentours, et conduit devant la tente royale. Elewë se fraya un chemin à travers la foule, et courut vers la tente, tout en vérifiant que sous foulard était toujours bien fixé.
Le Seigneur Elrond se leva de son siège, tandis que l'elfe était amené vers lui, maintenu fermement par deux soldats alors qu'il se débattait.
« Tu as osé perturber le déroulement de la compétition, et tenté handicaper un des concurrents. Parle ! Pour qui agis-tu ?
L'elfe refusa de parler, se débattant plus férocement.
« Parle maintenant, et ton châtiment n'en sera que plus léger.
Le prisonnier baissa la tête, vaincu, et murmura
« Le Seigneur Ambaráto …
« Parle plus fort que tous t'endent !
«  Le Seigneur Ambaráto !
Des murmures de consternation se firent entendre. Des soldats partirent tout de suite à la recherche du dit Ambaráto sur l'ordre d'Elrond, tandis que l'elfe était conduit en dehors de la clairière.
« Le problème réglé, nous allons maintenant procéder au compte des points et à la remise des récompenses pour les gagnants ! Que tout le monde retourne à sa place en attendant.
La foule applaudit, et chacun retourna où il était avant que l’événement ne se produise.
Elewë retrouva Lindir dans la tente des concurrents.
« Bravo, tu as été impressionnante ! Jamais je n'aurais réussi à récupérer ce tir !
Elewë sourit. « Je ne sais pas comment j'ai fait, j'ai senti ce que je devais faire, et ça a marché . » Ils discutèrent quelques instants de cet elfe et de l'homme qui l'avait payé, puis l'appel à se réunir retentit.
Tous les candidats se regroupèrent devant la tente royale, chacun se demandant comment il était classé. Le Hérault annonça le classement en partant de la fin, et chaque candidat était applaudit pour son résultat. Sur les cinquante candidats ayant participé à l'épreuve, Lindir finit onzième, une place très honorable. Orodreth fut appelé pour la troisième place, suivit d'un autre elfe inconnu, et enfin Elewë fut appelée.
La foule hurla quand le Hérault invita l'elfe mystérieux et les quatre autres meilleurs à s'avancer. Cette fois-ci la jeune elfe ne baissa pas la tête sous les vivats de la foule, mais observa plutôt le frère princier vêtu de marron et de bleu qui s'avançait pour remettre les récompenses aux gagnants.
Celui-ci distribua trois feuilles de bronze aux trois moins bon, une d'argent au second, puis se dirigea avec le coussin portant la feuille d'or vers Elewë. Il se pencha en avant pour accrocher la feuille en dessous de la première sur la veste de l'elfe, lui faisant un clin d’œil.
Elewë se sentit rougit, puis se ressaisit. Elle se tourna alors vers la foule qui criait, et la salua avec les autres gagnants. Elle aperçut Lindir qui lui souriait, et lui adressa un signe de main.
Encore une victoire, se dit-elle. Plus que deux étapes restantes sur le chemin de son rêve. Elewë sourit, radieuse, et se demanda ce que la compétition lui réservait encore.

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MessageSujet: Re: D'arc et d'épée   Jeu 12 Jan - 13:47:11

Rencontres inattendues



Une brise soufflait doucement dans les branches des arbres, faisant ondoyer les feuilles. Les rayons du soleil perçaient le feuillage , englobant tout Imladris dans une paisible et douce atmosphère. Dans un grand platane, un oiseau siffla une joyeuse drille. D'autres le suivirent, et bientôt les pièces résonnaient des doux piaillements de la petite chorale.
Elewë ouvrit les yeux, et se rendit compte que le soleil était levé depuis bien longtemps. Elle se redressa lentement dans son lit, laissant le temps à sa tête de retrouver sa lucidité, puis se leva, et s'approcha d'un pas léger vers la terrasse de sa chambre. D'ici la vue était splendide : elle pouvait voir les cours d'eau venant des glaciers des Monts Brumeux qui coulaient jusque dans la vallée, se terminant en magnifiques cascades dans lesquelles les rayons du soleil faisaient apparaître des arc-en-ciel.
Elewë respira profondément, goûtant avec plaisir la caresse du vent sur son visage et le chatoiement du soleil sur sa peau. Elle resta ainsi quelques temps à contempler le panorama. La jeune elfe ne redoutait pas que quelqu'un la surprenne sans son foulard : les elfes de la cité, matinaux pour la plupart, étaient déjà levés depuis longtemps, et vaquaient à leurs occupations.
Elle aperçut en bas dans la cité les commerçants qui ouvraient leurs boutiques, et les taverniers sortir leurs tables sur le devant de leur maison. Les passants commençaient déjà à affluer, en petit nombre, flânant dans les rues verdoyantes de la cité, parfois jetant un œil aux devantures des boutiques. Les marchands installaient leurs étalages, et des cris d'incitation à venir voir la marchandises commençaient déjà à se faire entendre.
Elewë sourit. C'était une belle journée aujourd'hui. Aucun nuage ne couvrait le ciel, si bien que celui-ci était entièrement bleu, d'un beau bleu ciel caractéristique du climat de la cité.
La jeune elfe retourna dans sa chambre, désormais complètement éveillée, et profitant du fait que Lindir dormait encore -quelle surprise !-, elle entreprit de faire sa toilette et de se changer. Prenant garde à ce que sa ceinture de tissu à la poitrine ne fasse pas de plis étranges, elle acheva son petit rituel matinal en nouant son foulard autour de son visage. Elle s'y était à présent accoutumée, et celui-ci ne le gênait plus dans sa vision ou sa respiration.
Elewë entendit Lindir qui se réveillait, et s'assit à côté de lui sur son lit.
« Debout petit troll, il est l'aube passée depuis bien longtemps !
Le seul son audible qu'elle perçut fut un joyeux grognement.
« Ooooh ma tête … » répondit-il , se tenant la tête dans les mains
« C'est ce qui arrive lorsque l'on boit de trop » lui répondit-elle en riant
En effet, la veille, la première journée du tournoi s'était clôturée par un petit banquet -le plus grand ayant lieu à la fin du tournoi-, et tous les concurrents avaient été rassemblés autour d'une immense table, d'autres accueillant des elfes illustres des cités tout autour d'eux.
L'elfe mystérieux avaient bien sur été à l'honneur de la soirée, chacun cherchant à trinquer avec Elewë, à parler avec elle. Elle avait tenté de se comporter en homme pendant la durée du banquet – car bien que peu féminine, elle avait quand-même acquit des manières de femme – rigolant aux blagues parfois frivoles des elfes autour d'elle, et mangeant moins délicatement qu'à son habitude.
Elle s'était retenue de trop boire, sachant que le lendemain après-midi serait consacré à l'épreuve du combat à main nues, et qu'elle devait garder toutes ses compétences physiques au maximum.
Mais Lindir lui n'avait pas fait dans la dentelle, et avait bu pintes sur pintes. Maintenant qu'elle voyait l'état de son ami, Elewë était bien contente de ne pas avoir suivi son exemple. Il semblait avoir reçu un warg sur la tête – et un gros, apparemment.
« Ah ah, très drôle, je suis plié de rire. » fit-il en bougonnant. Il se redressa tant bien que mal, Elewë se levant. Elle lui ramena la petite bassine d'eau de la toilette -au préalable vidée et renouvelée- et la lui posa sur les cuisses. Lindir entreprit de se débarbouiller, puis sortit de son lit -renversant au passage une partie de la bassine sur les draps.
Il commença à se changer, et sourit quand Elewë lui tourna le dos.
« Et bien, as-tu peur de t'évanouir en admirant mon corps de rêve ? » lui demanda-t-il avec un grand sourire.
« Non point, arrogant damoiseau, n'oublie pas que je t'ai déjà vu dans de pires situations, je ne veux juste pas te laisser ce plaisir » lui répondit-elle du tac au tac.
« Dis ce que tu veux, je sais que tu es intimidée par mon imposante carrure et mon charme fou.
« Cela doit être ça, oui » fit-elle en rigolant.
« C'est bon tu peux te retourner, tu as loupé tout le spectacle » lui dit-il au bout de quelques minutes.
Elewë se retourna, Lindir lui souriant. Elle lui rendit son sourire, puis attrapa sa cape, son épée et son arc.
« On sors ce matin ? » lui demanda-t-il
« J'ai envie de visiter la cité, pas toi ? Nous n'aurons sûrement pas beaucoup d'autres occasions d'y revenir, je préfère en profiter maintenant.
« Avec plaisir, mais pas avant d'avoir mangé !
Ils rirent tous les deux, puis leurs ventres grondèrent d'un parfait concert, et ils repartirent de plus belle dans un grand fou rire. Elewë s'essuya une larme au coin de l’œil.
« Allons-y avant qu'il ne soit trop tard.
Ils sortirent de leurs chambres pour se rendre dans la salle commune, traversant de nombreux couloirs avant de l'atteindre. Ils s'installèrent à une des grandes tables, remplirent leurs assiettes, puis s'attaquèrent à leur petit déjeuner.
Beaucoup d'elfes semblaient partager l'état de santé de Lindir, et Elewë se demanda comment ils feraient pour être assez en forme pour l'épreuve de cet après-midi. En parcourant la salle du regard, elle vit plusieurs elfes en train de discuter avec de grands gestes, parlant très fort, entourés par d'autres essayant de comprendre ce dont ils parlaient.
Elewë montra la scène d'un coup d'œil à Lindir, et d'un commun accord ils se levèrent et se dirigèrent vers l'attroupement. Parmi le groupe, beaucoup pestaient et paraissaient outrés. Les deux amis jouèrent des coudes afin d'atteindre le centre de l'attroupement, les elfes les laissant passer en la reconnaissant.
« Eh regardez c'est l'elfe mystérieux !
« Qu'est ce qu'il fait ?
« Il a pas l'air d'être au courant ! » Au courant de quoi ?, se demanda Elewë.
Elle atteignit bientôt les elfes au centre. Ceux-ci inclinèrent la tête pour la saluer, respectueux envers ce combattant d'élite dont tout le monde parlait. Personne ne voulait être dans ses mauvaises grâces, ne préférant pas risquer un duel, vu ses apparentes aptitudes. Elewë s'adressa à l'un d'eux, prenant une voix plus forte.
« Qu'est ce que ce regroupement signifie ? Quelque chose de grave ? » demanda-t-elle
« Non, monseigneur. C'est juste que nous venons d'apprendre que l'épreuve de combat à main nue de cet après-midi avait été remplacée par celle de combat d'armes. Paraît que l'épreuve a été annulée, on sait pas encore pourquoi. Les elfes que vous voyez sont pour la plupart fort mécontents de ce changement de programme, beaucoup comptant sur cette épreuve pour remonter dans le classement.
Des grognements d'acquiescement montèrent de la foule. Elewë fut surprise. Annuler le combat à main nue ? Mais pourquoi donc ? Le Seigneur Elrond devait surement avoir une très bonne raison. En son for intérieur elle était plutôt satisfaite : bien qu'après son entrainement intensif, le combat à main nue n'était pas son point fort, et elle se réjouissait de pouvoir conserver ses forces pour la dernière épreuve. La victoire était désormais encore plus proche qu'auparavant.
Elle réprima son sourire, et répondit à la foule
« Il doit bien avoir une explication. Je propose de me rendre auprès du Seigneur Elrond afin de plaider votre cause. Mais il me paraît fort peu probable qu'il revienne sur sa décision. » Des applaudissements et des remerciements jaillirent de la foule d'elfes s'étant rassemblés autour d'elle.
Elewë sortit du cercle, suivie par Lindir, et se dirigea vers la sortie. Quelques elfes l'encouragèrent, et les autres continuèrent à parler entre eux de l'évènement. Une fois sortie de la salle commune, elle se retourna vers son ami, désirant connaitre son avis.
« Qu'en penses-tu ?
«  J'en pense que tu es devenue une célébrité. Tout le monde te respecte et est pendu à tes mots. Tu sais que pour un peu je serais jaloux ? » lui répondit-il malicieusement
« Arrête, ils étaient juste contents que quelqu'un s'occupe d'eux et prenne en compte leurs protestations ! » Lindir leva les yeux au ciel.
«  Comme tu veux princesse. » Elewë sourit à l'utilisation de ce petit surnom. Lindir ne l'appelait pas souvent comme ça, sachant qu'elle aurait parfois préféré être un homme. Elle réalisa soudain qu'elle n'était pas censé être une femme, et jeta des regard angoissés autour d'elle, voir si quelqu'un l'avait entendu.
« Du calme, il n'y a personne » lui dit-il en souriant
« Fais tout de même attention !
« Promis, princesse » fit-il en tirant la langue. Elewë leva à son tour les yeux au ciel.
« Bon, tu voulais mon avis. » Il fit mine de réfléchir, puis répondit « bah j'en sais fichtrement rien de ce qu'il se passe !
« Bravo, ton intervention me fut remarquablement utile », répondit-elle, sarcastique, un sourire aux lèvres.
« A ton service. ». Il esquissa une petite révérence. Ils rirent tous les deux, puis se dirigèrent vers la sortie du bâtiment, passant par le grand Hall que Elewë avait traversé le matin précédent. Elle fut à nouveau surprise par la grandeur qu'il imposait.
Une fois dehors, Lindir lui demanda :
« Bon alors on va voir Elrond ?
« Je ne vois pas d'autre chose à faire, à moins que tu n'aies une meilleure idée.
« Ce n'est pas le cas. Allons-y.
Ils se dirigèrent vers la demeure royale, slalomant entre les passants devenus plus nombreux. Les badauds se retournaient sur leur passage, certains murmurant son nom. Les effluves du pain chaud et de viande à la broche arrêtèrent plusieurs fois Lindir, qui fut trainé en riant par Elewë. Après quelques détours, ils atteignirent rapidement le bâtiment gardé par des soldats de la garde royale. Ils se firent annoncer, puis attendirent qu'un elfe vienne les chercher pour les mener vers la salle d'audience.
Contrairement à de nombreux monarques qui auraient pu construire la pièce très en longueur afin d'impressionner les arrivants, et assurer leur autorité, le Seigneur Elrond avait fait construire cette pièce en grande simplicité, ne faisant accrocher que quelques ornements sur les murs.
Les deux amis atteignirent rapidement le trône où siégeait le monarque. Elewë remarqua que une fois encore les jumeaux étaient présents. Ils devaient apprendre leur futur rôle de souverain en assistant leur père. La jeune elfe fixa Elrohir quelques instants, puis dirigea son regard vers le Seigneur Elrond.
Celui-ci était de taille moyenne, brun, avec des yeux qui semblaient contenir toute la sagesse de ce monde. Il paraissait avoir cinquante années, et Elewë se demanda combien il en avait en réalité. Sûrement beaucoup, car elle avait entendue dire qu'il avait pris part au combat de la Dernière Alliance aux côtés des Hommes contre Sauron il y a de cela près de 2000 ans. Une rumeur prétendait qu'il était encore plus vieux, racontant que ses origines remontaient jusqu'à l'illustre temps de la cité de Númenor. On racontait aussi qu'il serait en réalité un Demi-Elfe, de père lui aussi Demi-Elfe et de mère elfique, et qu'il aurait choisi l'immortalité tandis que son frère jumeau, Elros, choisissait de devenir humain, régnant sur la cité de Númenor.
Elewë sortit de ses pensées lorsque ce dernier s'adressa à elle.
« Que me vaut le plaisir de cette visite, seigneur Elurín ? Ou plutôt devrais-je dire, « elfe mystérieux », lui demanda-t-il, un petit sourire aux lèvres
« Et bien de nombreux elfes ont eu vent ce matin de la nouvelle indiquant que l'épreuve de lutte à main nue a été annulée, et que celle de combat d'armes a été avancée. Je me suis proposée pour aller demander confirmation auprès de vous, et surtout de les renseigner sur la raison de cette suppression qui chagrine nombre d'entre eux.
Le sourire du monarque se fana, et une expression de regret parut sur son visage.
« Croyez bien que je regrette tout autant que vous cette décision, mais je n'ai pas eu le choix. Les Rôdeurs du Nord subissent de plus en plus d'attaques sur leurs terres, et nous devons au plus vite leur porter secours. Je ne supporterais pas de perdre plus de temps en amusements avec ce tournoi alors que chaque jour des elfes meurent au combat. Nous aurons besoin de temps pour former au mieux les guerriers qui partiront là-bas, et le plus tôt sera le mieux. J'ai donc décidé d'écourter le tournoi en supprimant l'épreuve qui me paraissait la moins importante.
Elewë fut bouleversée par la nouvelle. Elle se ressaisit immédiatement.
« Votre décision vous honore Seigneur, et nous laisse entrevoir un peu plus votre sagesse et votre clairvoyance. » Fit-elle en s'inclinant respectueusement. « J'essaierais au mieux de faire comprendre aux candidats déçus les motivations de votre décision ».
Elrond lui répondit par un sourire reprit par ses deux fils. En plus d'être un combattant hors-pair, cet elfe était un fin stratège, et un homme juste. Décidément, il l'appréciait de plus en plus, et espérait qu'il gagne la dernière manche comme il avait gagné les autres.
« Je vous remercie de votre compréhension et espère que les autres concurrents sauront réagir comme vous. Avez vous autre chose dont vous vouliez me parler ?
«  Non mon Seigneur, je ne vous dérange pas plus longtemps. » Elle s'inclina vers lui et ses fils, puis après que Lindir l'ait imité, se retira. Ils ne se mirent à parler qu'une fois les portes de la salle refermées.
« Ouah, quelle nouvelle ! Si jamais je m'étais attendu à ça ! » s'exclama son ami
«  Je suis comme toi, jamais je n'aurais pu penser que la guerre était aussi avancée ! Le Seigneur Elrond est vraiment l'elfe le plus sage et avisé que je connaisse. Nous avons de la chance de l'avoir comme souverain des elfes avec la Dame Galadriel et le Seigneur Thranduil.
Lindir acquiesça. « Tout à fait d'accord. » Il marqua une pause « et puis sa décision n'est pas sans te désavantager. » Ainsi il avait pensé à la même chose qu'elle.
« Il semblerait bien que ce tournoi va être plus facile que je ne l'avait espéré » fit-elle en souriant. « Il ne reste plus qu'à annoncer la nouvelle aux autres concurrents. Certains risquent de ne pas apprécier.
« Ne t'en fais pas, si c'est toi qui leur dit, tout passera très bien. » la rassura-t-il, amusé.
«  Si tu le dis » répondit-elle, peu persuadée.
« Tu sais bien que j'ai toujours raison, fais-moi confiance ». Il arbora un petit air fier qui les fit rire tous les deux. Au moment de sortir du palais, Elewë se rendit compte qu'elle avait une envie pressante qui ressortait après le stress de la rencontre et en informa son ami.
« Pars devant moi, je te rejoins dans peu de temps, j'ai une envie pressante
« Et bien tu ne te refuses rien, des toilettes royales ! » fit-il en riant. Elle lui tira la langue, puis retourna sur ses pas, le laissant continuer seul. Elle en avait pour peu de temps, elle le rattraperait sur le retour.
Elewë parcourut de nombreux couloirs, se mettant à courir au bout de quelques minutes qu'elle tournait en rond. Elle passa d'un pas rapide un tournant, ne faisant pas attention à ce qu'il y avait devant elle, et percuta quelqu'un de plein fouet.
Encore ! Mais qu'es-ce qu'elle avait à se prendre ainsi sans arrêt les gens dans la tête ?! Elewë se releva lentement, vérifiant qu'elle ne s'était pas fait mal, et se retourna vers la personne qu'elle avait malencontreusement percutée.
Elle écarquilla grand les yeux. Une grande et magnifique jeune femme aux longs cheveux bruns lui tombant dans le dos et aux yeux d'un bleu pur se tenait devant elle. Elle était vêtue d'une longue robe bleu-marine et rouge aux longues manches pendantes. Une aura de beauté à l'état pur se dégageait d'elle, éclipsant tout autre chose à côté d'elle. Ce n'était autre que la Dame Arwen, l'Étoile du Soir, et qui plus est la fille du Seigneur Elrond, qui se trouvait devant elle. Bon Dieu mais qu'est-ce que j'ai fait pour percuter en chaine les membres de la famille royale ?!? Elle se maudit intérieurement.
La princesse la regardait elle aussi avec étonnement, et Elewë se rendit compte avec horreur que dans l'action son foulard avait glissé de son visage, dévoilant ses traits féminins. Elle voulut fuir et faire demi-tour, mais une main s'accrocha à son bras, la retenant.
« Attendez, ne partez pas ! » Il y avait tellement de douceur et de gentillesse dans sa voix qu'elle se retourna, affrontant le regard de son interlocutrice.
« Ainsi donc l'elfe mystérieux est une femme ! » fit-elle surprise.
Elewë baissa le visage, honteuse d'avoir été découverte. Elle se demanda ce qui l'attendait à présent. Elle avait désobéi la loi interdisant aux femmes de faire partie de l'armée. Elle attendit avec anxiété la sanction qui n'allait pas tarder à tomber. Arwen se rendit compte de la gêne d'Elewë et la rassura.
« Ne vous inquiétez pas, je ne dirais rien à personne.
Elewë la regarda, ébahie
« P... Pourquoi ne le feriez vous pas ?
« Tout simplement parce que je vous admire, votre courage autant que vos capacités. J'ai dû moi-même passer plusieurs centaines d'années à convaincre mon père et mes frères que je pouvais moi aussi prendre les armes, et être aussi forte qu'eux. Maintenant ils l'acceptent très bien, mais voient toujours mal le fait qu'une femme se batte. Ce serait une bonne leçon pour tous ces elfes qu'une femme soit la gagnante d'un tournoi constitué de l'élite masculine. C'est pourquoi je vais vous soutenir, afin que chacun ne doute plus jamais du courage et de la force des femmes.
« Je ne vous remercierais jamais assez Dame Arwen. » Elle s'inclina respectueusement.
« C'est moi qui vous remercierais lorsque vous aurez gagné ce tournoi. » fit-elle en souriant. « Au fait, quel est votre véritable nom ?
« Elewë, ma Dame.
« Elewë, appelez-moi Arwen, vous me donnez l'impression d'être plus vieille que je ne le suis » lui répondit-elle en riant.
« Très bien ma Dame, euh Arwen. » elle sourit
« Allez-y Elewë, et gagnez ce tournoi ! N'oubliez pas de remettre votre écharpe, ce serait dommage que quelqu'un d'autre que moi découvre qui vous êtes.
« Vous avez raison. Merci de votre silence Arwen.
Elewë fit demi-tour. Elle vit Arwen qui continuait à marcher comme si rien ne s'était passé. Elewë sourit à la pensée de ce qu'il venait de d'arriver. Elle avait à présent une grande alliée dans son camp au cas-où les choses tourneraient mal, même s'il y avait peu de chances que ce soit le cas.
Elewë refit le chemin inverse à travers les couloirs du palais. Elle s'arrêta plusieurs fois, ayant l'impression d'être suivie. Bah, elle devait surement se faire des idées.
Elewë mit quelques minutes à trouver la sortie du palais. Elle s'arrêta devant la porte, contemplant le paysage. Elle s'apprêtait à sortir, quand elle fut entrainée violemment vers l'arrière, une main s'agrippant fermement à son visage. Elle sentit une drôle d'odeur, puis commença à vaciller. La dernière chose qu'elle réussit à penser fut qu'elle était en train de se faire enlever, et droguée.
Elewë bascula, sentant des bras la retenir, la soulever et l'emporter. Où l'emmenaient-ils ? Elle n'eut pas le temps d'y penser, car elle sombra dans les ténèbres.

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Le Chapitre 13 de ma fic D'arc et d'épée est sorti, n'hésitez pas à regarder ! (:



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MessageSujet: Re: D'arc et d'épée   Sam 3 Mar - 20:54:36

Et voilà mon nouveau chapitre ! Je suis assez dubitative sur le début, mais pas mécontente de ma scène de combat. Bonne lecture ! Very Happy


Confrontation mortelle



Lorsque Elewë se réveilla, la première chose à laquelle elle pensa fut que ces abrutis ne s'étaient pas contentés de l'endormir bien gentiment. Une forte douleur à la tempe lui confirma son hypothèse, et elle garda les yeux crispés par la douleur. Ils avaient du probablement vouloir être certain qu'elle était endormie, et terminer par la méthode musclée.
Génial. En plus de s'être fait enlevée, elle se retrouvait avec un joli maux de tête, et dans l'incapacité de réfléchir à la manière de sortir.
Car il lui fallait bien évidemment s'évader, d'une part pour faire passer à ses kidnappeurs l'envie de recommencer, et si possible de manière définitive ; et de l'autre, pour réussir à rejoindre la compétition. Elle n'avait pas attendu toutes ces années pour avoir enfin la chance de réaliser son rêve, et faillir au dernier moment.
Elewë ouvrit alors les yeux, et les referma immédiatement. Le Noir. Complet. Écrasant. Elle était enfermée dans une pièce où régnait un noir absolu. Son pouls s'accéléra de façon incontrôlée, et un nœud se forma dans le creux de son ventre, lourd comme une pierre.
Elewë se força à calmer sa respiration, mais rien n'y fit. Foutue claustrophobie ! C'était bien le moment de se manifester, alors qu'elle devait absolument s'échapper. Oui mais voilà, aucun de ses membres ne répondaient, complètement tétanisés par la peur.
Sa respiration se fit de plus en plus difficile, et toutes les tentatives que la jeune elfe fit pour reprendre le contrôle de son corps furent vaines. Elewë était là, allongée contre ce sol gelé, se débattant vainement pour seulement tenter de réfléchir, d'oublier toute cette douleur, et cette crise qui l'épuisait de plus en plus.
Le temps passa. Combien exactement ? Elle n'en avait aucune idée, elle avait perdu la notion du temps. Était-elle éveillée depuis une heure, deux, ou même plus ? Quoi qu'il en soit, le déclic d'une porte la tira de son épuisement, et elle puisa du courage dans le faible rai de lumière qui apparut.
Elewë se redressa tant bien que mal , ses mains ligotées dans son dos, et elle fut aveuglée par cette lumière qui s'était intensifiée, la porte étant désormais grande ouverte.
Elle entendit des bruits de pas lourds qui s'approchaient d'elle au fur et à mesure qu'elle reprenait son souffle, et tentait de se calmer. Dans un bref éclair de lucidité, elle espéra que son foulard n'avait pas glissé, et que son identité n'était pas compromise.
Au diable mon identité ! Pensa-t-elle, ces hommes vont probablement me tuer, ou bien me blesser, ce n'est vraiment pas le plus important, réfléchit bon sang !
Elewë fut tirée de ses pensées par une voix grave et caverneuse.
«  Alors, comme se porte notre « elfe mystérieux » ? Sa voix était chargée de dédain, et la jeune elfe entendit d'autres voix d'hommes, qui ricanaient derrière lui. Elle plissa les yeux, et réussit enfin à apercevoir quelque chose.
L'homme, qui était en réalité un elfe, devait bien mesurer près de sept pieds de haut (1), une taille absolument extraordinaire pour un elfe, qui était généralement de taille moyenne. L'homme semblait charpenté comme une armoire à glace, et Elewë pensa que ses bras devaient bien faire trois fois les siens. Son visage était tanné, et peu de traces de combats ou de cicatrices apparaissaient. Elle se douta que l'elfe n'avaient pas l'habitude de recevoir des coups, mais plutôt de les donner. Dans la pénombre encore présente de la pièce, elle ne réussit pas à voir le reste de sa personne, mais elle le devina sans mal.
Mais dans quoi je suis tombée ? C'est qui ce type qui me tuerait rien qu'en me prenant dans ses bras ?! Même si je doute fort que ce soit la raison pour la quelle nous sommes ici , pensa-t-elle amèrement. Je suis vraiment dans la merde. Comment je vais me sortir de là ?!
«  Aurais-tu perdu ta langue, où voudrais-tu que j'ai le plaisir de te l'enlever moi-même ?
Elewë déglutit difficilement. D'accord, il n'était définitivement pas là pour la prendre dans ses bras. Elle se redressa, et mit le peu de dignité qu'il lui restait dans sa réponse, essayant de ne pas prendre en compte les rires en fond, et le petit rictus qui se formait sur le visage de l'elfe.
«  Non Monseigneur, ma langue se porte bien, et moi aussi. » Elle accentua fortement ce mot, le chargeant du même dédain dont avait fait part le colosse. « Cependant, auriez-vous l'amabilité de m'apporter de quoi boire et manger, je n'ai malheureusement rien pu avaler depuis que je suis en votre fort agréable compagnie.
Grand mal lui prit. L'esquisse de sourire formée sur le visage de son interlocuteur s'évapora, et il foudroya du regard les hommes qui s'étaient mis à rire à sa réplique. D'accord, ne pas énerver le patron, reçu. Le colosse se retourna vers elle.
«  Tiens, on dirait que notre petit ami a retrouvé ses esprits. Un peu trop même. Je lui déconseille fortement de jouer ce petit jeu avec moi s'il tient vraiment à certaines parties de son anatomie !
Elewë pensa tout d'abord qu'il continuait sa petite menace à propose de sa langue, puis l'idée parvient jusqu'à son esprit : il parlait en réalité des parties intimes, ce qui signifiait que cet abruti pensait encore qu'elle était un homme !
Cela faisait au moins ça comme avantage, d'ailleurs le seul qu'elle trouvait là maintenant à sa situation, pensa-t-elle amèrement. Bon réfléchis, tu n'as pas appris à gérer ce genre de situation, mais essaye d'extraire le maximum d'informations. Combien sont-ils ? Sont-ils armés ? Que te veulent-ils ? Autant de questions auxquelles elle n'avait pas la réponse. Mais elle put compter sur la gentil … la stupidité des hommes de mains du colosse.
«  Eh patron, quels sont les ordres ? Demanda un premier, qui devait en avoir assez d'être spectateur et de ne pas s'amuser lui aussi.
«  Ouais, parce que c'est pas qu'on aime pas parler, mais nous on préfère frapper.
«  En même temps Jack tu sais faire que ça », lui répondit la première voix. Elewë entendit le bruit d'un poing s'écrasant dans la figure de celui-ci. Barbares, et susceptibles. G.E.N.I.A.L !
«  Taisez-vous tous les deux, » répliqua une troisième voix, « vous êtes en train de donner des éléments à notre prisonnier !
«  Désolé Joe ! » lui répondirent les deux hommes. Ok, définitivement la situation s'annonçait mal si en plus il y en avait un intelligent dans la bande, et qu'il s'amusait à deviner ses plans. Mais Elewë eut déjà un élément de réflexion : ces prénoms n'étaient pas elfiques, ils appartenaient sûrement à la race humaine.
Donc en résumé : elle était enfermée dans une pièce sombre, claustrophobe, ligotée, et retenue prisonnière par un colosse elfique et trois brutes humaines. Ais-je déjà dit à quel point ma situation était extraordinaire ?! Elle n'eut pas le temps de s’appesantir plus longtemps sur sa malchance, que le fameux colosse reprit la parole.
«  Fermez-la tous les trois, bande d'abrutis ! Et pour l'instant on a pas d'ordre, juste de garder prisonnier ce petit fumier. » Il se tourna vers Elewë :  « J'espère que t'as compris que t'avais pas intérêt à la ramener !
«  Tout à fait, » répliqua-t-elle, « mais en revanche j'ai aussi compris que vous ne savez même pas diriger vos hommes. Ils sont pourtant si stupides, ça ne devrait pas être si difficile !
Elewë entendit le mugissement des trois hommes, et n'eut pas le temps de prendre plaisir à leur mécontentement, qu'un poing s'écrasa à nouveau sur sa tempe, et qu'elle n'eut que le choix de s'évanouir le plus dignement possible.

***


Encore une fois, Elewë se réveilla avec un fort mal de tête. Bon, celui-là, je l'ai un peu cherché. Elle se maudit intérieurement, puis ouvrit les yeux. Ah, tiens, il ne faisait pas noir totalement ! Alléluia ! Sa réjouissance s'arrêta là lorsqu'elle aperçut un des trois hommes assis sur une caisse, dos à la porte entrouverte, et qui la surveillait.
«  William, va prévenir le patron, le prisonnier s'est réveillé. Elewë entendit les pas d'un homme derrière la porte qui s'en alla. Elle était bien gardée, trop même. Elle vit que l'homme avait une courte épée accrochée à sa ceinture, et qu'il faisait tourner entre ses doigts un poignard d'une taille assez effrayante. Elle espéra que chacun des gardes n'était pas aussi bien armé.
La jeune elfe analysa la situation. Il lui restait peu de temps avant l'arrivée du colosse. Elle devait extorquer le plus d'informations à son geôlier, misant sur sa stupidité, avant que les autres n'arrivent. Elle se redressa et s'adressa à l'homme, d'une voix qu'elle espérait assez forte.
«  Eh toi, Jack c'est ça ? Elle vit un éclair d'étonnement dans l’œil du garde.
«  Comment t'as retenu mon nom ? La jeune elfe réfléchit à tout allure.
«  C'est parce que j'ai vu que c'était toi le plus intelligent de la bande, dès le premier coup d’œil. A côté de toi Joe peut aller se coucher !
Jack se releva, soudain intéressé, et fit mine de paraître plus futé.
«  Tout à fait, vous avez bien raison mon p'tit ami. Je suis le plus intelligent et le plus fort, mais personne ne veut le reconnaître. Tout le monde me dit de me taire, et les autres ne sont pas d'accord pour que je vous dise … Non il ne faut pas que je parle, sinon je vais me faire engueuler !
«  Me dire quoi ? Vous savez, ça restera entre vous et moi, vous pouvez tout me dire. » Voyant son air dubitatif, elle ajouta : « Leur avis ne compte pas, vu qu'ils ne savent pas vous juger à votre juste valeur ! »
Un éclair de satisfaction passa sur le visage de l'homme. Dieu merci je suis tombé sur le plus abruti des trois ! Avec un peu de chance les autres vont être retardés, et j'aurais le temps d'en apprendre plus.
«  Et ben en fait on vous a capturé parce que notre maître nous l'a demandé. Paraît que vous étiez dangereux, et qu'il fallait vous écarter de la compétition. Un de nos hommes a bien essayé de vous faire échouer hier, mais il s'est fait prendre et vous avez quand-même réussi !
Ainsi donc ces hommes avaient un rapport avec le saboteur de l'épreuve de tir à l'arc. Intéressant. Si ce que cet imbécile lui disait était vrai, alors ce fameux maître était un candidat de la compétition. Il ne restait plus qu'à savoir son nom.
«  Et savez-vous comment se nomme votre maître ? Osa-t-elle, croyant un instant à la chance.
«  Le patron ne nous dit pas, 'paraît qu'il se présente à lui sous le « faucon ». Jack n'eut pas le temps d'en rajouter plus, le colosse et ses deux autres hommes de mains rentrèrent dans la pièce.
«  Eh Jack, qu'est-ce que tu disais au prisonnier ?! J'espère que t'as pas été assez con pour lui dire des informations importantes ! » Elewë attendit la réponse de l'homme, tendue, espérant qu'il ne dirait rien, sinon s'en était fini d'elle. Il lui adressa un clin d’œil, puis répondit au colosse :
«  Non patron, j'ai rien dit du tout ! Le prisonnier était en train de réclamer encore à manger et à boire ! » La jeune elfe se relâcha, soulagée. Sa ruse avait marché, en flattant cet abruti elle se l'était mis dans la poche. Encore un avantage. Le géant se tourna vers elle.
«  Vraiment ? Cela tombe bien, car c'est l'heure du repas ! » Un bruit de métal retentit, et Elewë vit apparaître devant elle un plateau contenant un croûton rassit ainsi qu'une tasse contenant dans laquelle se trouvait un liquide non identifiable. « Si t'as faim, c'est tout ce que tu auras !
Les hommes ricanèrent, et sortirent de la pièce, le dénommé William prenant la place de Jack pour la surveiller. Elewë ne toucha même pas son plateau, et cette fois-ci s'endormit d'elle-même, épuisée par son enfermement.

***


Son réveil fut un peu moins douloureux. Elewë laissa les vapes s'échapper, et attendit que ses yeux se furent habitués à l'éclairage de la pièce. Elle avait du dormir longtemps, car c'était à nouveau Jack qui la surveillait. Elewë se redressa, et ce faisant remarqua que ses liens s'étaient relâchés. Elle gigota un peu pour essayer de les faire glisser, et attira l'attention du garde.
«  Ah, vous êtes réveillé ! Vous avez dormi près de douze heures !
Elewë fit un rapide calcul dans sa tête : si elle comptait le temps qu'elle venait de passer à dormir, plus les deux autres fois où elle était évanouie, il avait du s'écouler près d'une journée entière depuis qu'elle s'était fait capturer. La compétition devait être terminée, et tout le monde devait dormir après le grand banquet de fin de tournoi. Elle espéra que Lindir avait compris que quelque chose n'allait pas, et qu'il s'était mis à sa recherche. Elewë songea, désespérée, qu'elle ne savait pas elle-même où elle était. Quoique, si elle demandait encore à cet abruti, peut-être l'aiderait-il.
« En effet j'avais sommeil, la compétition m'avait épuisée. » Elle bailla pour appuyer ses dires. « Celle-ci est terminée maintenant, vous n'allez pas me garder éternellement ! » Elle vit que Jack était perplexe. « Et bien oui, la compétition est finie, je n'ai pas gêné votre maître, tout est bien qui finit bien, non ? Vous n'avez plus de raison de me garder captif ! D'ailleurs, où sommes nous ?
«  Vous n'avez pas tout à fait tord … je ne pense pas qu'on va vous garder très longtemps. Et je suppose que je peux vous dire cela sans danger : nous sommes dans les sous-terrains de la ville.
Ah en effet, tout s'explique : pas de fenêtres, la fraîcheur des lieux, et le fait de n'entendre aucuns bruits de l'extérieur. Cela compliquait l'affaire. Elewë décida de pousser sa chance, et de voir jusqu'où cet imbécile était capable de la suivre.
«  Dites Jack, je ne me sens pas très bien assis comme cela, et mon plateau de nourriture est loin. Ne voudriez-vous pas me détacher les poignets afin que je puisse mieux me positionner et manger ? Allez, pitié, faites qu'il dise oui !!
Jack hésita un instant, puis demanda :
«  Vous n'allez pas essayer de vous enfuir ?
«  Mais non voyons, vous n'allez pas tarder à me relâcher, ça ne servirais à rien que je m'échappe, je ne ferais que m'attirer des ennuis si on m'attrapait. Et puis j'ai vraiment faim, je serais prêt à manger ce vieux morceau de pain !
L'idée sembla faire son chemin dans la tête de l'homme, qui se leva, et se dirigea vers la jeune elfe. Celle-ci jubila. Elewë se tourna légèrement pour qu'il puisse défaire ses nœuds. Elle le supplia intérieurement de faire vite, n'importe quel homme pouvait arriver à tout moment pour prendre la relève !
Jack était en train de finir de détacher les nœuds, quand Elewë entendit des bruits de pas, et qu'elle vit Joe rentrer dans la pièce. Celui-ci s'arrêta, stupéfait, et se précipita vers Jack.
«  Mais qu'est ce que tu fais espèce de con  ?!!
« Ben, je détache le prisonnier. Il a dit qu'il voulait se dégourdir un peu, et a promis qu'il ne s’enfuirait pas.
« Mais qu'est ce que t'as dans la ….
Joe n'eut pas le temps de finir sa phrase, que déjà Elewë s'était redressé d'un bond, s'était défait des liens entourant ses mains, et avait attrapé l'épée de Jack dans son fourreau. Elle se précipita vers Joe qui avait lui aussi saisi son épée, et para son attaque du revers de la lame. Elle rompit précipitamment l'échange, surprenant son adversaire, passa sous sa garde, et fendit d'un coup qui le toucha au bras gauche. L'homme s'effondra, essayant d'empêcher le sang de se déverser hors de la plaie.
Elewë récupéra le poignard de l'homme, celui de Jack et courut vers la porte. Elle se retourna, et lança à Jack qui était encore à se demande ce qu'il venait de se passer :
«  Il ne faut pas toujours croire ce que l'on vous dit !
Elle fila, laissant en plant un Joe se lamentant et un Jack éberlué. Elle sourit de sa chance, mais se rappela qu'il restait encore un homme et le colosse à passer avant la sortie. Avec un peu de chance, elle n'aurait pas à les affronter.
Elewë courut d'un pas silencieux à travers les sous-terrains, qui n'étaient pas toujours éclairés. Elle se força à garder la tête froide, et se concentra pour lutter contre sa claustrophobie. Elle courait dans un long boyau, quand tout à coup le troisième homme surgit d'une sorte de grotte éclairée. Il ouvrit de grands yeux, et eu le temps de hurler à l'évasion avant de recevoir un couteau planté dans le torse. Il s'effondra, mort, touché en plein cœur.
Elewë enjamba le corps, non sans un certain regret. Elle préférait blesser, même gravement, que tuer. C'était la première fois qu'elle tuait un être humain, et déjà elle sentait qu'elle aurait du mal à le supporter.
Elewë chassa ses remords. Pas de ça maintenant, tu dois fuir, sinon c'est toi qui vas te faire tuer ! Cette pensée la stimula, l'adrénaline la rendant sur-excitée alors que quelques instants auparavant elle était exténuée.
La jeune elfe continua de courir, cherchant un moyen de remonter à la surface. Au fond du grand boyau qu'elle parcourait elle aperçut une petite salle ronde, avec une échelle en fer qui montait vers la surface. Enfin,  elle y était arrivée, la sortie était juste là !
C'est alors qu'apparut le colosse. Et il n'avait pas l'air d'être de bonne humeur. Pas du tout. Elewë sentit que soit elle le blessait – voir le tuer – soit c'est elle qui y passait. Elle ralentit et déglutit. Cela n'allait pas être une partie de plaisir.
« Alors petit lapin, où coures-tu comme ça ? Crois-tu vraiment pouvoir t'échapper ?
«  Pourquoi pas, j'ai déjà tué un de vos hommes, William je crois, et ce pauvre Joe gît dans une flaque de sang qui s'écoule de son bras. » fit-elle, tentant d'avoir l'air sûr d'elle.
L'elfe ne parut pas surpris.
« Des incapables, voilà ce qu'ils sont. Mais crois-moi, aujourd'hui est le jour où tu vas finir découpé en morceaux, que je jetterais ensuite aux wargs ! On ne me défie pas impunément.
Un frisson parcourut Elewë. Il était plus que sérieux. Elle se força à respirer, prit ses deux épées, et attendit l'offensive. Qui fut plus violente que prévue. L'elfe fit surgir de nulle part une épée gigantesque, qui faisait presque deux fois la taille d'une des épées d'Elewë. Et il chargea.
Le choc des épées l'une contre l'autre fut violent. Elewë compensa la force de l'elfe et de son épée immense en bloquant avec les siennes. Elle tenta de les faire tourner, agrippant la lame entre elles deux afin de la faire voler, mais son opposant résista avec force, et ce fut elle qui vola, atterrissant brutalement contre l'une des parois de terre.
Elle se releva tant bien que mal et attaqua, avec son épée droite visant le ventre, tandis que l'autre était prête à bloquer une éventuelle riposte. Le géant para avec facilité et lança ses attaques les unes après les autres.
Elewë fut bientôt submergée, faisant tournoyer ses épées uniquement pour se défendre, formant un véritable bouclier d'acier qui paraît de tous les côtés. Elle vit bientôt apparaître une répétition dans ses attaques, et au moment où la garde de son adversaire était le moins bien protégée, elle plongea dans l'ouverture, tentant d'atteindre n'importe quelle partie du corps géant de l'elfe.
Elle le fendit d'une balafre au torse, qui ne fit qu'énerver le colosse, et Elewë fut à nouveau dépassée par la situation. Elle se retrouva piégée contre le mur, et résista tant bien que mal aux attaques. Elle s'épuisait de plus en plus. Cet elfe était inhumain, une vraie force de la nature, jamais elle ne réussirait à en venir à bout.
Le découragement pris le dessus, et pendant une fraction de seconde elle laissa une percée dans sa garde, occasion qui fut saisie par le géant. Celui-ci enfonça profondément son épée dans l'épaule gauche de la jeune elfe.
Celle-ci lâcha son arme, s'effondra au sol, sur les genoux, et une douleur aiguë s'installa dans son membre blessé. Des larmes commencèrent à couler. Non, tu ne peux pas perdre, tu ne dois pas perdre. Pour toi, ton rêve, pour Lindir, pour ton père, pour Ninqueloté, pour tous ceux que tu aimes ! La rage fit place au désespoir, le sang pulsait à ses tempes, l'épuisement disparut. Elle voyait parfois en rouge, et sa tête tournait au fur et à mesure qu'elle se vidait de son sang, mais son esprit était clair : elle devait le tuer avant qu'il ne la tue.
Elewë se redressa, toute hésitation disparue. Elle ne voyait plus qu'elle, et le géant. Celui-ci, pris au dépourvu par son changement brusque d'attitude, ne vit pas l'attaque venir, et chancela sous l'impact.
Elewë n'était plus que volonté, détermination. Elle tenta pendant la demi-heure qui suivit de faire tomber son adversaire, mais jamais il ne faisait d'erreur, ou alors compensait par sa stature. La jeune elfe était à présent couverte d'échimoses, de coupures. Le colosse lui s'était pris une entaille sévère à l'épaule, et peinait à bouger son bras comme au début du combat.
La rage d'Elewë retombait, et sa fatigue revenait au galop. Elle se vidait de son sang, et s'affaiblissait. Aucun d'entre eux n'était prêt à céder, chacun se battrait jusqu'à ce que la mort le prenne. Ils se battaient d'égal à égal, et aucun n'avait la force d'achever l'autre. Ce combat était interminable.
Plusieurs minutes, plusieurs heures s'écoulèrent, Elewë n'en sut rien. Elle ne pouvait relâcher son attention, ou c'était la mort assurée. Elle trébucha sur une flaque de sang et n'arriva pas à se relever, épuisée.
C'est la fin, je vais mourir. Je suis incapable de me battre plus longtemps ….
Elewë releva la tête, prête à affronter sa mort. Elle vit alors le géant trébucher puis se redresser rapidement. Il est aussi épuisé que moi, j'ai encore une chance, une dernière chance de l'atteindre.
Un plan se forma dans sa tête : l'elfe croyait qu'elle ne se relèverait plus. Elle allait le surprendre au moment où il s'y attendrait le moins. Elle le laissa s'avancer vers elle. Il était exténué, et son regard trahissait son impatience à en finir, car il savait qu'il ne tiendrait plus longtemps.
Elle mit alors les dernières forces qui lui restait pour faire tourner son épée, et tailler dans les jambes de l'elfe. Il s'effondra, les ligaments et les muscles tranchés, incapable de se relever.
Elewë se redressa tant bien que mal, flageolant sur ses jambes, et se dirigea sans un regard pour le colosse vers l'échelle qui menait à sa liberté. Elle gémit quand elle utilisa son bras gauche, mais se força à continuer de grimper. Au moment où elle allait passer sa tête par l'ouverture, elle se retourna vers le géant.
« Que ce jour reste gravé dans votre mémoire comme celui où vous avez failli tuer l'elfe mystérieux ! ». Elewë aperçut de la rage mêlée à de la douleur dans les yeux de l'elfe, mais aussi du respect. Elle, une si petite et frêle elfe, était venue à bout d'un géant.
Ce fut la vision qu'elle emporta de lui lorsqu'elle sortit des sous-terrains. Elewë respira à pleins poumons l'air frais, puis se mit à quatre pattes, crachant du sang, et s'écroula au sol. Sa tête tournait, et elle peinait à conserver sa lucidité.
Elle redressa sa tête, et regarda autour d'elle. Elle se trouvait dans la région est -ou bien ouest elle ne savait plus- de la cité, celle composée de demeures plus modestes. Elewë aperçut une dame qui passait dans le quartier. Celle-ci s'arrêta, ébahie. Et partie en courant, hurlant à l'aide et au secours.
Quelques minutes plus tard, une troupe de soldats accourut, et Elewë eut juste le temps d'entendre une voix murmurer lui murmurer des paroles avant qu'elle ne sombre.
« Tout va bien princesse, tout va bien. Je suis là.
Lindir
Et elle s'évanouit.


1) si je ne l'ai pas déjà dit, un pied mesure environ 30 centimètres. L'homme fait ici près de 2m10.


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Le Chapitre 13 de ma fic D'arc et d'épée est sorti, n'hésitez pas à regarder ! (:



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MessageSujet: Re: D'arc et d'épée   Mer 7 Mar - 13:04:42

Et voilà mon nouveau chapitre, que j'ai vraiment pris plaisir à écrire ! Very Happy
le prochain arrivera pas tout de suite, j'ai une petite panne d'inspiration ^^
Bonne lecture ! Smile

Révélations



Lorsque Elewë se réveilla, le soleil était déjà bien haut dans le ciel, et toute la cité résonnait des bruits habituels des passants. La jeune elfe se redressa non sans mal dans son lit -son bras gauche la faisait extrêmement souffrir- et essaya de deviner où elle se trouvait.
Elle était située dans une très grande pièce, aux décors épurés et aériens. La lumière du jour passait à travers les cloisons sculptées, et une brise légère vint faire voler quelques mèches de ses cheveux. Elewë était allongée dans un grand lit couvert de tissus blancs et fins. Une commode ainsi qu'un fauteuil venaient compléter la pièce. Elle aperçut un elfe assoupi dans le fauteuil, et en se penchant légèrement, elle vit qu'il s'agissait de Lindir.
« Lindir ! » fit-elle d'une voix un peu faible. Grognement.
« Lindir réveille-toi ! ». Grognement
« Eh tête de warg, debout ! ». Lindir sursauta, regarda d'un air paniqué autour de lui, puis fit semblant d'être frustré lorsqu'il aperçut Elewë.
« Mais ça va pas de me réveiller comme ça, j'aurais pu avoir une attaque !
Les deux amis se mirent à rire de concert. Qu'est ce que ça faisait du bien, après ces derniers jours !
L'elfe se redressa lorsque la jeune fille émit un grognement de douleur, et vint s’asseoir à côté d'elle.
« Ça va ton bras ?
« Aussi bien qu'il puisse se porter après s'être fait planter une épée dedans …
« Selon le Seigneur Elrond, on t'as trouvé à temps, quelques heures de plus et tu aurais pu perdre l'usage de ton bras. Tu étais touchée aux muscles principaux. » Il grimaça « c'était pas très beau à voir » .
Elewë redressa la tête.
« Le Seigneur Elrond est venu me voir ?
Lindir lui sourit
« C'est même qui lui t'as soigné, tu es dans sa salle de guérisseur. Il a un pouvoir de guérison absolument stupéfiant ! Tu n'as presque plus rien si ce n'est cette vilaine blessure qu'il faudra laisser cicatriser.
La panique s'insinua chez Elewë. Elle remarqua qu'elle ne portait plus son foulard.
« A-t-il vu que … je n'étais pas un homme ? »
« Ne t'inquiète pas, il n'a fait que s'occuper de ton bras et dire deux-trois incantations pour tes hématomes et bleus divers. J'ai veillé à garder ton visage caché pendant tout ce temps, même si j'ai eu un peu de mal.
Elewë se relâcha. C'était passé pas très loin pour qu'elle soit découverte.
« Je ne saurais te remercier assez. Heureusement que vous m'avez trouvé, je n'aurais jamais réussie à retrouver mon chemin seule dans cet état. D'ailleurs, comment m'avez vous retrouvée ?
Le sourire de Lindir se fana.
« J'ai compris que quelque chose n'allait pas dès que tu n'es pas revenue du palais. Quand j'y suis allé la Dame Arwen m'a dit t'avoir croisée, mais personne ne semblait t'avoir vu revenir, ou aller quelque part. Je me suis dit que tu avais fait un détour pour aller voir Ninqueloté, mais tu n'y étais pas.
C'est à ce moment là que j'ai réalisé qu'il s'était passé quelque chose. J'ai bien tenté de faire stopper la compétition pour me lancer à ta recherche, mais le Seigneur Elrond a refusé de retarder le départ pour le Royaume d'Arnor, et j'ai été obligé de participer. » Un petit sourire fier vint se peindre sur son visage « et je m'en suis pas si mal sorti !
Mais dès la fin de l'épreuve j'ai supplié le Seigneur Elrond, qui a bien voulu faire quadriller la cité à ta recherche, et nous t'avons retrouvé grâce aux cris d'alerte d'une elfe qui t'avais trouvé à la lisière ouest de Imladris. Ton état étant grave, nous t'avons immédiatement transporté jusqu'à la demeure d'Elrond, qui a chassé tout le monde pour pouvoir te soigner.
Elewë soupira. Ainsi donc le tournoi était terminé, et elle n'avait pas pu participer. Son rêve s'effondrait. Lindir le remarqua :
« Allez, ne t'en fais pas, tu auras sûrement d'autres occasions. De toute façon habille-toi, tout les participants sont convoqués dans l'arène afin que Elrond annonce le classement. » Il sortit de la pièce, et laissa la jeune elfe se changer, puis revint pour l'aider à nouer son foulard, et placer son bras en écharpe.
Elewë pris son épée, sa cape et son arc, et tenta de se redonner un peu de fierté, mais le cœur n'y était pas. Ils sortirent du palais, et se dirigèrent vers les portes de la cité. Tout le monde s'adonnait à son passe-temps habituel, et il y avait foule dans les rues. Nombreuses furent les personnes qui se retournèrent sur son passage pour la dévisager. Cela mit mal à l'aise la jeune elfe, mais elle fit comme si de rien n'était.
Les deux amis atteignirent bientôt l'arène, et Elewë demanda à Lindir s'ils avaient le temps de faire un détour par les écuries. L'elfe acquiesça, et ils se dirigèrent vers les bâtiments. Ninqueloté et Nuruhuinë firent la fête à leurs cavaliers, et cela mis du baume au cœur de la jeune elfe. Quoiqu'il arrive, elle avait toujours sa précieuse amie pour lui remonter le moral.
Ils rejoignirent la pièce où tous les participants étaient regroupés, chacun pariant sur sa place dans le classement et de ses chances de rejoindre l'armée. A leur arrivée, toutes les discutions se turent, et un murmure général se fit entendre :
« L'elfe mystérieux est de retour !
« Regardez, il n'a pas l'air en forme. Qu'est-ce qui a bien pu lui arriver pour qu'il manque la dernière épreuve ?!
Les deux amis les ignorèrent, et entrèrent dans l'arène lorsque le présentateur les appela. Tous les concurrents furent ovationnés, car ils avaient donné un très bon spectacle au public. Le Seigneur Elrond était assis dans sa tribune, entouré de la Dame Arwen, qui adressa un petit sourire à Elewë, et des deux jumeaux. La jeune elfe remarqua que l'un des princes -sûrement Elrohir- la regardait, et elle baissa la tête. Elrond se leva de sa tribune, et demanda le silence. La foule se tut, et tous écoutèrent avec attention ce qu'il avait à dire.
« Amis venus de loin, je vous remercie tous pour votre présence lors de ce tournoi qui fut particulièrement grandiose. Tous ces elfes vous ont exposé leur talent, et nous ont donné un spectacle extraordinaire. Aujourd'hui le tournoi s'achève, et je vais avoir l'honneur de récompenser les plus braves d'entre eux. Les cinquante meilleurs auront le choix de faire partie de l'armée qui apportera son soutien en Arnor. Si vous avez ce choix, réfléchissez-y bien, ce n'est pas un engagement à la légère que je vous demande. Vous devrez pouvoir donner votre vie à n'importe quel instant.
Mais je vais tout d'abord annoncer le classement !
Les participants furent appelés un à un, des moins bon vers les meilleurs, et Elewë sourit lorsqu'elle appris que Lindir s'était classé dans les trente premiers, un excellent résultat. Orodreth se classa premier, ce qui n'étonna guère la jeune elfe, qui soupira. Son meilleur ami et l'elfe qu'elle respectait allaient partir sans elle, qui allait se retrouver seule à Caras Galadhon, avec son père. Supers moments en perspective.
C'est alors qu'une voix monta parmi les concurrents.
« Mon Seigneur, qu'en est-il de l'elfe mystérieux ?! Il s'en est mieux sorti que quiconque !
La foule appuya l'elfe, et bientôt l'arène fut remplie des cris des spectateurs. Elrond demanda à nouveau le silence qu'il peina à avoir. Elewë retint son souffle.
« En effet à cause de son … « absence forcée », le seigneur Elurín n'a malheureusement pas pu participer à la dernière épreuve, et ne peut donc pas être classé.
Un murmure de mécontentement traversa la foule.
« Mais, comme vous avez tous pu le remarquer, il a fait preuve d'une dextérité remarquable, a su analyser chaque situation qui s'imposait, et gagner. L'armée ne peut se passer d'un soldat tel que lui, et j'ai donc le plaisir de vous annoncer que l'elfe mystérieux fera partie de l'armée s'il le souhaite !
La foule hurla son contentement, et beaucoup de concurrents vinrent féliciter Elewë, qui avait du mal à retrouver ses esprits. Elle faisait partie de l'armée ?! Impossible ! Elle chancela sous l'émotion, et Lindir la rattrapa discrètement.
« Ne leurs fais pas regretter d'avoir cru en toit en t'évanouissant encore une fois », lui murmura-t-il malicieusement, « redresse-toi, et montre leur à tous qui tu es !
Les paroles de Lindir firent leur effet, et la jeune fille se redressa, toisant la foule. La Dame Arwen lui adressait un grand sourire, mais son regard exprimait autre chose, comme une requête. C'est alors que Elewë comprit ce qu'elle devait faire. Elle prit sa voix la plus forte, et s’adressa à tous :
« Mon Seigneur, aucuns mots n'existent pour décrire ce que je ressens actuellement. C'est un honneur, et un rêve de toujours qui se réalise maintenant. Mais il me reste une dernière chose à faire. » Elle chercha du regard le soutien d'Arwen, respira, et se lança.
« Mon Seigneur, avant toute chose je voudrais que vous me donniez votre parole, que quoi qu'il arrive, vous ne reviendrez pas sur votre décision.
L'étonnement passa sur le visage d'Elrond, et la foule murmura. Qu'est ce qui pouvait être important au point qu'elle demande la parole du Seigneur ?
« Bien sur, Seigneur Elurín, je ne vois pas pourquoi je reviendrais sur ma décision. Vous avez ma parole d'honneur.
Elewë prit une profonde respiration, regarda Lindir, puis se décida
« Voyez-vous même ... » , et elle retira son foulard, exposant son visage à toute l'arène.
Une dizaine d'anges passèrent, puis la réaction arriva.
« L'elfe mystérieux, une femme ?!!
Elrond et ses fils furent totalement stupéfaits, alors que Arwen rayonnait de joie, bien qu'elle semblait anxieuse des événements à venir. Elewë attendit avec angoisse ce qu'il allait lui arriver.
La foule se mit à hurler, nombreux soutenant cette elfe qui avait bravé l'interdit et qui avait prouvé sa valeur, alors que d'autres la sifflait. Les lois étaient faites pour être respectées !
Le Seigneur Elrond se ressaisit :
« Silence ! » La foule se tut immédiatement. Elrond n'avait pas pour habitude de hausser la voix.
« Seigneur … ou plutôt devrais-je vous appeler Dame, vous avez désobéi à la loi interdisant aux femmes de se battre …
Il fut alors coupé par Arwen, qui semblait être légèrement, mais alors vraiment un chouillat énervée.
« Mais enfin, réfléchissez tous au lieu de faire vos machos ! Qu'est ce qui vous prend ?! Ne vous a-t-elle pas démontré qu'une femme pouvait aussi bien se battre qu'un homme, si ce n'est mieux ?! Ada, il y a une minute à peine vous faisiez des louanges de ses qualités. Vous avez donné votre parole d'honneur, ne la reprenez pas juste parce que votre ego de mâle est blessé, ou pour une stupide loi. Si vous faites cela vous ne méritez plus que l'on vous appelle Sage ou encore Juste, parce que tout ceci serait mensonge. Vous avez accepté que je prenne les armes et que je me batte, pourquoi serais-ce différent pour cette elfe ?!
Elrond parut légèrement perturbé, et ne savait vraiment pas quoi faire.
« Mais tu es ma fille … ce n'est pas la même chose …
« Si c'est exactement la même chose ! Et vous mes frères, vous m'avez loué ses talents de combattant durant la durée du concours, vous émerveillant sur le fait qu'un elfe si frêle puisse être aussi puissant ! Votre avis change-t-il en même temps que son sexe ? Si c'est le cas, aucun de vous n'est digne de succéder à ada !
Et c'est sur ces paroles que l’Étoile du Soir quitta l'arène, laissant planer un grand silence sur l'assemblée, qui n'avait pas l'habitude que leur douce princesse s'énerve. Lindir de son côté semblait bien s'amuser de la situation, tandis qu'Elewë avait à nouveau la tête qui lui tournait. Trop d'émotions en même temps, je ne sais pas si je vais tenir bien longtemps. Son ami l'agrippa aux épaules, la tenant fermement.
« Tu as vu le bordel que t'as foutu, franchement, félicitations, je ne me suis jamais autant amusé de toute ma vie ! » fit-il en riant.
« Heureuse que ça t'amuse autant, mais pour ma part je suis juste un tout petit peu angoissée par rapport ce qui va m'arriver. » Elle osa alors lever les yeux vers la tribune, et affronta le regard d'Elrond et des jumeaux princiers. Chez le premier, elle aperçut le doute et la perturbation face au discours de sa fille, et chez les deux autres une immense surprise ainsi qu'un certain respect.
Tout n'est peut-être pas perdu, j'ai encore une chance, essaya-t-elle de se convaincre.
Elrond se ressaisit, et annonça à la foule :
« Je vais réfléchir au problème, je suis dans l'incapacité immédiate de donner mon jugement. Que les cinquante meilleurs qui souhaitent faire partie de l'armée s'adressent à la tente des inscriptions. Si jamais des places sont disponibles, je ferais appel aux suivants volontaires par ordre de classement. Sur-ce, je vous souhaite une bonne fin de journée à tous. » Et il se retira, non sans jeter un dernier regard à Elewë.
Mais dans quel pétrin me suis-je encoure fourrée ?! A croire que je ne suis forte qu'à ça …
Lindir l'attrapa par le bras encore valide, et la tira vers la sortie avant que la foule ne l'envahisse.
«  Rabats ta capuche, il serait plus prudent qu'on ne te reconnaisse pas, on ne sait jamais.
Elle acquiesça, et ils sortirent précipitamment de l'arène. Alors qu'ils se dirigeaient vers les quartiers résidentiels des concurrents, une silhouette surgit d'un renfoncement, et l’Étoile du Soir se tint devant eux. Elewë se détendit, agréablement surprise de revoir son amie. Ce fut tout autre pour Lindir, qui contrairement à Elewë, ne l'avait jamais rencontré.
Celle-ci fronça les sourcils lorsqu'elle vit son ami se figer, comme stupéfait, et elle se souvint qu'en tant que femme il était normal qu'elle ne succombe pas aux charmes d'Arwen, contrairement à Lindir qui ne semblait plus trop maîtriser ses pensées. Qu'est-ce qu'il paraissait pathétique, ça l'énervait de le voir agir comme ça.
Elle détourna son regard, et se concentra sur l'elfe en face d'elle-même
« Arwen, je ne saurais vous remercier assez pour ce que vous venez de faire. Sans vous, je serais sûrement bannie de la cité, ou pire, en prison …
La magnifique elfe sourit
« Je n'ai pas fait grand chose, cela faisait longtemps que j'avais envie de dire à voix haute ce que je ressentais. Et puis ada n'aurais jamais fait cela, il a trop de respect pour vous.
« Peut-être, mais désormais j'ai une chance de réaliser mon rêve … » sa voix flancha « êtes-vous sure qu'il ne reviendra pas sur sa décision …  ?
« Je n'en sais rien, mais j'espère vraiment que mes paroles auront eu l'effet souhaité …
Elewë allait répliquer lorsque deux elfes sortirent de derrière l'arène, marchant vers eux. La jeune elfe reconnut les jumeaux princiers, et elle commença à angoisser. C'était la première fois qu'elle reparlait directement au prince Elrohir qu'elle avait percuté dans l'écurie quelques jours auparavant, et le fait d'avoir dévoilé son identité n'était pas pour l'apaiser.
« Mes frères, que venez vous faire ici ? Ne devriez-vous pas être ada ?
Un des jumeaux, Elewë n'arriva pas à distinguer lequel, sourit
« Salut à toi petite sœur. Notre père semble légèrement bouleversé par la bombe que tu viens de lâcher sur lui et ce devant tout la cité, et il ne semble pas avoir besoin de notre avis pour l'instant.
« Nous sommes venus saluer notre grande guerrière qui a affronté si vaillamment notre père. » Répondit le second en se tournant vers Elewë.
« Je suppose que vous ne vous nommez pas vraiment Elurín , Dame … ?
La jeune elfe reconnut le prince Elrohir, et elle fut perturbé par l'étrange façon dont il la regardait à présent.
« Elewë . » répondit Lindir à sa place, « et je me nomme Lindir. Je suis son meilleur ami », dit-il d'une voix plus grave et menaçante que d'habitude.
Elrohir ne sembla pas remarquer le ton sévère que prit son ami, et dit à Elewë avec un sourire  :
« Mes hommages, Dame Elewë, nous n'avions pas vraiment eu l'occasion de nous présenter depuis que nous nous sommes … aperçus dans les écuries il y a quelques jours. » fit-il en esquissant une petite révérence. Elewë se sentit rougir devant tant de démonstration pour la pauvre elfe qu'elle était, et son sentiment de mal à l'aise ne s'arrangea pas lorsqu'elle vit le regard interrogateur de Lindir. Ah, oui elle avait oublié de lui parler de la bousculade …
Elladan prit la parole
« Voyons cher frère, cesse donc, tu vois bien que tu la mets mal à l'aise. » Il se tourna vers Elewë « Mon frère et moi étions aussi venu vous voir pour savoir …
« Si cela vous intéressait …
« De visiter la cité à nos côtés, car …
« Il y a sûrement de nombreux endroits que …
« Vous n'avez pas du découvrir. » Finit Elladan en souriant. Elewë fut extrêmement surprise, et amusée. Elle avait l'impression que les princes ne s'étaient pas rendus compte du fait de s'être complétés dans leurs paroles. Peut-être étais-ce normal. Elle allait répondre lorsque Arwen s'interposa.
« Mais quand cesserez-vous de parler de cette façon ?! Cela fait plusieurs siècles que je me tanne à vous le faire comprendre, c'est vraiment agaçant ! Et puis de toute façon Elewë doit être fatiguée, n'oubliez pas qu'hier encore elle était enfermée et à la frontière de la mort. «  Dit-elle un peu sèchement. Elewë vit Lindir acquiescer d'un signe de tête. Il n'avait pas l'air de très bonne humeur.
« Ne te braque pas comme ça, nous n'allons pas manger ta petite protégée » répondit Elrohir en riant. « Allez viens Elladan, je pense que ada a du se remettre de ses émotions.
Il fit un clin d’œil à Elewë, hocha la tête sèchement en passant devant Lindir -qui lui rendit au passage un magnifique regard noir- puis se dirigea vers le nord, suivi de son frère.
Arwen soupira.
« Ils ont beau avoir cent-dix ans de plus que moi (1), j'ai parfois l'impression d'être l’aînée …
Elewë se reprit, et lui sourit
« Je les ais trouvés surprenant mais amusant à se compléter de cette façon. Je peux comprendre qu'à force ce soit … pénible. » Fit-elle en riant. « Encore merci pour tout ce que vous avez fait pour moi. Comme vous l'avez fait remarquer il y a quelques instants, je commence déjà à fatiguer, je vais me retirer. » Elle la salua « passez une bonne journée Arwen.
« Vous de même mes amis. » Elle leur sourit, et au grand bonheur d'Elewë cette fois-ci Lindir ne réagit pas.
« Tu viens Lindir ? » lui demanda-t-elle en souriant, tentant de faire sortir son ami de sa sombre humeur -dont elle n'arrivait pas à cerner la raison.
Il grommela, et lui emboîta le pas. Tout le trajet du retour fut placé sous silence, que la jeune elfe trouva plutôt étouffant. Ce n'est qu'une fois arrivés dans leur chambre que son ami desserra les dents.
« Alors comme ça tu avais déjà croisé le prince avant aujourd'hui, et tu ne me l'as même pas dit ? » fit-il, agressivement. Elewë se sentit gênée d'avoir oublier de mentionner ce détail.
« Je suis désolée, j'étais passée voir Ninqueloté, et j'étais trop excitée par l'épreuve qui se déroulait quelques heures après pour me souvenir de te parler de ce détail …
« Ce détail ? » lui répondit-il en haussant la voix « Depuis quand est-ce un détail de croiser le prince royal dans les écuries de la cité ?! D'ailleurs que s'est-il passé ? Il ne l'a pas mentionné précisément.
L'énervement commençait à s'insinuer chez Elewë. Pour qui se prenait-il à vouloir tout savoir de sa vie ?!
« Nous nous sommes percutés par accident, car il était pressé et ne regardait pas où il allait. Et je ne savais même pas qui il était, je ne l'ai réalisé que lorsque je l'ai vu dans l'arène avec toi pour la première fois ! Cela me paraissait inintéressant de t'en parler ! » Le ton commençait à grimper de son côté également.
« En tout cas lui semble très bien se souvenir de ce qui s'est passé. Et son regard n'était pas juste rempli d'admiration pour tes exploits guerriers et de ta vaillance »
Ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase. La façon dont il accentua ce dernier mot la blessa profondément, et la mit hors d'elle.
« Mais qui es-tu pour pouvoir juger et régir ma vie comme il te plaît ? En quoi cela te concerne-t-il de savoir comment un prince s'adresse à moi ?! Tu devrais être content pour moi vu la façon dont je m'en sors, et du fait que j'ai le soutien de trois des quatre membres royaux. Et puis les deux princes ne m'ont pas regardé de manière spéciale, cesse de te faire des idées ! Je ne te reconnais plus Lindir !
Son ami leva les yeux vers le ciel, et siffla ces derniers mots
« Es-tu vraiment aussi naïve au point de croire qu'ils soient venus, ou tout du moins le prince Elrohir, uniquement pour te féliciter ? Tu me fais pitié.
Il n'eut pas fini ces mots qu'il reçut un violent coup de poing dans le visage, et qu'il chancela sous la force et la colère qu'avait mis Elewë dans son coup. Celle-ci empoigna sa cape, et se dirigea vers la porte.
« En espérant que quand je reviendrais tu auras repris tes esprits.
Et elle sortit en trombe, laissant Lindir affalé sur un des lits, se massant le visage là où elle l'avait frappé, complètement abasourdi.



(1) véridique, j'ai vérifié ça moi-même ^^

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Le Chapitre 13 de ma fic D'arc et d'épée est sorti, n'hésitez pas à regarder ! (:



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MessageSujet: Re: D'arc et d'épée   Ven 16 Mar - 10:48:56

La décision


Elewë parcourut rapidement les couloirs, plongée dans ses pensées coléreuses, réagissant violemment au choc qu'elle venait de subir. Elle atteignit bientôt le hall d'entrée et sortit en hâte. Elewë ressentait le besoin pressant de sortir, de respirer de l'air frais, et de faire le point sur la situation.

Cette dispute l'avait bouleversée : c'était la première fois que Lindir et elle se brouillaient. Leur amitié était une telle osmose que jamais ils n'avaient haussé la voix entre eux, ou s'étaient énervés. Elewë ne savait pas comment réagir, et se demanda même si elle n'avait pas été trop dure avec son ami. Mais ses mots blessants lui revinrent en mémoire, et son hésitation fut chassée. Non, elle n'avait rien à se reprocher, tout était la faute de Lindir. Mais pourquoi avait-il réagi de cette façon ?! La jeune elfe secoua la tête, complètement perdue.

Alors qu'elle était plongée dans ses pensées, l'estomac d'Elewë la ramena à la réalité, et elle se dirigea vers les auberges de la cité. Elle acheta un pain de lembas ainsi qu'un panier de fruits, et se dirigea vers les hauteurs de Imladris, cherchant un peu de calme, désireuse d'échapper à l’atmosphère étouffante des rues commerçantes.

Elewë s'arrêta à une des nombreuses terrasses, s'assit sur un banc, et entreprit de dévorer son repas en contemplant la cité qui s'étendait sous ses yeux. Le gazouillis des oiseaux lui parvint, atténué par la légère brise qui soufflait, faisant voler quelques mèches de sa chevelure brune. Elewë huma l'air avec joie. Qu'il était agréable de pouvoir enfin percevoir toutes les odeurs, les parfums qui emplissaient l'air. La jeune elfe ne regrettait nullement son foulard. Une délicieuse odeur de lembas chaud monta jusqu'à elle, et elle mordit à pleine dent dans son pain. Un frisson de plaisir la parcourut. Qu'il était apaisant d'être assise ici, de juste contempler la beauté des lieux, et de se laisser aller.

Sa rancœur et sa tristesse s'étaient envolés en même temps que le vent soufflait ses embruns, la délivrant de ses tourments. Pour la première fois depuis longtemps Elewë se sentit libre et heureuse. Ses pensées dérivèrent vers son père resté à Caras Galdhon, se demandant probablement où étais passée son unique fille. Le cœur de la jeune elfe se serra. Elle ne l'avait pas prévenu de son départ, anxieuse de la réaction qu'il aurait pu avoir, préférant le laisser dans l'ignorance. Elle se dit qu'elle aurait peut-être dû, que peut-être il l'aurait encouragé, peut-être il l'aurait accompagnée. Au fond d'elle Elewë était encore chagrinée de l'abandon de son père, même après mille six-cent ans d'existence. Elle soupira.

Les derniers événement revinrent en mémoire à la jeune elfe, la dispute avec Lindir lui ayant presque fait oublier la décision que le Seigneur Elrond devait lui apporter. Elewë espéra de tout son cœur que celui-ci pardonnerait son affront, et verrait outre son statut de femme, la combattante intrépide qu'elle était, prête à donner sa vie pour son pays, son peuple, ses amis. Une larme coula sur sa joue, qu'elle essuya rapidement. Quoiqu'il arrive, elle devait être forte.

Elewë resta là assise quelques heures à contempler la vue, les nuages et les formes défilant devant ses yeux. Bientôt la quiétude des lieux l'apaisa au plus profond de son être, et elle se dit que les Elfes d'Imladris avaient vraiment de la chance de vivre ici. Un mouvement capta son attention, et elle tourna la tête dans sa direction.

Quelques terrasses plus loin les jumeaux princiers sortaient d'une demeure, discutant avec entrain. Ils regardaient autour d'eux et l'un des jumeaux l'aperçut -elle ne sut dire lequel avec la distance. Le second tourna la tête vers elle, adressa quelques mots à son frère, et se dirigea vers Elewë, tandis que l'autre s'éloignait dans la direction opposée.

Elewë attendit que l'elfe fut à sa hauteur pour relever les yeux. Sauf si elle se trompait, il s'agissait d'Elrohir. Elle ne sut comment elle pouvait faire la distinction, cela lui semblait naturel. Le prince de la cité s'assit à ses côtés, sans un mot, et contempla à son tour Imladris. Au bout de quelques minutes il prit finalement la parole :

« Je viens ici à chaque fois que je souhaite me détendre, oublier les tourments du quotidien. Cette vue est tellement apaisante …

Elewë acquiesça intérieurement. L'elfe se tourna vers elle

«  Mon frère et moi venons de sortir de notre entretien avec père ... » La jeune elfe retint son souffle « … et ce sera à vous de découvrir la réponse ! » fit-il d'un air malicieux. Elewë crut voir le même regard que Lindir avait lorsqu'il avait fait une blague ou qu'il était fier de lui. Elle soupira.
« C'est très aimable à vous, majesté, d'être venu me voir juste pour me dire cela » lui répondit-elle, un brin sarcastique « alors que je meurs d'angoisse de connaître le sort qui m'attend. Tout ce que vous trouvez de mieux à faire est de me mettre encore plus de pression en vous en réjouissant !

Elrohir fronça les sourcils, étonné de la réaction de la jeune elfe. Il n'avait voulu que plaisanter.

« Pourquoi réagissez-vous comme cela, je n'ai pas voulu vous froisser. Votre réaction est disproportionnée. Vous êtes sûre que tout va bien ? Est-ce que cela aurait un rapport avec votre ami, comment s'appelle-t-il déjà ? … ah oui, Lindir ? » demanda-t-il un sourire aux lèvres à la pensée que cet elfe qui lui avait adressé la parole aussi présomptueusement se soit brouillé avec son interlocutrice. Il ne savait pourquoi mais cet elfe lui était antipathique.

Elewë dut le sentir, car elle se leva du banc, et répliqua vertement :

« Ce qui se passe entre Lindir et moi ne vous regarde pas, vous en avez déjà fait assez comme cela ! Et si cela vous amuse autant de jouer avec le malheur des autres mieux vaut pour vous que vous restiez auprès de votre frère !

Et elle s'en alla, laissant un Elrohir quelque peu surpris devant sa violente réaction, et qui se demanda pour la énième fois pourquoi il avait encore fallu qu'il plaisante sur des sujets sérieux. Ada lui avait dit qu'il fallait qu'il cesse d'agir comme s'il était encore un jeune elfe écervelé qui passait son temps à enchaîner les pitreries avec son jumeau. Il soupira. Il allait lui falloir s'excuser auprès de la jeune elfe, bien que techniquement elle s'était adressée à lui de façon assez peu respectueuse de son rang, et il n'avait pas à le faire. Une pensée fugace passa : si elle avait réagit de cette manière à sa plaisanterie, c'est qu'il avait probablement visé juste. Les deux amis devaient s'être querellés. Au fond de lui Elrohir se sentit satisfait de cette situation, sans qu'il ne sache pourquoi. Il haussa les épaules. En quoi une querelle entre deux elfes anodins pouvait bien l'intéresser, et pourquoi se souciait-il tant de ce que pouvait penser cette elfe ? Il se leva, et se dirigea dans la direction qu'avait pris Elladan.

***


Elewë se retrouvait à présent dans la même situation que quelques heures auparavant : en colère. Ce n'était pas à son habitude, et cela la gêna. A cause de celle-ci elle avait totalement oublié à qui elle s'adressait, et avait parlé au prince très familièrement, pour ne pas dire grossièrement. La jeune elfe se sentit particulièrement naïve d'avoir cru que le prince serait différent des autres elfes. Pendant un instant elle avait senti quelque chose de spécial chez Elrohir, mais cette impression s'était envolée au moment même où il se jouait d'elle. Elewë regretta alors de s'être disputée avec Lindir à propos d'une personne qui n'en valait pas la peine, mais encore plus d'avoir été aussi incorrecte envers un membre royal, qui vue les pouvoirs dont il disposait pouvait agir comme il lui semblait avec elle. La honte, le regret et la tristesse la prirent au corps, et elle se dirigea vers l'habitation où elle et son ami partageaient leur chambre.

Elewë n'eut pas franchis d'un pas le seuil de la porte que quelque chose la percuta, et elle se trouva prise en étau entre deux bras musclés. Elle grimaça tandis que son bras en écharpe se faisait gentiment écrabouiller. La jeune elfe colla sa tête contre le torse de Lindir et se surprit à verser quelques larmes. Mais qu'avait-elle donc ses derniers temps, elle ne reconnaissait plus la forte et fière elfe qu'elle était ! Elewë ravala ses larmes et se décolla de son ami. Celui-ci souriait faiblement, et la jeune elfe pinça les lèvres lorsqu'elle aperçu le bleu qui s'étalait sur sa joue. Elle ne l'avait pas loupé. Mais il l'a cherché, se rassura-t-elle pour faire passer sa gêne. Elle lui sourit timidement.

« Elewë, si tu savais à quel point je suis désolé ...  » Elewë ne lui laissa pas le temps de continuer.
« Je suis aussi fautive que toi Lindir, tu n'as pas à t'excuser.

La situation était tellement étrange pour chacun qu'ils restèrent silencieux quelques instants. Enfin Lindir se ressaisit, un sourire plus franc sur le visage. Il grimaça lorsque son bleu se rappela à lui, et Elewë ne put s'empêcher de rire. Son ami la suivit -difficilement- dans son fou rire, et quelques minutes plus tard ils se redressaient, essoufflés.

« Je suis désolée pour le coup, ça m'est venu sans réfléchir ...  » fit-elle, un peu honteuse
« Non tu as eu raison, c'était la seule façon de me faire comprendre que j'allais trop loin.
« Quand-même, je ne t'ai pas loupé ...

Il lui sourit, malicieusement.
« On aura qu'à dire que ce sont des blessures de guerre !
La bonne humeur de son ami était contagieuse, et Elewë oublia tout ce qui s'était passé auparavant. Ils partirent bras-dessus, bras-dessous, heureux de s'être retrouvés.

***


Lorsque Elewë se réveilla le lendemain matin, le soleil commençait à emplir la pièce de doux reflets chatoyants qui volaient sur les murs. Elle sentit un vent frais faire onduler ses draps, et elle s’emmitoufla dedans. Alors que la jeune elfe se rendormait, Lindir débarqua en trombe dans la pièce. La première réaction d'Elewë fut de paraître choquée devant le fait que son ami soit debout avant elle, mais elle s'arrêta en voyant que celui-ci haletait et paraissait troublé.

« Elewë, Elrond veux te voir, maintenant !  » Il insista tellement sur le dernier mot qu'il finit de réveiller la jeune fille, qui se rua hors de son lit, se précipitant vers ses vêtements. Lindir se détourna pendant qu'elle s'habillait, sans protester, ce qui n'était pas à son habitude.
« A-t-il laissé deviner quelque chose ? ...  » demanda-t-elle, anxieuse, en sautant sur un pied pour enfiler ses bottes.
« Ce n'est pas lui qui m'a demandé d'aller te chercher, mais un de ses fils, au diable lequel ! Son visage était dur et sans émotions, je ne sais pas ce que ça peut laisser présager !
« Dans ce cas, il n'y a pas une minute à perdre ! » fit-elle pendant qu'elle tentait de discipliner ses cheveux. Elle était suffisamment dans une situation délicate, il ne fallait pas en plus qu'elle paraisse négligée ! Elewë attrapa sa cape et son épée, les accrocha à la hâte, et suivit en courant son ami qui sortait de la chambre.

Ils dévalèrent à toute vitesse les escaliers, filèrent sous les yeux ahuris de quelques elfes matinaux, et se ruèrent à l'extérieur du grand hall. La clarté du soleil les aveugla momentanément, et ils se dirigèrent à l'aveuglette en direction du palais royal.

Ils coururent le long des couloirs, manquant de renverser des gardes, et s'arrêtèrent devant les portes closes menant à la salle du trône. Elewë se plia en deux, tentant de reprendre son souffle, priant pour que les tambourinements de son cœur cessent. Au bout de quelques minutes elle se redressa, rajusta sa tenue et jeta un dernier regard à Lindir. L'encouragement et le soutien qu'elle vit dans ses yeux lui donna du courage, elle prit une profonde respiration, et se fit annoncer aux gardes. Ceux-ci ouvrirent en grand les portes, et la jeune elfe s’avança.

La salle lui paraissait désormais immense maintenant qu'elle savait que son destin se jouerait ici. Elewë ne prêta pas attention aux quelques elfes qui la dévisageaient, ni mêmes aux décor, son cerveau concentré sur la simple tâche de marcher droit, et si possible de ne pas s'étaler sur le sol.

Elewë décolla enfin les yeux de ses pieds lorsqu'elle arriva devant le trône, et s'inclina. Le Seigneur Elrond la dévisageait, ne laissant paraître aucune émotion sur son visage. La jeune elfe remarqua que les jumeaux étaient une fois de plus présents auprès de leur père. Elle n'adressa même pas un regard à Elrohir, encore fâchée de leur discussion de la veille, honteuse de sa réaction, et n'avait pas envie de savoir comment le prince la considérait désormais. Elewë eut le temps de voir un air de regret passer sur le visage du prince, tandis que son jumeau se retenait de ne pas sourire -mais de façon peu efficace, il fallait bien le dire.

La jeune elfe dirigea son regard vers le Seigneur de la Dernière Maison Simple, et attendit avec angoisse ses paroles, qui ne tardèrent pas.

« Seigneur Elurín, elfe mystérieux, ou bien dame Elewë, quel que soit votre nom, en participant à ce tournoi sous des traits masculins, malgré l'interdiction formelle de ne pouvoir y prendre part, vous avez désobéi aux lois du peuple elfique …

Elewë courba la tête, bouleversée par la dureté et la justesse de ces paroles.

« En me demandant ma parole vous m'avez trompé afin d'échapper aux conséquences de vos actes. Comme me l'a si bien fait remarquer ma fille hier, devant toute la cité  »dit-il quelque peu vexé d'avoir été remis en place par sa propre fille devant son peuple, « je ne peux retirer cette promesse que je vous ait faites de mon gré, ce serait indigne de mon statut.  » Un léger sourire naquit sur son visage. « Et je peux aisément vous confier que ma décision ne fut ni longue ni compliquée à prendre, au vue de vos indéniables talents …

Le cœur d'Elewë s'arrêta quelques instants de battre, le cerveau de la jeune elfe peinant à comprendre la nouvelle qui lui parvenait.

« Vous voulez dire que …
Le sourire d'Elrond s'élargit.
« Oui, malgré tous ces événements, vous avez mérité votre place au sein de notre armée Elewë, bienvenue dans nos rangs ! Mais ne pensez pas favoriser d'un traitement de faveur, vous serez un soldat comme les autres, et le fait d'être une femme ne sera pas pour vous avantager …

C'en fut trop pour Elewë qui chancela, le sol tournant décidément bien trop vite à son goût. Lindir la rattrapa juste à temps, et elle aperçut l'un des jumeaux -elle ne sut dire lequel, son cerveau trop embrouillé pour l'instant- réagir en se précipitant vers elle. La jeune elfe n'arrivait pas à aligner ses pensées correctement, mais tout ce qu'elle savait, c'est que son rêve allait devenir réalité. Elle réussit à prononcer un seul mot :

« Merci …

Elle pensa une nouvelle fois qu'elle était bien trop faible et qu'il fallait qu'elle se ressaisisse. Mais l'émotion accumulée avec la fatigue des derniers jours et sa blessure vinrent à bout de sa détermination, et elle s'effondra.

***


Cette fois-ci lorsqu'elle se réveilla, Elewë reconnut la salle de guérison du palais, où elle avait eu déjà l'occasion de séjourner quelques jours auparavant. Elle pesta intérieurement : il ne fallait pas que cela devienne une habitude ! La jeune elfe se redressa, et laissa ses yeux d'elfes s'acclimater à la lumière plus poussée de l'astre solaire qui poursuivait sa course dans le ciel azur. Selon son estimation -et les bruits désespérants que faisait son ventre-, il devait être aux alentours de midi.

Elewë balaya la pièce du regard, et aperçut une silhouette sur la terrasse. Elle sortit de son lit, enfila une tunique posée dessus, et se dirigea à pas silencieux vers l'elfe. Elle s'attendit à trouver Lindir, mais quelle ne fut pas sa surprise de se retrouver nez-à-nez avec … Elladan ! Le prince se retourna, et fut étonné de la voir se tenir devant lui.

« Elewë, que faites-vous debout ?! Vous êtes encore trop faible ! Laissez-moi vous raccompagner à votre lit.
« Je me porte bien et je n'ai besoin de l'aide de personne, merci. » lui répondit-elle un peu durement, blessée dans son amour propre. L'elfe dut le remarquer car il lui sourit malicieusement.
« Voyons, ne prenez pas la mouche pour si peu. Après tout, vous vous êtes juste évanouie devant mon père, mon frère -qui a bien inutilement tenté de vous rattraper-, votre ami et les quelques elfes présents à ce moment.

Elewë se prit la tête entre les mains. Mais qu'avait-elle bien fait pour se ridiculiser à ce point ?! Ilúvatar (1) avait décidément un humour bien particulier pour qu'elle ait autant de malchance ! Mais le prince ne semblait pas décider à s'arrêter là dans la démolition de l'honneur de la jeune elfe.

« Si vous aviez vu la tête de votre ami, il semblait quelque peu … blasé, comme s'il avait l'habitude de vous rattraper. » fit-il, tentant de garder tout son sérieux possible. « Je ne m'attendais pas à ce qu'une combattante si forte puisse être à la fois si frêle.

Le prince rit en voyant la mine déconfite de la jeune elfe, et celle-ci se dit que les princes jumeaux et Lindir étaient pareils : des crétins avec des sérieux problèmes d’ego et un humour quelque peu douteux qu'il utilisaient à loisir afin de rabaisser joyeusement les pauvres elfes innocents ayant le malheur de croiser un tant soit peu leur chemin. Elewë plaignit mentalement Arwen, qui douce comme elle l'était -quoique récemment pas si douce que cela- ne devait pas beaucoup rendre la pareille à ses frères, et subir leurs blagues intempestives.

Elladan dut se rendre compte du regard noir que lui jetait Elewë, car il cessa de rigoler -même si les commissures de ses lèvres tressautaient parfois- et dit du ton le plus sérieux possible :
« Vu votre peu d'enclin à mon délicieux humour, je vous conseillerais de vous habiller rapidement -il désigna un tas de vêtements sur une chaise- et de rejoindre votre ami qui doit déjà être en train de préparer vos affaires pour le départ de cet après-midi.

Elewë ouvrit grand les yeux. Avec tout ce qui s'était passé, elle ne s'était pas rendu compte qu'aujourd'hui était le jour de départ de l'armée ! Elladan rit devant son air paniqué, fit une petite courbette, et s'en alla, laissant seule la jeune elfe avec son incrédulité.

***


Elewë se redressa, essayant de paraître digne sur la selle de Ninqueloté. Elle rajusta son arc et son carquois sur son épaule, et regarda autour d'elle. Lindir lui sourit, et elle le lui rendit. Autour d'elle près de deux-cent elfes étaient montés sur leurs chevaux, attendant l'ordre de démarrer. La jeune elfe distingua rapidement les quarante-huit autres elfes sélectionnés lors du tournoi, et aperçut avec joie le seigneur Orodreth, qui lui adressa lui aussi un sourire.

Le soleil commençait à redescendre dans le ciel, la luminosité ayant un peu décliné depuis le réveil d'Elewë. En quelques heures seulement les cent-cinquante soldats de métier s'étaient regroupés dans une discipline absolument remarquable, formés par les nombreux entraînements et missions qu'ils avaient vécus. Chacun portait l'emblème de la cité -une feuille d'atelas verte et argent brodée sur le tapis de selle de leur monture ainsi que sur le dos de leur cape-, et une impression de rigueur absolue se détachait de leurs visages neutres.

Les troupes d'Imladris seraient rejointes en chemin par celle de la Forêt d'Or -les casernes dont faisait partie Lindir sélectionnant leurs meilleurs soldats pour l'expédition- et de la Forêt Noire, Royaume du Seigneur Thranduil. Elewë avait appris de Lindir que le roi en personne ne pouvait se déplacer, mais qu'il avait envoyé son fils, le prince Legolas Vertefeuille, et son meilleur général pour diriger ses troupes. Elle avait été aussi profondément surprise d'apprendre que les jumeaux princiers prendraient eux-même part à l'expédition, et que l'illustre capitaine de la cité, le Seigneur Glorfindel en personne, mènerait les soldats à leurs côtés.

Que de gens illustres se joignaient à cette expédition, et Elewë se demanda encore une fois ce qu'elle faisait au milieu de ces beaux gens. Un autre sourire de Lindir la rassura, comme s'il avait pu lire dans ses yeux son doute.

Elewë se tourna vers l'entrée de la cité, fixant les jumeaux et le capitaine arrêtés au premier rang. Le Seigneur Elrond discutait avec eux des derniers détails du voyage. Il venait de terminer son discours souhaitant bonne chance aux soldats, et la jeune elfe le vit serrer fermement la main de chacun de ses fils, angoissé de leur départ. Il dut se ressaisir lorsque l’Étoile du Soir accourut, faisant flotter derrière elle les étoffes de la superbe robe qu'elle avait vêtu pour l'occasion. Elewë vit la magnifique elfe pleurer en adressant ses adieux à ses frères.

Au bout de quelques minutes, L'Undómiel se dirigea vers elle, et saisit sa main.
« Qu'Ilúvatar vous protège, puissiez-vous rentrer de cette bataille. Prenez soin de vous mon amie.
Une larme échappa à Elewë, qui lui sourit faiblement.
« Je ferais mon possible …
« Et gardez bien un œil sur mes frères, ils sont si imprévisibles et insouciants parfois. », fit-elle mi-triste, mi-amusée.
« Les deux ! » lui répondit Lindir en riant.

Les deux amies se séparèrent lorsque le cor de la cité retentit. La troupe se mit lentement en marche, et Elewë jeta un dernier regard à la cité : aurait-elle un jour l'occasion de revenir ici ? Elle l'espérait de tout son cœur. C'est sur cette triste pensée qu'elle mit en avant Ninqueloté, marchant fermement vers son destin.

(1) Ilúvatar est un peu comme le Dieu de la bible : il est « L'Etre Unique et Incréé, Celui par Qui Tout fut Fait » Wink


Alooooooors qu'en avez-vous pensé ? Je dois avouer que j'ai eu beaucoup de mal à commencer ce chapitre, mais je suis assez contente du final.

Encore merci de me suivre ! Very Happy

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Le Chapitre 13 de ma fic D'arc et d'épée est sorti, n'hésitez pas à regarder ! (:



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MessageSujet: Re: D'arc et d'épée   Ven 23 Mar - 17:06:12

Déjà 10 chapitres ! Je m'hallucine moi-même ! J'ai publié 6 chapitre depuis janvier ! O.O J'espère que mon imagination ne se tarira pas tout de suite ^^
Afin de mieux vous repérer vu le nombre de sites géographiques que je cite, je vous encourage à jeter un coup d’œil à ces cartes pendant votre lecture pour faciliter votre compréhension ^^

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Faire ses preuves


Cela faisait maintenant plusieurs heures que l'armée avançait. Les cavaliers chevauchaient rapidement, alternant des temps de galop avec des longs moments de pas afin de ménager leurs montures. Ils avaient franchi il y a de cela trois heures le Gué de Bruinen, et suivaient à présent la Grande Route de l'Est qui reliait Imladris à la Comté, Terre des hobbits. Leur route devrait les conduire jusqu'à Bree, en passant par la Tour de Garde d'Amon Sûl, puis ils remonteraient vers le Nord La Grande Route où ils rejoindraient leur destination finale : Fornost. Ils attendraient en chemin les Elfes des autres Royaumes. Elewë calcula rapidement la durée du trajet, et jugea qu'elle devrait durait environ deux semaines s'ils continuaient à ce rythme, peut-être trois en comptant d'éventuels imprévus et l'attente des Elfes.

Suivant la colonne, Elewë mit Ninqueloté au pas, et ses pensées se tournèrent vers l'Arnor. lle essaya de se remémorer de qu'elle savait de ce Royaume : lors de la chute de Nùmenor, Elendil s'échappa avec ses hommes restés fidèles à la cité, et à bord de neuf navires contenant les sept Pierres de Visions, fit voile vers la Terre du Milieu. Il débarqua au Nord en 3320 du Second Age, et s'installa avec ses deux fils, Isildur et Anárion. Elendil fonda alors deux Royaumes sur la Terre du Milieu : l'Arnor, sur lequel il régna de nombreuses années, et au Sud le Gondor, sur lequel ses deux fils régnèrent ensemble sous son égide.

Elendil régna en Arnor près de cent ans, puis prit part à la Guerre de la Dernière Alliance où lui et Anárion périrent. La participation de l'Arnor à cette guerre décima en grande partie les Dúnedain du Royaume, et celui-ci ne fut peuplé que par un faible nombre d'Hommes, vivant principalement dans les grandes cités telles que Fornost ou Bree. A la mort d'Eärendur, dixième roi d'Arnor, en l'an 861 du Troisième Âge, le royaume fut partagé en trois : le Rhudaur, le Cardolan et l'Arthedain.

Les descendants d'Isildur régnèrent sans interruption sur l'Arthedain, tandis que des Hommes moindres prirent le pouvoir des deux autres. Les trois Royaumes s'affrontèrent à de nombreuses reprises, notamment pour la possession d'Amon Sûl et du Palantír qui y était conservé. Les Royaumes tombèrent un à un au fil des siècles sous les attaques répétées de l'Angmar, dirigé par le plus fidèle serviteur de Sauron : le Roi Sorcier.

L'Arthedain, dernier Royaume Libre, était tombé il y a de cela quelques mois, et la cité de Fornost était passée sous la coupe du Roi Sorcier, les derniers Dúnedains forcés de s'exiler, devenant des Rôdeurs, sans Royaume et sans chef pour les diriger. Les Elfes étaient chargés de reprendre Fornost, et de libérer l'Arnor du joug de l'Angmar. La mission s’avérait difficile, mais Elewë avait foi en son peuple, et savait qu'ils réussiraient.

La jeune elfe s'extirpa de ses pensées lorsque la colonne s'arrêta. Elle regarda autour d'elle, et vit que la nuit commençait à tomber. La route, large de près de dix pieds, cheminait à présent à travers une forêt, et Glorfindel avait décidé de passer la nuit ici. Les bois étaient sombres, mais une atmosphère paisible s'en dégageait, comme si l'aura de protection d'Imladris s'étendait encore jusqu'ici, leur assurant une sécurité rassurante. Elewë tendit l'oreille, et à travers le brouhaha des nombreux elfes réunis, distingua le bruit d'une petite brise soufflant dans la canopée, agitant régulièrement le lourd feuillage des arbres. Elle aperçut fugacement un daim qui courut se réfugier dans les bois, et la présence de vie animale la rassura.

Elewë mit pied à terre, et suivit Lindir qui guidait sa monture vers l'enclos provisoire que quelque soldats habitués avaient déjà montés entre des arbres. Elle dessella Ninqueloté, et Lindir Nuruhuinë, puis les deux amis rejoignirent le gros de la troupe qui s'était massé devant une tente qui avait été montée à la lisière de la route.

Glorfindel se tenait devant la tente, et attendait le silence des elfes qui ne tarda pas à se faire.
« Soldats, nous feront halte ici ce soir. Je veux que cinquante elfes se dirigent vers le prince Elrohir … à ma droite, pour ceux qui ne sauraient pas les différencier ! » rajouta-t-il devant l'air dubitatif de certains elfes, « ceux-là seront chargés d'aller couper du bois dans la forêt pour allumer les feux de ce soir. Je veux cinquante autres elfes avec le prince Elladan pour préparer le repas, une vingtaine qui s'occupent des montures, et les derniers avec moi pour préparer le campement de ce soir. Execution !

Les elfes se mirent alors à fourmiller à droite et à gauche, chacun se répartissant vers la tâche qui lui convenait le mieux. Sans hésitation, Elewë rejoignit les quelques elfes qui s'étaient proposés pour s'occuper des chevaux, et adressa un petit sourire à Lindir qui se retrouvait avec l'équipe d'Elrohir chargée de couper du bois.

La route se vida, chaque groupe partant dans la direction qui correspondait à sa mission, et bientôt Elewë n'entendit plus que le vent qui faisait frémir le feuillage des arbres. Elle se retourna, et dévisagea la vingtaine d'elfes autour d'elle. Nombreux étaient ceux qui avaient entendu parler d'elle et qui la dévisageaient sans le masquer. Cela mis mal à l'aise Elewë, qui sentit que son adaptation n'allait pas être de tout repos.

Chaque elfe se répartir dix montures en comptant la sienne, et Elewë se dirigea vers Ninqueloté, qui poussa un hennissement de bien-être lorsque son amie la bouchonna. La jeune elfe entreprit de panser chacun des chevaux qui lui avaient été attribués, n'ayant aucun soucis pour se faire comprendre des magnifiques animaux. Son don avec eux se révélait précieux, et Elewë espéra qu'elle aurait l'occasion de continuer à s'occuper d'eux.

Le temps passa rapidement, et lorsqu'elle eut finit le pansage, distribua la ration de nourriture à chacun. Elewë releva la tête lorsqu'elle vit que l'équipe du capitaine était revenue avec de l'eau, et qu'ils commençaient à installer le campement. Un hennissement strident lui fit alors tourner la tête, et elle aperçut un sublime étalon blanc se cabrer farouchement alors qu'un elfe tentait de s'approcher de lui.

La jeune elfe ne perdit pas de temps, et accourut à l'aide du pauvre elfe qui ne savait pas où se mettre, tentant d'esquiver les coups de sabots mortels que l'étalon pouvait lui donner à tout moment. Elewë écarta le malheureux, et demanda à tous les elfes qui avaient commencé à faire cercle autour de l'animal de reculer. Elle avança lentement, les paumes tournées vers l'étalon, et lui murmura des paroles apaisantes.

« Tout doux mon beau, tout va bien, je ne te veux aucun mal, calme toi … » L'étalon continuait de se cabrer, et Elewë aperçut le blanc de son œil. L'animal était paniqué, et en même temps la jeune elfe sentait qu'il jouait de la situation.
« Calme toi, tu n'as aucune raison de paniquer comme cela. Cet elfe voulait juste prendre soin de toi, tu n'as pas à avoir peur. Là, arrête …
Les paroles d'Elewë semblaient faire effet, car le fier étalon était retombé sur le sol, et la fixait, les oreilles en avant, sa queue continuant toutefois de fouetter l'air.
« Là, c'est bien. Tu vois, tu n'as pas à avoir peur, fais-moi confiance. » La jeune elfe se rapprochait pas à pas de la monture, qui continuait de la fixer. Elle était à présent à un pas de lui, et l'étalon n'esquissait aucun geste hostile. Elewë prit confiance, et franchit la distance qui les séparait.

Elle posa sa main sur l'encolure de l'animal tout en continuant de lui murmurer de douces paroles. Elle caressa son encolure, et en profita pour l'admirer : sa robe, d'un blanc éclatant, se paraît malgré la nuit de reflets d'argents, luisant dans la pénombre. Sa crinière, longue et fournie, cascadait jusqu'au niveau de son poitrail. Ses naseaux roses, veloutés, ronflèrent tandis que la jeune elfe lui caressait le chanfrein. Elewë sourit.
« Tu es magnifique, un vrai cheval de roi. Ton cavalier a bien de la chance de posséder une monture telle que toi . Je me demande quel est ton nom …
« Il se nomme Asfaloth »lui répondit une voix dans son dos.

Elewë sursauta, sortant de la douceur du lien qu'elle avait créé avec le cheval, et se retrouva nez-à-nez avec le capitaine Glorfindel. Le Tueur de Balrog lui sourit, et ses longs cheveux d'or semblaient parés des mêmes reflets que l'étalon.

« M-Monseigneur ... » lui répondit Elewë en s'inclinant, gênée que l'illustre Glorfindel s'adresse à elle.
« Redressez-vous, soldat. » lui répondit-il d'une voix douce. « Vous êtes le premier elfe que je rencontre, en dehors de la Dame Arwen, qui réussisse à approcher mon étalon sans se faire embrocher. Vous avez un véritable don avec les chevaux, cela se voit à la façon dont ils vous écoutent.
Elewë rougit sous le compliment.
« Monseigneur, je n'ai fait que le calmer, ce n'était pas grand chose …
« Je pense justement le contraire, soldat, et au vue de votre apparent lien avec Asfaloth, vous serez dorénavant chargée de vous occuper de lui et des autres montures tout le temps du voyage. Bien évidemment vous ne serez pas seule, d'autres elfes vous aideront tous les jours.

Elewë s'inclina à nouveau, stupéfaite de la confiance que plaçait l'elfe en elle.
« C'est un honneur Monseigneur, et je m'acquitterais de cette tâche avec joie.
Glorfindel sourit, puis s'adressa aux autres elfes qui s'étaient groupés autour d'eux :
« Si vous avez fini soldats, je vous invite à rejoindre le centre du campement afin de prendre pars au repas. » et il s'en alla, laissant une Elewë abasourdie, et une foule d'elfe qui la fixaient encore plus qu'auparavant. Elle soupira intérieurement. Il allait définitivement être difficile pour elle de s'intégrer en toute discrétion …

Elewë se dirigea alors vers la douce lumière que dégageait le grand feu de camp qui avait été monté, et autour duquel quelques dizaines d'elfes s'étaient déjà rassemblés. Elle repéra Lindir qui lui fit un signe de la main, et le rejoignit, esquivant les soldats s'étant déjà assis autour du feu. La jeune elfe s'assit à côté de son ami, et vit avec joie que l'équipe d'Elladan n'avait pas chômée : des corbeilles rudimentaires de fruits circulaient de mains en mains, se vidant au fur et à mesure, et Elewë prit avec joie une pomme et une orange. Quelques viandes rôtissaient sur le feu, et les elfes chargés du repas s'attelèrent à la distribution des rations. Les quelques elfes végétariens eurent droit à un ou deux fruits supplémentaires, et bientôt chacun eut le ventre plein.

Tout au long du repas, Elewë avait capté les regards insistants de nombreux elfes, et toute cette attention commençait à l'énerver, attention qu'elle savait s'être accrue depuis qu'elle avait « dompté » Asfaloth. Elle priait pour que tout ceci cesse dans les jours à venir, et que bientôt tous ces soldats la verraient comme une des leurs, et non une elfe qui n'avait pas sa place parmi eux.

Une fois chacun repus, un certain nombre d'elfes se dirigèrent vers le couvert de la forêt pour aller se coucher (principalement ceux sélectionnés lors du tournoi), tandis que les autres se rapprochaient du feu pour capter la moindre parcelle de chaleur, une légère chape de froid commençant à tomber sur leurs épaules, rafraîchissant l'atmosphère. Elewë grelotta, mais se dit que ce n'était peut-être pas la meilleure des idées de se coller à Lindir.

Elle soupira et fixa le mouvement des flammes qui grimpaient jusqu'au ciel, se détachant avec netteté du fond sombre de la nuit désormais complète. La jeune elfe se rassurait en se raccrochant à cette douce source de lumière, et se laissa immerger dans sa contemplation. De petites flammes rouges léchaient le bois, tandis que d'autres, plus grandes, s'élevaient dans un semblant d'envie de s'échapper dans la nuit. Les flammes jaunes et oranges se succédaient et se complétaient, ondulant sous la douce brise, et leur mouvement berça Elewë qui sentait ses paupières s'alourdir.

Elle se réveilla en sursaut lorsqu'une braise crépita plus fort que les autres, et en regardant autour d'elle la jeune elfe se rendit compte qu'il ne restait que peu d'elfes assis autour du feu. Elewë aperçut au loin le capitaine Glorfindel et les jumeaux princiers discutant de l'itinéraire qu'ils emprunteraient le lendemain, et des lieux où ils feraient des haltes. Les deux frères semblaient absorbés par leur tâche, et leur détermination à bien faire se lisait sur leur visage, copie parfaite l'un de l'autre.

L'un des deux dû sentir son regard peser sur ses épaules, car il se tourna dans sa direction, et Elewë détourna rapidement la tête, apercevant Lindir qui fixait le feu, un petit sourire béat s'étalant sur son visage.
« Je ne sais pas à quoi tu penses, mais tu tombes de sommeil », lui dit-elle un sourire aux lèvres, « viens mon grand, il est l'heure d'aller se coucher.
Son ami s'extirpa de ses pensées, et lui adressa un petit sourire vexé, la mine boudeuse.
« Oui nana (1) …
Elewë sourit. La dispute entre les deux amis paraissaient lointaine, leur relation étant redevenue celle qu'elle était avant. Mais Elewë savait que l’événement avait changé quelque chose chez son ami.

Une fois Lindir relevé, ils se dirigèrent vers les bois, prirent chacun un hamac sur le tas -préparé par le groupe de Glorfindel- posé à l'orée de la forêt, et marchèrent quelques minutes avant de trouver un arbre qui n'étais pas déjà occupé ; accrochèrent leurs hamacs, et se couchèrent dedans avec plaisir. Elewë se remémora les derniers jours, peinant à réaliser que désormais elle faisait partie d'une troupe de fiers combattants, l'élite du peuple elfique.

La journée d'aujourd'hui n'avait pas été trop épuisante, vu le peu de temps qu'ils avaient chevauchés, et la jeune elfe espéra que passer deux semaines entières, à raison de plus de dix heures par jour à cheval, ne l'épuiserait pas trop, et qu'elle conserverait toutes ses forces pour donner le meilleur d'elle-même au combat.
La fatigue eut raison d'elle, et c'est sur cette pensées qu'Elewë s'endormit.

***


Elewë fut réveillée à l'aube par l'agitation des elfes autour d'elle. La jeune elfe émergea lentement de son sommeil, et descendit prudemment de son hamac, essayant de ne rien se casser. Lindir était déjà au pied de l'arbre, pliant son hamac, et lui sourit lorsqu'il la vit descendre de l'arbre.
« Bien dormi ?
« ça va, mais ça aurait pu être mieux », fit-elle un peu bougon, encore légèrement assoupie.
« J'ai le regret de te dire que tu vas devoir t'y habituer, chère princesse délicate !
Elewë lui tira la langue, plia son hamac, et les deux amis se dirigèrent vers le centre du campement, où le grand foyer d'hier soir s'était réduit à l'état de cendres, consumant les dernières bûches durant la nuit. Chacun pris une miche de pain de taille moyenne dans un panier, et entreprit avec application de remplir son estomac.

Une fois son frugal petit déjeuner dévoré, Elewë tourna sur elle-même pour observer le campement : les retardataires finissaient de plier et ranger leur hamacs, d'autres commençaient à empaqueter leurs affaires et préparer leurs montures. La jeune elfe aperçut Glorfindel, Elrohir et Elladan récapituler leur trajet du jour. Selon certains elfes, ils avanceraient peu aujourd'hui, afin de permettre aux autres armées de les rejoindre dans les jours qui suivent.

Alors que Elewë détachait son regard du trio, elle aperçut parmi la foule un soldat qui la fixait fermement. La jeune elfe aperçut dans ses yeux comme de la colère, et son regard était sombre, houleux. Elle fixa à son tour quelques instants l'individu qui finit par rompre le contact, et elle se détourna vers Lindir, discutant avec lui de la journée à venir, écartant de sa mémoire ce bref échange.

Le temps que chacun finisse son petit-déjeuner et soit entièrement réveillé, près d'une demi-heure avait passé, et le soleil était désormais plus présent, chauffant légèrement l'atmosphère, et le ciel se paraît de nuages aux couleurs roses, violettes et oranges. C'était magnifique à voir.

Elewë se détourna du spectacle, et aperçut à nouveau l'elfe de tout à l'heure, qui s'était rapproché entre temps : il se tenait à seulement quelques pas d'elle, et la fixait hostilement. Le petit jeu du regard dura quelques secondes, jusqu'à ce qu'Elewë perde patience, et se dirige vers l'elfe. Celui-ci semblait intrigué de la voir s'approcher de lui, mais il continua de démontrer une attitude hostile à son égard. Il ne la salua même pas lorsqu'elle fut juste en face de lui.

« Camarade, vous me fixez d'une façon bien peu aimable depuis quelques temps, quelle en est donc la raison ?

L'elfe lui répondit si dédaigneusement que s'il avait été un homme, il aurait probablement craché au sol :
« Camarade ? Je ne suis pas le vôtre, car vous êtes autant soldat de cette compagnie qu'un orque puisse l'être.

Le sang chaud d'Elewë bouillonna dans ses veines, et elle répliqua froidement, chaque syllabe contenant une parcelle de l'immense rage qui la consumait à présent.
« Je ne vous permets pas de m'insulter de cette façon, et vous n'avez nullement pouvoir à juger ma condition de soldat. J'ai autant ma place ici que n'importe lequel d'entre vous.

Un sourire narquois naquit sur les lèvres de l'elfe.
« Je ne puis que contredire vos paroles. Vous n'êtes pas comme nous. Vous êtes une femme, vous n'avez rien à faire dans l'armée. Vous êtes une aberration. Vous ne savez même pas vous battre correctement, trop faible que vous êtes. Retournez à vos broderies, auprès des femmes, c'est là qu'est votre place.

Chaque nouvelle parole meurtrissait un peu plus le cœur d'Elewë, creusant de profond sillons. Des larmes intérieures coulèrent, la jeune elfe bouleversée d'être l'objet de tant de rage et de rejet. C'était injuste, cet elfe n'avait pas à lui dire cela. Il l'insultait, et profanait son honneur. Elewë se ressaisit. Elle allait lui prouver ô combien il se fourvoyait.

Un éclair de rage absolue passa dans ses yeux, furtif, et l'elfe l'aperçut. Il recula d'un pas, surpris par la réaction d'Elewë. Elle était censée s'écrouler. Au lieu de cela, elle rayonnait d'une aura féroce, indescriptible, et semblait déterminée à vouloir lui passer le goût de la rabaisser de cette façon Le soldat se ressaisit, certain de pouvoir maîtriser sans peine cette furie aveuglante, et ses épaules se relâchèrent. Alors Elewë attaqua. Rapidement. L'elfe n'eut pas le temps de la voir bouger, malgré les capacités visuelles hors du commun de sa race. La colère semblait décupler ses capacités.

Elewë lui asséna d'abord un violent coup de poing au niveau du diaphragme, lui vidant les poumons sous le choc. Il tituba, et la jeune elfe le frappa au plexus, paralysant momentanément son bras droit. Le soldat tenta de reprendre ses esprits, mais Elewë l'attrapa par le poignet, passa sous la garde ; d'un mouvement de rotation, le fit passer par-dessus son épaule, et dans un même geste dégaina la dague qu'elle portait à sa ceinture. L'elfe atterrit brutalement sur le dos, Elewë lui tenant toujours le poignet. Elle s'accroupit, et une fraction de seconde plus tard sa dague était posée sur la gorge de l'elfe, qui peinait encore à reprendre son souffle.

Les elfes ayant assistés à la scène étaient stupéfaits. Il y a de cela trois secondes les deux elfes étaient l'un en face de l'autre, et maintenant l'un était à terre, et l'autre le menaçait de sa lame. Le combat avait été tellement rapide qu'aucun n'avait réussi à suivre ce qu'il s'était passé.

Le visage d'Elewë était dur, sa mâchoire était crispée sous la colère. Sa chevelure était entièrement détachée, et ses longues mèches encadraient son visage, la cachant en partie. Elle se retenait visiblement de blesser réellement celui qui avait fait l'affront de l'insulter. Elewë entendit des bruit de course, et vit Glorfindel qui accourait, suivi des deux frères.

La jeune elfe rengaina à regret sa dague, se redressa, et passa une main dans sa longue chevelure brune. Elle transpirait à peine, et elle reprit son souffle en quelques secondes. Chacun se rendit compte que si elle avait voulu tuer l'elfe, il ne serait déjà en Mandos (2). Un silence absolu se fit, personne n'osant le briser de crainte de recevoir lui aussi le courroux de la combattante furieuse qui se tenait sous leurs yeux. Elewë dévisagea une dernière fois l'elfe, et cracha ces derniers mots :

« Que plus jamais, tu m'entends, plus jamais tu n'oses m'insulter comme tu viens de le faire, où ce jour-là tu ne perdras pas uniquement ton souffle. » Ses mots étaient lourds de sous-entendus, et le malheureux n'osa même pas la défier du regard. Elle posa alors son regard sur les elfes s'étant réunis autour d'elle
« J'espère que ceux qui doutaient encore de ma capacité à me battre sont convaincus. Si ce n'est pas le cas, je me ferais un plaisir de le leur montrer une bonne fois pour toute.

Elewë se retourna alors, et dévisagea fermement Glorfindel qui la regardait, quelque peu ébahi par la célérité dont avait fait preuve, mais qui tentait de le dissimuler.
« Monseigneur, je n'ai aucune excuse à présenter pour ma conduite, car si une personne ici a des excuses à présenter, ce n'est pas moi. J'ose penser que cette personne a eu son compte pour aujourd'hui. Si je dois être punie pour avoir défendu mon honneur, soit, je l'accepterais sans broncher.

Elewë baissa alors la tête en guise de soumission devant son supérieur hiérarchique, et attendit que la sentence tombe. Elle entendit le capitaine soupirer.

« Redressez-vous soldat ». Il la dévisagea fermement. « Vous êtes tous deux fautifs. Il n'aurait pas du vous insulter ainsi, et vous n'auriez pas du réagir aussi violemment. Comme vous l'avez précisé, je pense qu'il a suffisamment était puni par vos soins. Quant à vous, vous aurez interdiction de recevoir votre ration jusqu'à demain matin. » L'elfe se tourna vers la foule amassée autour d'eux. « Et bien, qu'attendez-vous ?! Nous partons !

Les elfes se mirent alors à courir dans les sens, et au moment de se détourner, Elewë crut apercevoir une lueur d'intérêt et de respect dans les yeux du Tueur de Balrog. Celui-ci ne le laissait pas paraître, mais il avait été impressionné de la vitesse d’exécution des attaques que la jeune elfe avait enchaînées. Elle avait été précise, rapide, et avait su jauger sa force afin de ne pas blesser son adversaire. Le capitaine se dit que les remarques d'Elrond n'étaient pas infondées, et désormais il surveillerait avec attention cette elfe.

Elewë soupira de soulagement en apprenant la punition dont elle écopait. Elle avait déjà eu l'occasion de jeûner pendant plusieurs jours, et cela ne la dérangeait pas. Elle s'était attendu à pire. La jeune elfe promena son regard parmi la masse d'elfes qui grouillait autour d'elle, et repéra Lindir qui se tenait à quelques pas d'elle. Alors qu'elle se dirigeait vers lui, elle aperçut les jumeaux un peu plus loin : Elladan semblait tenir un discours animé à son frère, tandis qu'Elrohir la fixait, ne paraissant pas entendre son jumeau lui parler.

Elewë le fixa quelques instants, puis détourna le regard, et se retrouva face à Lindir, qui lui adressait un immense sourire. Enfin, il avait retrouvé l'Elewë qu'il connaissait depuis des siècles : une elfe intrépide, fougueuse, et d'une irritabilité à toute épreuve !


(1) nana signifie « maman », comme ada qui sigifie « papa » Wink
(2) Mandos est le lieu où se réunissent les esprits des Elfes et des Nains morts. C'est en quelque sorte le paradis de la Terre du Milieu ^^


Chapitre terminé ! Alors, qu'en avez-vous pensé ? Désolée pour la longue introduction sur l'Arnor, mais elle me semblait indispensable. Je tiens à préciser pour les lecteurs strictes qui me reprocheront certaines libertés, que les elfes de la forêt noire ne sont pas censés prendre part au combat, mais que voulez-vous, j'étais bien obligée de faire figurer Legolas ^^
Je me suis aussi dit qu'ayant sauté l'épreuve de combat à main nue, je devais l'illustrer, même rapidement. Je ne sais pas si les attaques que j'ai décrite peuvent être réalisées, mais elles semblent plausibles ^^ (vous ne m'en voudrez pas de ne pas avoir essayé moi-même Razz).

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MessageSujet: Re: D'arc et d'épée   Ven 20 Avr - 10:48:15

L'arrivée des troupes


Cela faisait à présent deux jours que l'altercation entre Elewë et le soldat avait eu lieu. Les troupes de Glorfindel chevauchaient lentement et faisaient de longues haltes pour remplacer et conserver au maximum leurs provisions, en attendant le reste des troupes. Le soleil était haut dans le ciel et Elewë estima qu'il devait être aux environs de midi passé de deux heures. Les elfes avaient quitté hier le couvert de la forêt, et suivaient la Grande Route qui serpentait désormais à travers de grandes plaines. Ils approcheraient bientôt d'un bras du Bruinen, le Mirtheithel, et franchiraient demain le dernier Pont. Le capitaine et les princes avaient décidé d'atteindre en début d'après-midi le lieu de rendez-vous prévu pour rassembler l'Armée, une auberge abandonnée située à faible distance du Pont.

Pour Elewë, ces deux derniers jours étaient passés à une lenteur exaspérante. Les montures avançaient au pas ; à chaque halte le soir le campement était monté de façon identique, et rien, absolument rien de palpitant, pas le moindre petit événement n'avait surgit pour sortir la jeune elfe de son ennui. L'abruti d'elfe l'ayant défié - elle avait appris son nom par Lindir : Voronwë – n'avait plus rien tenté contre elle. Il se contentait de grommeler quand il l’apercevait et qu'il croisait son regard, et se massait la gorge, où le souvenir de la dague de la jeune elfe était encore présent.

Lindir avait beaucoup apprécié le petit tour de force d'Elewë, et il n'était apparemment pas le seul : de plus en plus d'elfes ne la dévisageaient plus comme quelqu'un n'ayant pas sa place parmi eux -bien que certains à cheval sur les principes restent récalcitrants à la présence d'une femme dans leurs rangs- mais peu osaient lui adresser la parole, préférant l'éviter. Elewë était ainsi ravie lorsque Orodreth ou bien Elladan venaient faire la discussion avec elle.

Elle n'osait cependant toujours pas adresse la parole à Elrohir, une trop grosse gêne s'étant installée entre eux. La jeune elfe avait bien vu qu'il l'avait fixé un certain temps lors de l'altercation, et elle avait pensé qu'il lui adresserait à nouveau la parole, mais aucun des deux n'avait esquissé un geste vers l'autre, et la situation semblait moins facile à résoudre de jour en jour. Elewë émergea de ses pensées lorsqu'elle se rendit compte qu'elle fixait le prince, et que celui-ci semblait s'en être aperçu, son regard interrogateur posé sur elle. La jeune elfe rompit immédiatement l'échange visuel, et aperçut que la colonne s'était arrêtée. Ils devaient être arrivés à l'auberge abandonnée.

C'était une grande bâtisse faite en bois de chêne brun -l'arbre le plus facile à trouver dans la région- qui s'étendait sur plus d'une centaine de pas de longs. Son toit fait de chaume était percé à certains endroits, ou complètement absent à d'autres, laissant la charpente de poutres épaisses apparaître. La porte massive oscillait sur ses gonds, et l'intérieur sentait le renfermé. Des herbes hautes cachaient le bas des murs, et la végétation commençait à prendre place. Toutefois, pour une auberge abandonnée, elle était encore en état correct, et permettrait de loger les capitaines et dirigeants de l'armée, ainsi que de stoker les vivres.

La routine s'installant progressivement chez les soldats, chacun mit pied à terre, et dirigea sa monture vers l'espace délimité par Glorfindel. Les elfes se répartirent alors en quatre groupes pour effectuer les tâches habituelles -dont une mission de repérage des lieux alentours- et Elewë se retrouva à son habitude avec le groupe s'occupant des chevaux.

Tandis que la jeune elfe pansait Asfaloth, elle sentait l'excitation croître de plus en plus. Les représentants de sa cité allaient bientôt arriver, et elle se demanda qui dirigerait les troupes de Caras Galadhon. Elewë espéra que ce ne soit pas son père. Même si elle était venue avec les elfes d'Imladris, elle avait été sélectionnée durant le tournoi, et serait donc sous le commandement du représentant de sa Cité. Toutes les troupes seraient supervisées par Glorfindel, mais la jeune elfe ne mourrait pas d'envie de se retrouver sous les ordres de son père. Elle ne savait encore comment il réagirait, et ne tenait pas à le découvrir de sitôt …

Une fois sa tâche terminée, Elewë se dirigea vers le devant de la bâtisse où s'étaient assemblés les elfes autour du Capitaine.
« Soldats, nos amis ne nous rejoindront pas avant plusieurs heures. Vous êtes libres de faire ce que bon vous semble -tant que cela reste convenable- »fit-il en jetant un regard mi-sombre mi-moqueur à Lindir. Elewë sourit. En à peine quelques jours, son ami avait déjà acquis une réputation de casse-cou, et poursuivait ses … exploits aux côtés de Nuruhuinë. Glorfindel l'avait remarqué, et bien que souriant parfois à la vue du duo, essayait tant bien que mal de les calmer, ce qui n'était pas forcément très évident. Lorsqu'il vit le regard de son capitaine, Lindir fit un petit sourire innocent, auquel Glorfindel répondit avant de reprendre :

« Je disais donc que vous étiez libre de faire ce qu'il vous plaisait, en restant dans la zone que nous avons délimitée. Si certains d'entre vous souhaitent mener une expédition de chasse, rassemblez-vous et faites le savoir à moi-même ou l'un des jumeaux. Et une bonne fois pour toute, Elrohir a une cape bleue alors que celle d'Elladan est verte ! » fit-il en scrutant la foule, amusé.
« Euh Monseigneur … je crains de vous décevoir, mais moi c'est Elladan ... » fit le jumeau à la cape bleue.
« C'est vrai » renchérit son frère avec un petit sourire contrit « nous n'osons pas vous le dire, mais vous nous confondez, Monseigneur ... 
Glorfindel les fixa quelques instants.
« Ne me prenez pas pour un imbécile, je vous connais depuis que vous êtes en âge de marcher, cessez donc vos pitreries qui n'amusent personne ! » mais son visage trahissait sa pensée, et tous les elfes réunis se mirent à rire lorsqu'un fin sourire naquit sur ses lèvres.
« Bien maintenant que la question concernant ces pitres est réglée » quelques elfes sourirent à nouveau « il me faut quelques volontaires pour aller se poster en éclaireurs aux abordes de la zone pour guetter l'arrivée des troupes » quelques elfes levèrent la main et Elewë les imita « Bien, vous pouvez disposer à présent !

Les elfes commencèrent à se séparer, se répartissant un peu partout dans le périmètre délimité. Elewë aperçut les jumeaux qui avançaient vers Glorfindel, bras-dessus, bras-dessous, un grand sourire sur leur visage, encore fiers de leur petite blague -qu'ils devaient avoir l'habitude d'infliger à leurs proches. La jeune elfe sourit puis se dirigea vers l'Est, devinant que les troupes arriveraient par le même chemin que celle de Glorfindel avaient emprunté plus tôt.

Elewë s'installa sur un rocher, cueillit un brin d'herbe qu'elle se mit à rouler entre ses doigts, et en mâchonna un autre. Elle espéra que les elfes n'allaient pas trop tarder, elle n'avait pas envie de passer toute son après-midi assise sur ce rocher. La jeune elfe ferma les yeux, la douce chaleur du soleil et la légère brise qui balayaient son visage l'assoupissant. Elewë commençait à somnoler, lorsqu'une odeur de cuir et de sueur portée par le vent parvint jusqu'à elle.

Elle rouvrit les yeux, et ses yeux d'elfe aperçurent à environ mille pas de la poussière qui se soulevait et se répandait dans les airs sous forme d'un léger nuage. Des silhouettes percèrent l'écran opaque, et Elewë aperçut les fanions de la Lórien : un fond vert aux contours en or, avec au centre un cygne brodé de fils d'argents. Le cœur de la jeune elfe fit un bond dans sa poitrine, et elle eut du mal à l'empêcher de s'en détacher lorsqu'elle attendit que la troupe se rapproche.

Lorsque celle-ci ne fut plus qu'à deux cent pas, elle scruta l'avant de la colonne -composée à vu d’œil de trois cents soldats- et découvrit que le Seigneur Haldir marchait devant, chevauchant un étalon alezan. De stature moyenne, blond aux cheveux longs, il dégageait naturellement une aura d'autorité et de respect. Son visage était agréable, et attirait à la sympathie. Chef des Sentinelles de Caras Galadhon, il était un elfe prestigieux, mais Elewë s'étonna que la direction de l'armée lui ait été confiée. Elle haussa les épaules. Peu importe, du moment que ce n'était pas son père.

Elewë se redressa lorsqu'ils arrivèrent à sa hauteur, et un murmure de stupéfaction monta des soldats. Ainsi c'était vrai, la fille du très respecté Galweg, le grand maître d'armes de la Cité, avait réussie à être sélectionnée lors du tournoi d'Imladris. Beaucoup la connaissaient de nom, et peu étaient ceux étonnés de la voir ici, ayant entendu parler de son brillant maniement des armes ainsi que de son caractère très … original.

Elewë s'inclina devant Haldir, qui mit pied à terre pour venir à sa rencontre.
« Bienvenue Monseigneur, je parle au nom de tous en vous disant que votre arrivée est des plus appréciée. Si vous voulez bien me suivre, je vais vous conduire au campement et au Capitaine Glorfindel.
« C'est très aimable à vous Elewë d'être venu à notre rencontre. Notre venue était attendue, mais votre présence l'était encore plus » lui répondit l'elfe, un petit sourire sur son visage.
La jeune elfe rougit, confuse
« Monseigneur, je ne mérite pas tant d'hommages …
« Sachez ma Dame que vous êtes assurée de l'espoir et l'approbation de toute votre Cité. Le Seigneur et la Dame de la Lórien m'ont chargée de vous présenter leurs encouragements, et j'ai également ceci pour vous …
Alors qu'il parlait, il sortit de la doublure de sa tunique une enveloppe, fermée par un cachet, qu'il lui tendit. Elewë reconnut immédiatement le sceau : il s'agissait d'une épée et une hache entrecroisées sur un bouclier marqué du cygne royal. Le sceau du maître d'armes. Le sceau de son père. Elle prit délicatement la lettre et la rangea dans une de ses poches, angoissée par ce qu'elle pouvait contenir.

Elewë se reprit, et s'adressa à Haldir :
« Je vous remercie Monseigneur. Maintenant si vous le désirez, je vais vous montrer le chemin vers l'auberge.
L'elfe acquiesça d'un signe de tête, remonta sur son cheval, et invita d'un mouvement du bras ses troupes à le suivre.

Elewë ouvrit la voie, et quelques minutes plus tard atteignit le campement. Les elfes d'Imladris accouraient, et beaucoup saluaient avec joie l'arrivée de leurs amis. Les soldats de métier retrouvèrent des camarades de longue date, et bientôt l'air fut remplit des discussions animées des elfes.
Elewë conduisit Haldir et deux autres elfes -ses généraux- dans l'auberge, et s’effaça en atteignant la porte menant à l'une des rares pièces closes du bâtiment.
« Le Capitaine vous y attend, si vous voulez bien entrer
Elle s'inclina, ouvrit la porte aux elfes, et la referma derrière eux une fois qu'ils furent rentrés.

La jeune elfe sortit alors de la bâtisse, et se dirigea vers l'endroit où elle avait aperçu Lindir un peu auparavant. Son ami faisait une sieste dans les hautes herbes, au pied d'un grand chêne qui se dressait prêt de l'auberge.

« Et bien, tu n'as pas assez dormi comme cela ces derniers temps, warg des cavernes ? » lui dit-elle amusée, avant de s’asseoir à côté de lui.
« Non, car à chaque fois une adorable personne venait me réveiller trop tôt » fit-il mi-grognon, mi-hilare.
« Je ne vois pas du tout de qui tu parles, » lui répondit-elle de son air le plus innocent, auquel il répondit par un levé des yeux au ciel. « les elfes de la Lórien viennent d'arriver, et devine qui les dirige ?!
« Huuum … ton père ? Fit-il moqueur. Il eut juste le temps d'esquiver un pseudo-coup de coude.
« C'est ça rigole … Non, c'est Haldir, le Chef des Sentinelles !
« Merci je sais qui est Haldir » répondit-il en rigolant. « cela ne m'étonne pas, on parlait beaucoup de lui dans ma caserne. Il est très efficace dans la protection des frontières, et est de plus en plus remarqué. D'ailleurs je suppose que je vais retrouver beaucoup de mes camarades qui ont du être envoyés ici avec lui
« Sûrement ... » fit Elewë d'un ton peu rempli d'entrain. Lindir le remarqua et sourit, passant son bras autour d'une de ses épaules :
« Allons princesse, tu sais très bien que je ne vais pas t'abandonner pour aller voir les elfes de ma caserne. Je préfère amplement ta compagnie, ne t'inquiète pas.

Elewë lui adressa un petit sourire, rassurée, puis se souvient de la lettre que Haldir lui avait donnée un peu plus tôt. Elle la sortit délicatement de sa poche, et l'ouvrit sous les yeux ronds de Lindir qui avait reconnu le sceau.

« Quand as-tu obtenu cela ?
« Haldir me l'a donnée lorsque je suis venu à leur rencontre. » Elle leva les yeux vers son ami « J'ai peur de ce qu'elle peut contenir » fit-elle, l'angoisse perceptible dans sa voix.
Son ami l'encouragea d'un sourire
« Tu ne peux le savoir qu'en l'ouvrant.

Elewë soupira, pris son courage à deux mains, cassa délicatement le cachet de cire rouge, et entrouvrit l'enveloppe. Elle en sortit un mince feuillet de papier, qu'elle déplia. Elle fut surprise par la longueur de la lettre, et lut ces mots :

Elewë, tu n'aurais jamais du quitter la cité sans me prévenir.
Je suis fier de toi.
Ton père

Alors qu'elle parcourait la lettre de haut en bas plusieurs fois, une larme vint s'écraser sur la feuille de papier, et Elewë vit qu'elle pleurait. C'était une des rares fois de son existence où son père lui adressait un compliment comme celui-ci, ou bien qu'il lui disait qu'il était fier d'elle. Pire encore, c'était la première fois qu'il signait une lettre qui lui était destinée par « ton père ». Pour la jeune elfe, c'était comme s'il reconnaissait pour la première fois qu'elle était sa fille, et qu'il l'aimait.

Elewë tendit en tremblant le feuillet à Lindir, qui après l'avoir lu, la prit dans ses bras. Elle s'y blottit de bon cœur, et passa toutes les émotions qu'elle ressentait dans l'étreinte de son ami. Celui-ci cala la tête de la jeune elfe contre son épaule, et la berça comme une petite elfe. Elewë mit cinq minutes à se calmer, et lorsqu'elle se détacha de Lindir, remarqua que celui-ci paraissait gêné par la longueur de l'étreinte. Elle lui sourit, puis articula faiblement un « merci » que son ami compris, lui rendant son sourire.

Les deux elfes se redressèrent lorsqu'ils entendirent des acclamations venant du camp. Ils se dirigèrent vers le lieu d'où venait le bruit et aperçurent alors ce qui suscitait l'enthousiasme des elfes : les troupes de Mirkwood étaient arrivées ! Le Prince de la Forêt Noire, Legolas Vertefeuille, était juché sur un grand étalon noir, portant l'étendard de sa maison – une bannière verte foncée ornée d'une couronne noire sur laquelle s'enlaçaient des plantes grimpantes elles-même noires- et resplendissait littéralement.

Il était grand, de stature tout a fait appréciable et semblait musclé par les entraînements. Sa chevelure d'un blond doré aux reflets platine était tressée, et quelques mèches descendaient jusqu'au bas de ses épaules. Il ne portait pas de vêtements royaux, mais une majesté se dégageait naturellement de sa personne, et inspirait l'admiration. Elewë resta stupéfaite quelques instants, puis se ressaisit lorsqu'elle vit que Lindir la regardait bizarrement, haussant un sourcil. Elle lui fit un petit sourire, puis se tourna vers Glorfindel et les jumeaux qui se dirigeaient vers les arrivants, tandis que le prince mettait pied à terre.

« Bienvenue à vous mon prince, il est bon de vous revoir. Vous n'étiez pas aussi grand la dernière fois que votre père, le Seigneur Thranduil, est passé nous rendre visite à Elrond et moi.
Le prince rit, un sourire s'étalant sur sur visage.
« Le plaisir est pour moi, il est agréable de retrouver de vieux amis. Et j'espère bien que ma taille ait quelque peu changée depuis la dernière fois que nous nous sommes vus » Son sourire s'élargit lorsqu'il aperçut les jumeaux marchant vers lui. « Cousins ! Je peux aisément vous dire que votre présence et votre joie de vivre m'a manquée dans les bois sombres de mon pays ! Comment vous portez vous ?
« Ma foi bien, Elrohir est toujours aussi casse-pied -surtout ces derniers temps- et moi aussi parfait. » lui répondit malicieusement Elladan.
« Très bien, maintenant que les retrouvailles sont faites, allons préparer le repas de ce soir. La journée touche à sa fin, et je suppose que le voyage a dû vous affamer. Allons donc rejoindre Haldir qui vous a précédé de quelques heures. » Invita Glorfindel.
Les soldats s'éparpillèrent, ayant compris le sens subliminal des propos de Glorfindel, chacun s'affairant pour préparer le repas. Ils étaient à présent près de huit-cent elfes, et il fallait nourrir et loger tout le monde.

Elewë et Lindir se dirigèrent ensemble vers le grand feu de camp, où les elfes avaient installé les mets préparés, et s'assirent auprès de quelques soldats. Le reste de l'armée ne tarda pas à les rejoindre, et bientôt l'air fut empli des bruits de mastication et des bavardages enjoués des elfes. Glorfindel, les princes, Haldir et les généraux s'étaient installés un peu à part lors du repas, mais les rejoignirent bientôt, et alors que la nuit commençait à tomber, les différentes troupes firent part du récit de leur voyage qui était loin d'être palpitant : les elfes de la Forêt Noire n'avaient rencontré qu'une poignée d'orcs, tandis que ceux de la Forêt d'Or n'avaient rien à signaler.

Les discussions dérivèrent alors sur la mission qui les réunissait ici aujourd'hui, et beaucoup firent part de leurs impressions sur l'avancée du Roi d'Angmar dans les Terres Libres. Quelques uns soupçonnaient des traîtres de s'être alliés avec lui sous promesse de régner sur le Royaume une fois conquis. Cette idée choqua Elewë qui se demanda comment des hommes fiers et libres pouvaient accepter de livrer leur pays à la domination de l'ennemi.

Les soldats bavardèrent tard, le ciel était devenu entièrement noir, et peu de nuages cachaient le voile d'étoiles qui scintillaient vivement. Les elfes s'en allèrent progressivement, et les deux amis profitèrent encore de la douceur de la nuit pour discuter tous les deux. Lorsque Lindir vit qu'Elewë avait la tête qui flanchait, il l'aida à se relever, et ils se dirigèrent vers un coin tranquille où les elfes ne s'étaient pas encore couchés. Elewë s'endormit rapidement, couchée dans les herbes hautes contre Lindir, une couverture sur les épaules. Sa dernière pensée fut pour son père et la lettre qu'il lui avait envoyé …


***


Le lendemain, Elewë se réveilla en pleine forme, mais commença à regretter l’absence d'un bon matelas. Elle devait se faire à ce mode de vie si elle voulait s'endurcir et devenir un véritable soldat. C'est sur cette pensée forte qu'elle se leva et rejoignit son ami.

Après avoir déjeuné, les elfes commencèrent à lever le camp, répartissant les vivres entre eux. Il avait été décidé qu'aujourd'hui ils franchiraient le Dernier Pont, et avanceraient le plus possible afin d'atteindre l'ancienne Tour de Garde d'Amon Sûl, située sur l'une des Collines du Vent, d'ici deux jours. Il leur faudrait tenir un rythme rapide pour rattraper le temps perdu à attendre les troupes.

Elewë monta en selle, et dirigea Ninqueloté vers le groupe de la Lórien. Elle salua Haldir, puis se positionna à côté de Lindir dans les premiers rangs. Celui-ci discutait vivement avec d'anciens camarades, et la jeune elfe détourna la tête, avec un petit pincement au cœur. Alors qu'elle parcourait le reste du campement d'un coup d’œil, elle capta le regard du Prince Legolas, situé à un peu plus d'une centaine de pas d'elle, et qui la fixait, son regard trahissant son étonnement et son intérêt envers la jeune elfe. Bien que non hostile, il montrait toutefois un certains mépris sur son visage, comme s'il trouvait absurde et à la fois surprenant qu'elle soit présente. Elewë soutint son regard quelques instants, puis baissa les yeux comme le voulait l'étiquette. On ne fixait pas un membre royal trop longtemps, ceci étant considéré comme de l'effronterie.

Elewë se retourna vers Haldir, et vit que celui-ci s'apprêtait à donner le signal de départ. D'une légère pression des mollets, elle invita Ninqueloté à se mettre en avant, et suivit les cavaliers qui la précédaient. Glorfindel menait les elfes d'Imladris, suivis par ceux de la Forêt Noire, puis par les elfes de la Lórien. La jeune elfe regrettait de ne pouvoir se mélanger avec les autres soldats -en particulier Orodreth et quelque amis du tournoi- mais cela aurait été trop compliqué pour diriger avec efficacité les troupes. Chacun était sous l'autorité de sa Cité, et aurait l'occasion de retrouver ses amis lors des haltes et du campement du soir.

Les elfes atteignirent bientôt le Dernier Pont. L'édifice était large -près de vingt pas-, fait de pierres massives, et bien que encore d'apparence solide, démontrait de l'ancienneté de la civilisation du pays. Il franchissait le Mirtheithel, qui s'écoulait, tumultueux, entre ses piliers. Elewë pensa avec joie que ce pont était le bienvenu, car elle ne se serait pas imaginée devoir franchir cette rivière à cheval : les remous semblaient forts, et elle ne douta pas un instant que Ninqueloté puisse avoir des difficultés à nager dedans.

Avec le soleil de midi, l'eau réfléchissait des reflets chatoyants sur les vêtements et les cheveux d'Elewë, parfois dans ses yeux, et elle mit sa main en visière lorsqu'elle franchit le pont. Lorsqu'elle la retira, des immenses plaines parsemées de quelques collines s’étendaient devant elle. L'herbe ondulait sous l'effet de la brise, et le même soleil qui auparavant s'était reflété sur la rivière paraît les herbes hautes de reflets dorés.

Ils chevauchèrent ainsi plusieurs heures durant, et le soleil cognait durement sur les têtes nues des cavaliers. Malheureusement pour eux, peu d'arbres poussaient dans les environs, et ils durent continuer à avancer sous la chaleur qui devenait un peu plus étouffante chaque heure. Au bout de quelques temps, en regardant au loin, Elewë aperçut à plusieurs milliers de pas de là d'immenses roches qui se détachaient du sol, contrastant avec la platitude des lieux.

Les autres elfes l'aperçurent aussi, car Glorfindel annonça d'une voix forte au devant de la colonne :
« Elrohir, je veux que toi et trois volontaires de chaque groupe partiez en éclaireur voir si ce lieu est adapté pour une halte de quelques heures.
Le concerné acquiesça, et se détacha de la colonne. Après hésitation, Elewë fit de même, et accompagné de deux elfes de la Forêt d'Or, se dirigea vers le petit groupe d'elfes qui se rassemblaient. Elrohir lui jeta un regard avant de lancer sa monture au petit galop dans la direction des roches. Elewë mit Ninqueloté au galop, et le rattrapa, dépassant les autres cavaliers.

La jeune elfe huma l'air avec délice. Qu'il était bon de faire autre chose que monter au pas et parfois au trot, sans que rien ne se passe. Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas galopé avec Ninqueloté, et elle incita la petite jument à accélérer. Elle évita toutefois de dépasser Elrohir, et bientôt les cavaliers virent plus précisément ce vers quoi ils avançaient : d'immenses structures rocheuses s'élevaient vers le ciel, formant une sorte de passe ombragée entre les deux. Les roches étaient rugueuses, et semblaient avoir connu jadis la présence d'un cour d'eau qui avait creusé la passe. Mais celle-ci était large, plus de trente pas, et longue ; et pourrait parfaitement abriter les huit cent elfes de l'Armée.

Elrohir mit sa troupe au pas lorsqu'ils en approchèrent, et descendit de sa monture, les autres l'imitant. Il chargea un elfe de surveiller les chevaux, et s'avança vers les roches. Elewë le suivit, scrutant les recoins et brèches qui pourraient contenir un danger potentiel. Soudain, les poils de sa nuque se hérissèrent, et la jeune elfe ressentit comme un étrange pressentiment, qui lui dictait fortement de fuir, l'endroit paraissant tout à fait suspect. Elewë songea brusquement que l'endroit était parfait pour se dissimuler et mener une attaque furtive.

Alors qu'elle se retournait vers Elrohir pour lui faire part de son sentiment de malaise, elle aperçut un reflet sur l'un des rochers. Celui-ci n'était pas naturel : c'était le reflet d'une armure. Elle cria alors de toutes ses forces :
« EMBUSCADE !!!!!


Et voilà chapitre terminé ! Very Happy Je suis désolée qu'il soit aussi long, mais je tenais vraiment à ce qu'il se finisse par ce passage.
Sinon, qu'avez-vous pensé de ce chapitre, de Elewë, Lindir, la lettre de Galweg, ou encore l'apparition des nouveaux personnages ?
Pour ceux qui pourraient se le demander, j'ai inventé les blasons des royaumes, je n'ai aucune idée de ce à quoi ils ressemblent ^^

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Le Chapitre 13 de ma fic D'arc et d'épée est sorti, n'hésitez pas à regarder ! (:



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MessageSujet: Re: D'arc et d'épée   Mar 1 Mai - 18:12:46

Hey hey, voici mon nouveau chapitre ! Vous savez quoi ? Je vous l'écris de l'avion dans lequel je suis et qui m'emmène (et qui me ramène, parce que je fais pas un chapitre en 1h30 ) en Irlande. La classe hein Razz bref ^^
Alors pour ce chapitre, baston au menu ! J'ai essayé de m'inspirer de toutes mes lectures avec des combats un peu plus glauques, je ne sais pas si ça rend bien, à vous de juger ^^


Une attaque fort inquiétante



«EMBUSCADE !!!!!

Au moment où Elewë alertait les autres elfes, elle vit surgir de derrière les roches des créatures répugnantes : d'apparence humaine, elles se dressaient sur leurs deux jambes et claudiquaient en avançant ; leur visage était couvert par un casque grossièrement forgé dans du métal noir aux reflets gris sales, et ils portaient un plastron fait de la même matière. Leur dos n'était pas protégé, car ils ne tournaient jamais le dos à l'ennemi, créatures impitoyables. Les quelques parcelles de peau non protégées étaient brun-rouge, et paraissaient poisseuses. Ces créatures avaient tout pour plaire, et surtout pour être redoutées : des orcs, des êtres vivants les plus stupides qui puissent exister, absolument barbares, en résumé les sous-fifres idéaux. A leur vue, Elewë ressentit un profond sentiment de dégoût.

Il en sortait à présent de tous les recoins, se ruant vers les elfes complètement pris au dépourvu. Elewë vit avec horreur qu'ils étaient près d'une centaine. La lutte s'annonçait inégale : ils étaient à un contre onze, et l'effet de surprise avait fait perdre quelques précieuses secondes aux assaillis, qui dégageaient à présent leurs armes pour se défendre. Elewë aperçut un groupe d'orcs fonçant vers les chevaux -blessant assez gravement l'elfe chargé de les garder- puis essayer de les tuer, mais les montures s'enfuirent au grand galop, et la jeune elfe vit que Ninqueloté hésitait à les suivre.

«Va-t-en Ninqueloté, mets-toi à l'abri, je t'en supplie ! La petite jument lui jeta un dernier regard, puis rattrapa ses compagnons. Elewë ressentit un pincement au cœur, puis se tourna vers le combat qui avait lieu devant ses yeux.

La jeune elfe dégaina ses deux dagues, et se précipita au cœur de la bataille. L'elfe de garde étant hors d'état de combattre, ils étaient désormais à un contre treize. Le combat s'avérait difficile. Trois orcs se dirigèrent vers elle et Elewë courut à leur rencontre. D'un geste fluide, elle en égorgea un, puis tournoya sur elle-même alors qu'une lame passait à seulement quelques centimètres de son visage. Dans le même mouvement elle lança une de ses dagues qui perfora le thorax d'un second orc. Elle fit alors face à celui qui se tenait devant elle, qui paraissait un peu moins convaincu par ses chances de réussite à la vue de deux de ses camarades tués en quelques secondes. Il n'eut pas le temps de réagir qu'il s'écrasait au sol, la seconde dague de la jeune elfe planté dans sa gorge.

Elewë saisit alors l'épée accrochée à son flanc, et se précipita vers la masse d'orcs groupés au centre de la passe. Tuer des orcs paraissait tellement facile face au combat qu'elle avait mené contre le colosse, ils paraissaient mous, comme au ralenti. Elle fendit le ventre d'un, trancha le bras d'un autre, distribuait ses coups à une vitesse phénoménale, virevoltant entre les assaillants, aspergée par le sang qui jaillissait des blessures. Sa vue était brouillée, mais elle n'en avait cure. Elle était désormais insaisissable, entièrement plongée dans le combat, et son corps réagissait avant son esprit, anticipant chacune des attaques menées contre elle. Presque chaque coup qu'elle donnait apportait la mort à l'un des orcs, qui s'effondraient un par un à ses pieds. Elewë était comme une ombre, un souffle mortel qui passait, furtif, aux oreilles des orcs qui ne sortaient pas vivants de cette rencontre.

Au bout de quelques minutes, un muret de cadavres se formait autour d'elle, et les orcs étaient de plus en plus réticents à l'idée de venir affronter la furie qui habitait ce corps d'apparence frêle. Elewë était dans une transe meurtrière, toutes ses pensées étaient consacrées au combat, rien ne venait la perturber. Elle donnait la mort presque nonchalamment, enchaînant un combat l'un après l'autre. Elle ne sentait pas la fatigue.
Le flot de combattants finit par se tarir, et bientôt Elewë n'avait plus d'orcs se présentant devant elle. Elle enjamba le mur de corps, récupérant au passage ses dagues plantées dans le corps de deux créatures, et regarda autour d'elle, cherchant à faire un point sur la situation : deux soldats de la Lórien étaient regroupés autour de l'elfe ayant été blessé au début du combat ; les trois elfes d'Imladris se regroupaient, l'un d'eux boitant légèrement, un autre se couvrait une blessure au bras avec sa main, du sang s'échappant entre ses doigts.

Elewë vit Elrohir agenouillé à quelques dizaines de pas en face d'elle, penché au-dessus d'un elfe allongé au sol qui semblait blessé à la jambe. Un autre soldat se tenait à côté de lui. La jeune elfe leur adressa un geste de la main, et alors qu'elle se dirigeait vers eux, elle vit un orc paraissant mort se relever, et se diriger vers les trois elfes. Ceux-ci ne semblaient pas l'avoir entendu venir.

« Elrohir derrière vous !!

Elewë le vit se retourner, tenter de se relever, et chanceler. L'orc avançait dangereusement vite, réduisant la distance qui les séparait, et l'elfe ne semblait pas en état de l'affronter. Il n'était plus qu'à quelques pas de lui à présent. Le sang d'Elewë ne fit qu'un tour, et elle sortit son arc et une flèche de son carquois à une vitesse stupéfiante, décochant un trait qui fila en direction de l'orc, rasant la tête d'Elrohir.
L'orc s'effondra, la flèche fichée dans sa gorge, tandis que l'elfe se retournait, stupéfait. Elewë courut les aider, enjambant les corps jonchant le sol. Des flaques de sang se formaient dans les creux, et la jeune elfe sauta par-dessus. Elle s'approcha du groupe, et vit que l'elfe étendu au sol avait une profonde blessure à la cuisse, et que Elrohir et l'autre soldat tentaient de faire un garrot afin qu'il ne se vide de son sang.

« Elrohir, vous allez bien ?

« Oui grâce à vous, les Valars soient loués, mais ce n'est pas le cas de ce pauvre qui est en train de perdre beaucoup de sang. Si mon frère n'intervient pas immédiatement pour le soigner, il risque d'avoir des séquelles irréversibles.

Ah oui, elle avait entendu dire qu'Elladan avait hérité des talents de guérisons de son père, certes moins stupéfiants, mais qui pouvaient toujours être utiles en cas de nécessité si un guérisseur compétent n'était pas sur place. A la réflexion, il était étonnant qu'Elrohir, la copie parfaite de son frère, n'ait pas profité des mêmes dons que lui.

« Mais les chevaux ont fui, et nous sommes trop exténués pour le porter jusqu'à Elladan ... » fit-elle, désespérée

« Je le sais bien, mais nous n'avons pas d'autre choix ...

Les deux elfes commençaient à rassembler les autres soldats, lorsqu'ils entendirent un vrombissement, suivi d'un bruit de martèlements de sabots de chevaux sur le sol, de plus en plus fort. Ils aperçurent alors Glorfindel lancé au grand galop, suivi de la colonne avançant à la même allure dans leur direction. Les Valars soient loués, ils n'auraient pas besoin de porter le blessé ! Soulagés, les elfes s’avancèrent vers la sortie de la passe, et attendirent que l'Armée arrive à leur niveau. Glorfindel arrêta Asfaloth juste devant eux, et descendit précipitamment. Il jeta un regard stupéfait aux tas que formaient les cadavres d'orcs, et se tourna vers Elrohir.

« Elrohir, nous avons attrapés vos chevaux qui galopaient, paniqués, dans notre direction, et sans cavaliers sur le dos ; et je découvre ici un tapis d'orcs sur le sol … Il n'eut pas le temps de finir sa phrase, car le prince l'interrompit brusquement.

« Glorfindel, nous en parlerons après, un soldat a besoin des soins urgents d'Elladan, et les blessures de certains méritent aussi son attention !

Le Tueur de Balrog se ressaisit immédiatement, et appela Elladan, qui accourut, et aidé de quelques elfes, porta le blessé dans un endroit calme où il pourrait le soigner. Glorfindel ordonna a chacun des elfes ayant pris part au combat de se rendre auprès du prince, même s'ils n'avaient que des blessures superficielles.
Elewë se dirigea donc dans la direction prise par Elladan un peu plus tôt, et vit Elrohir parler encore quelques instants au Capitaine, puis faire de même. Il semblait épuisé, et boitait légèrement. La jeune elfe se laissa rattraper.

« Souhaitez vous que je vous aide Votre Altesse ? Vous semblez exténué. » Il sourit faiblement.
« C'est fort aimable de votre part, mais je pense pouvoir être capable de marcher par mes propres moyens.

La jeune elfe acquiesça, et ils continuèrent de marcher jusqu'à arriver devant une tente qui avait été dressée en vitesse pour recueillir les blessés. Les deux elfes entrèrent et virent que les autres soldats étaient déjà là, assis à même le sol, attendant que Elladan vienne les voir. Celui-ci était au fond de la tente, occupé à soigner le pauvre malheureux sauvagement attaqué par les orcs. Allongé sur un lit de fortune, il gémissait faiblement et fermait les yeux sous la douleur. Elewë grimaça lorsqu'elle vit qu'il avait une très profonde blessure à la jambe ainsi qu'une belle coupure au niveau du torse. Un coup porté plus profondément aurait touché ses organes vitaux, et il serait mort. Il l'avait échappé de peu.

Elewë s'assit sur le sol aux côtés des soldats, et Elrohir fit de même, en grimaçant légèrement lorsqu'il dut se plier. Ils étaient assis côte à côte, en silence, mais celui-ci n'était pas aussi lourd qu'auparavant : les deux elfes semblaient être sortis de leur gêne et silence mutuels passés, l'épreuve qu'ils venaient de vivre ensembles les ayant rapprochés.

Au bout d'une demi-heure, Elladan eut fini de s'occuper du blessé, et se dirigea vers les soldats qui attendaient patiemment son aide. Il trébucha à un moment puis se reprit, comme si rien ne s'était passé, et Elewë y vit la fatigue corporelle que lui imposait l'utilisation de la magie lors d'une guérison. Malgré sa faiblesse physique apparente, dont il ne semblait guère se soucier, il examina attentivement un à un chaque elfe, soignant les blessures ne pouvant se guérir seules, appliquant parfois juste une pommade sur d'autres.
Un par un les soldats le remercièrent puis quittèrent la tente, de telle sorte qu'il ne restât bientôt plus qu'Elewë, Elrohir, Elladan, et le soldat blessé toujours couché sur son lit. Lorsque Elladan se tourna vers la jeune elfe pour examiner ses blessures, Elewë vit qu'il tombait de fatigue et qu'il concentrait toute sa volonté à utiliser ses dernières forces pour l'aider. Elle le repoussa doucement, mais fermement.

« Je n'ai rien Elladan, ne perdez pas le peu d'énergie qu'il vous reste à chercher à soigner une infime plaie, Elrohir a plus besoin de vos soins que moi.

L'elfe vérifia brièvement ses dires.
« En effet, vous semblez ne porter aucune blessure, si ce n'est quelques ecchymoses.

Elewë lui sourit.
« Vous voyez. Aidez-donc votre frère, vous avez accompli votre devoir jusqu'au bout.

Le prince se tourna alors vers son jumeau, qui, étendu à moitié sur le sol, regardait étrangement Elewë.
« Comment avez-vous fait pour vous en sortir sans la moindre égratignure alors que chacun d'entre nous en sommes quittes pour au moins plusieurs blessures ? Surtout qu'il me semble vous avoir vu tuer plus de la moitié de ces créatures, soit une bonne cinquantaine ...

Elewë se sentit gênée, ne sachant pas quoi répondre face à cette remarque mêlée d'une forte interrogation. Elle ne savait pas elle-même comment elle avait fait pour aussi bien s'en sortir, les souvenirs qu'elle gardait du combat étaient déjà flous, et elle ne parvenait pas à se remémorer avec précisions l'enchaînement des événements qui s'étaient produits. Tout semblait s'estomper au fur et à mesure qu'elle essayait de s'en rappeler. Le seul passage net était son intervention pour secourir Elrohir et les autres elfes.
Une voix forte la fit sortir de ses pensées, la faisant sursauter.

« C'est aussi ce que j'aimerais savoir, soldat …

Elewë se retourna, et vit le Capitaine Glorfindel qui entrait dans la tente, Legolas et Haldir venant derrière lui. Le Tueur de Balrog souriait légèrement, tout comme Haldir, mais le Prince de Mirkwood la regardait comme si une défense d'oliphant lui avait poussé sur le front. Elewë se sentit extrêmement gênée, et détourna le regard vers Glorfindel.

« Monseigneur ... » fit-elle, ne sachant pas vraiment comment se sortir de cette situation fort embarrassante.

« Non ne vous justifiez pas, je plaisantais, je vois bien que cette question vous mets mal à l'aise. Je n'aimerais pas que l'on me demande comment j'ai fait pour tuer une bande d'orcs répugnants - même si depuis que je suis revenu de Mandos (1), on ne cesse de me harceler pour savoir comment j'ai réusi à terrasser ce fameux Balrog ... » dit-il en aparté, faisant sourire Elewë.
« Bref. Nous étions venus voir Elrohir afin qu'il nous explique ce qu'il s'était passé, mais votre présence n'est pas dérangeante, vous pouvez rester si vous le souhaitez. » Elewë opina, et l'elfe poursuivit, se tournant vers un Elrohir grimaçant tandis que son frère le soignait. « et bien ?

L'elfe réussi à sourire et lui répondit malicieusement:
« Je crois bien que votre sens de l'observation s'est émoussé Capitaine, il paraît assez évident que nous avons été attaqués par des orcs et pris par surprise alors que nous étions en mission d'exploration.

Glorfindel leva les yeux au ciel.
« Mais encore ?

Le visage d'Elrohir s'assombrit, et il reprit plus sérieusement.
« Une fois arrivés au niveau de la passe, nous mîmes pied à terre, laissant au malheureux ici présent la charge de surveiller les montures » fit-il en désignant le soldat couché sur son lit, « et commençâmes à explorer la zone, cherchant un danger potentiel dans les recoins de la roche. C'est alors qu'Elewë, qui avait pressenti qu'il y avait quelque chose d'anormal en ces lieux, aperçut un orc et nous avertit d'une attaque ; mais nous avions perdu un temps précieux, et les orcs s'attaquaient déjà aux montures qui s'enfuirent dans votre direction. Nous n'eûmes d'autre choix que de nous battre, et après vous connaissez la suite …
Un pli soucieux s'affichait à présent sur le front de Glorfindel.

« Comment se fait-il qu'une troupe de cents orcs armés jusqu'aux dents ait été au courant de l'itinéraire que nous allions prendre, et nous ait tendu une embuscade ? Qu'un petit groupe d'une dizaine vous attaque pour manger ou quoi que ce soit d'autre aurait put paraître "normal", mais cents, la coïncidence est un peu trop forte à mon goût ...

Legolas s'avança, et Elewë l'entendit parler pour la première fois.
« La situation est en effet inquiétante, mais je pense qu'il serait trop hâtif de crier à l'espion et au traître. N'oublions pas que nous affrontons le Roi Sorcier, qui ne doit probablement pas porter son nom de façon anodine. Nous ne savons pas de quels moyens il dispose, peut-être a-t-il a sa botte de nombreuses créatures dont nous ne nous méfions pas assez, et qui pourraient l'informer de nos déplacements ...

Elewë fut étonnée par la sagesse de ces paroles venant d'un elfe aussi jeune et sûrement peu expérimenté dans l'art de la guerre. Ce qu'il disait avait du sens, et Glorfindel le fit remarquer.
« Votre esprit vous honore votre Altesse, vous avez probablement raison. Nous allons devoir être plus prudents à partir d'aujourd'hui. Si d'autres événements de ce genre venaient à arriver, alors nous devrons malheureusement commencer à suspecter chacun des soldats présents ...

L'idée ne semblait pas du tout lui plaire, et Elewë le comprit parfaitement. S'il y avait un traître dans leurs rangs, cela signifiait que n'importe quel elfe malhonnête pouvait rentrer dans l'Armée et compromettre l'avenir de beaucoup. Un frisson la parcourut à l'idée que ce fut vrai, et qu'elle eût déjà croisé cette personne, pire qu'elle soit en bons termes avec lui.

La voix de Glorfindel la sortit de ses pensées.
« Je vous félicite d'avoir aussi bien combattu et épargné le reste de la troupe. Si nous y étions allés tous en même temps, seuls les Valars savent comment tout cela se serrait passé ... Mais cessons donc de parler de sujets aussi peu agréables. Maintenant que vous allez mieux vous pouvez aller vous reposer, vous devez être exténués. Plusieurs tentes ont été dressées à votre attention à la sortie de la passe. Elrohir et Elladan, vous partagerez la même. Sur-ce, j'ai plusieurs tâches dont il faut que je m'occupe, veuillez m'excuser.
Il se retira sur ces mots, s'inclinant légèrement avant de sortir de la tente.

Elewë sortit à sa suite, et se retourna une dernière fois pour voir les jumeaux se soutenir mutuellement afin de tenir debout. Ils chancelaient légèrement, épuisés, et la jeune elfe ressentit une bouffée d'estime pour Elladan qui avait donné toute son énergie et sa volonté à aider ses camarades, quitte à finir totalement exténué.
Lorsque Elewë sortit de la tente, elle se dirigea vers le centre de la passe où s'était déroulée l'attaque. Elle fut surprise de voir que les soldats avaient déjà nettoyé les lieux, déplaçant avec répugnance les corps dans les flaques de sang, et établissant des zones de campement "propres". Les cadavres s'entassaient en piles, et certains elfes étaient en train d'y mettre le feu, afin de chasser l'odeur pestilentielle qui commençait à s'en échapper.

Elewë prit alors la direction indiquée par Glorfindel, et découvrit quatre tentes collées les unes à côté des autres. Il n'en restait plus que deux ouvertes : une pour elle, et l'autre pour les jumeaux. Elle entra dans l'une, referma derrière elle, et se coucha avec délice sur un matelas de campement posé au sol. Elewë était fourbue, pleine de courbatures, et à son étonnement, épuisée. Elle s'endormit immédiatement une fois sa tête posée sur le matelas.

(1) si si, véridique, après avoir tué un Balrog, Glorfindel est mort, puis les Valars lui ont laissé le choix de revenir à la vie, et donc il a rescucité ^^


Et voilà chapitre terminé ! Very Happy
Alors, qu'avez vous pensé de ma baston, y a assez d'action ? ^^
J'ai eu un éclair d'inspiration alors que l'avion atterrissait (et que j'étais occupée à me détendre pour lutter contre le mal de l'air … –' ), et je sais maintenant comment relier plusieurs points de mon histoire. J'espère que mon intrigue vous plaira Smile
Je devrais pas tarder à publier un autre truc plus ... bizarre ^^ vous verrez bien What a Face

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Le Chapitre 13 de ma fic D'arc et d'épée est sorti, n'hésitez pas à regarder ! (:



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MessageSujet: Re: D'arc et d'épée   Mer 9 Mai - 15:21:45

Salut à tous, voici le chapitre 13 ! Quelques petites difficultés d'écriture pour la seconde partie, mais au final ça passe. Je vous laisse voir, et si possible me donner votre opinion Smile
Bonne lecture !

Un horrible songe


Elewë galopait à travers les bois, juchée sur Ninqueloté. Les deux amies étaient heureuses de se retrouver, et de partager à nouveau ce moment de complicité. La petite jument allait grand train, slalomant à travers les arbres de la Forêt d'Or. Celle-ci portait à présent bien son nom, car avec l'arrivée du mois d'octobre, les feuilles de platanes et des mallorns devenaient or et rubis, éblouissantes sous l'éclat du soleil.
Ninqueloté sauta par-dessus un tronc d'arbre, effrayant au passage un couple de lièvres passant par là, et ralentit à l'approche d'une petite clairière où un ruisseau s'écoulait. Elewë mit pied à terre, et laissa la jument s'abreuver. Bien que l'automne s'était installé, une douce chaleur régnait encore, et la jeune elfe ne résista pas à l'envie de tremper ses pieds dans le courant. La caresse de l'eau était délicieuse, et Elewë se laissa aller, couchée dans les herbes. Ses paupières se firent lourdes, et elle se mit à somnoler.
Lorsqu'elle se réveilla, la nuit était tombée. L'air s'était rafraîchit, et était à présent étouffant. Les pieds de la jeune elfe étaient glacés, et elle les sortit vivement de l'eau. Se redressant, Elewë chercha du regard Ninqueloté, mais ne l'aperçut pas à travers la chape de brouillard qui commençait à présent à s'installer dans la petite clairière.
La noirceur des lieux la prit bientôt à la gorge, et sa respiration se fit plus saccadée, les battements de son cœur plus vifs. Elle se mit debout, et chercha désespérément la petite jument. Rien. Seul le noir et une atmosphère étouffante s'offraient à elle. Elle cria le nom de la jument, mais seul son propre écho retentit dans la forêt. Elle s'assit sur un rocher, et essaya de ferme les yeux pour calmer son cœur qui tambourinait à présent plus fort qu'un troll jouant des percussions. Un faible rayon de lune effleura sa joue, la rassurant un peu. Elewë essaya de reprendre ses esprits, difficilement, et voulut se repérer dans cette obscurité quasi totale.
Alors qu'elle regardait autour d'elle, elle aperçut une ombre se détacher du couvert de la forêt et courir vers elle. Elewë se redressa, espérant découvrir un visage ami. La silhouette se rapprochant, elle vit qu'il s'agissait d'un homme. Elle écarquilla avec horreur les yeux lorsqu'elle vit que c'était William (1), qui se ruait à présent vers elle, un éclair meurtrier dans les yeux. Elle voulut crier, mais sa langue resta de plomb. Elle voulut partir en courant, mais ses membres ne lui répondaient plus.
Elewë vit la distance la séparant de l'homme se réduire à une vitesse beaucoup trop rapide à son goût, et elle essaya à nouveau de s'enfuir. Ses jambes semblaient enfin lui répondre, et elle courut difficilement en direction de l'autre côté de la clairière. Une voix d'outre-tombe parvint alors de derrière elle.

« Tu ne peux t'échapper. Meurtrière !

Le sang d'Elewë se glaça, et elle accéléra, complètement paniquée. Elle ne voyait rien, et elle trébucha sur une grosse racine. Alors qu'elle tentait de se relever, une vision d'horreur s'offrit à elle : William avait maintenant cessé de courir, mais marchait toujours dans sa direction ; une cinquantaine d'orcs pénétraient à présent dans la clairière, leurs grossières épées levées et pointées sur elle. Leurs yeux rouges brillaient d'une soif de vengeance inassouvie, et les créatures marchaient d'un pas déterminé dans sa direction.
Terrifiée, Elewë, toujours à terre, reculait du plus vite qu'elle le pouvait, s'entaillant les mains sur les pierres jonchant le sol. Du sang s'écoulait des coupures, et ses mains lui brûlaient, comme si un poison se déversait dans son corps à travers les ouvertures. Elle fut bientôt stoppée par un immense tronc d'arbre cognant contre son dos. Terrorisée, elle essaya de se relever, mais bientôt les orcs et William avaient fait cercle autour d'elle, lui coupant toute retraite.
C'est à ce moment que la lune choisit de disparaître, et Elewë se retrouva dans le noir complet. Seuls les yeux des orcs brillaient d'un éclat sauvage, et les lames se paraient de reflets bleuâtres, malsains. La jeune elfe vit s’avancer à nouveau William.

« Tu vas payer pour ce que tu as fait, sale créature immonde. Nous réclamons vengeance, et notre souhait sera bientôt exaucé.

Sa voix à présent gutturale, comme sortie de l'enfer lui-même, fit trembler Elewë, qui sentit une sueur froide couler entre ses omoplates, le long de son dos. Alors que l'homme s'avançait de quelques pas, elle réussit à émettre un petit cri.

« Crie donc tant que tu le peux, mais personne ne viendra te sauver ! Meurtrière !

Ce dernier mot fut accompagné en cœur par tous les orcs présents, qui hurlaient leur vengeance.

« Non ce n'est pas vrai, ce n'est pas vrai ... » sa voix se chargea de sanglots, et des larmes coulèrent sur ses joues.

« Chacun de nous a été tué de ta main, tu dois payer pour ton crime ! » reprit William, continuant de s’avancer vers elle. Un rayon de lune passa, furtif, et Elewë eut le temps de voir un éclat de démence, de rage et de vengeance passer dans les yeux de l'homme.

« Ce n'est pas vrai, ne me tuez pas !!

A présent à quelques pas d'elle, l'homme dégaina son épée, et la pointa sur la poitrine de la jeune elfe. Un dernier sanglot l'agita, et lorsque William se mouvât, Elewë vit sa dernière heure arriver. Elle cria alors à pleins poumons.

« NOOOOOOOOOOOOOOOOOOON !!!

***


« Elewë ! Elewë je t'en supplie réveille-toi !

La jeune elfe émergea de son cauchemar, en sueurs, ses cheveux détachés complètement décoiffés et poisseux. Son corps était dégoulinant, et elle se sentait brûlante. Les draps sous son corps, moites, était chiffonnés et se détachaient du matelas. Ses vêtements, humides, lui collaient à la peau.
Elewë se redressa tant bien que mal, et à travers sa vision floue, aperçut Lindir, le visage blanc, agenouillé à côté de son matelas. Il demanda d'une voix inquiète.

« Elewë, tu vas bien ? Que s'est-il passé, pourquoi criais-tu à en réveiller les morts ?!

A en réveiller les morts ... à ces mots les détails de son cauchemar lui revinrent en tête, et Elewë fondit en larme.

« Elewë, réponds-moi je t'en supplie, cela me tue de te voir dans cet état là ....

La jeune elfe renifla, essuya ses larmes, et tenta vainement de parler par saccades.

« J'étais ... dans la forêt ... avec Ninqueloté ... et la nuit est tombée ... Ninqueloté avait disparue ... et je me suis retrouvée seule dans le noir ... je paniquais … et … je n'arrivais plus … à … respirer correctement … puis ...

Encore secouée, la jeune elfe n'arrivait plus à parler correctement.

« Et que s'est-il passé ensuite ? » lui demanda doucement Lindir

« Après ... William ... et ... des dizaines ... d'orcs ... sont apparus ... et c'était horrible ! ... ils voulaient tous me tuer ... ils me traitaient ... de meurtrière ... je leur ait dit ... que ce n'était ... pas vrai ... mais ils m'ont encerclé ... et puis William ... s'est approché ... avec son épée ... et ... oh Lindir, il m'a tué !!

Elewë fondit à nouveau en larmes, de façon incontrôlable, et se rua dans les bras de son ami, qui l'étreignit de toute ses forces. Lindir était profondément sous le choc de ce que venait de lui raconter la jeune elfe, mais il l'a laissa déverser sa terreur et toutes les émotions qui l'avaient profondément bouleversée. Il la berça pendant près de cinq minutes, lui murmurant des paroles réconfortantes, jusqu'à ce qu'enfin le flot de larmes se tarisse et qu'Elewë se décroche de son torse.
Ses yeux étaient bouffis, rouges ; son nez coulait et elle avait des cernes. Lindir posa une main sur son front et vit qu'il était encore brûlant. Ce cauchemar l'avait affectée à un point qu'il n'aurait jamais put imaginer. Qui aurait pu dire que les personnes à qui elle avait ôté la vie reviennent la hanter.

« Là, calme-toi, c'est fini. Ce n'était qu'un cauchemar, personne ne viendra jamais te tuer, je te le promets. Je serais toujours là pour te défendre princesse, personne ne te fera de mal. Tu n'as pas à te reprocher les vies que tu as prises. Tu l'as fait pour aider ton peuple et protéger ceux que tu aimes, Elewë. Maintenant repose-toi, je vais te chercher de quoi te changer, je reviens tout de suite.

Il se releva, déposa un baiser sur son front, et sortit rapidement de la tente en la refermant derrière lui. La tête lourde, Elewë se rallongea, cala sa tête dans son oreiller trempé, et se rendormit, apaisée.

Elle se réveilla quelques minutes plus tard en entendant des voix hausser le ton devant sa tente. Elewë reconnut celle de Lindir, mais elle ne l'avait jamais entendu parler de cette façon.

« Je vous dit qu'elle a besoin de se reposer, et qu'elle ne doit recevoir aucunes visites ! Vous ne pouvez pas entrer !

« Et c'est vous qui allez m'en empêcher je suppose ?! » lui répondit un elfe, sarcastique.

« Parfaitement !

« Sachez pauvre idiot que je n'ai d'ordre à recevoir de personne, surtout pas de vous ! Alors laissez-moi entrer ou je vous jure que je ne répondrai plus de mes actes.

Lindir répondit, fièrement.
« Essayez donc, nous verrons enfin qui est le plus méritant de nous deux.

Elewë se leva rapidement de son matelas, chancelante. Elle avait peur de ce qui allait se produire si elle n'intervenait pas immédiatement. Elle ouvrit les pans de la tente, et dut plisser les yeux pour voir devant elle. Elewë se précipita en avant, fonçant vers la source des cris. Elle arriva au moment exact où les deux adversaires saisissaient leurs épées, et se préparaient à se battre. La jeune elfe courut dans leur direction, mais encore fatiguée, trébucha et s'étala sur le sol.
Lindir jeta immédiatement son épée au sol et courut la relever, l'inquiétude ayant remplacé la colère sur son visage.

« Elewë que fais-tu là, tu devrais être en train de te reposer, tu es trop faible pour tenir debout !

La jeune elfe se redressa difficilement et se tourna vers son ami. Elle lui demanda faiblement.

« Je vais bien Lindir. Par contre, je ne pourrais pas en dire autant de toi. Pourquoi cries-tu de cette façon contre cet elfe, que t'as-t-il fait pour qu'il déclenche ainsi ta colère ?

Lindir eut un regard noir en direction du fameux elfe.
« Devine donc ...

Elewë se tourna alors vers lui, et découvrit avec stupeur qu'il s'agissait d'Elrohir.
« Votre Altesse, que faites vous ici ? ....

Elrohir redressa la tête, et sa colère s'estompa.
« J'étais en train de dormir dans ma tente quand j'entendis un hurlement à glacer le sang venant de votre côté. Le temps que je m'habille en vitesse et que je sorte, je croisais votre ... ami sortant de votre tente, l'air pressé et inquiet. Je lui demanda la raison de vos cris, il me dit que vous aviez fait un cauchemar assez perturbant, mais que ce n'étaient pas mes affaires. Lorsque je voulut vous voir, il eut le culot de m'interdire de vous rendre visite. » le pur regard noir qu'il jeta à Lindir était sans équivoque, et fit frissonner Elewë. Pourquoi se haïssaient-ils autant l'un et l'autre ?

« Et bien je suis là, peut-être pas au meilleur de ma forme, mais bien présente. Je vous remercie profondément de votre attention » elle s'inclina respectueusement, légèrement gênée par l'attitude du prince

« Alors je me retire, soulagé de voir que vous allez mieux. Prenez garde, le départ est pour bientôt.

Une fois le prince parti, Elewë se retourna vers Lindir, qui fulminait de rage. La jeune elfe l'avait rarement vu dans cet état, et se douta fortement que la raison n'était autre que Elrohir. Elle s'avança vers son ami, et posa une main sur son bras. Il était aussi gelé qu'elle était brûlante. Elle lui demanda faiblement :

«  Lindir, pourquoi te mets-tu donc dans des états pareils ? Vous étiez à deux doigts de vous battre, et si je n'étais pas intervenue à temps, je ne sais pas ce qu'il se serait passé … Je ne comprends pas pourquoi vous vous haïssez autant …

Son ami tourna vers elle un regard encore lourd de colère, qui s'adoucit lorsqu'il vit la détresse, la fatigue et la tristesse d'Elewë.

« Tu ne peux comprendre … » dit-il attristé. Il sembla hésiter quelques secondes, avant de reprendre plus joyeusement « et bien, regarde-toi, il faut que tu ailles te changer, nous partons bientôt. » Son ton sonnait faux, mais elle ne le releva pas, et porta son regard vers le ciel.

Elewë remarqua que l'aurore était presque terminée, et que le ciel passait d'un rose-orangé à un magnifique bleu clair. La jeune elfe réalisa qu'elle s'était endormie en fin d'après-midi la veille, et qu'elle venait à peine de se réveiller. Elle avait beaucoup dormi, et pourtant elle se sentait exténuée, complètement vidée par ses horribles songes.
Lindir lui tendit les vêtements de rechange qu'il avait eu le temps d'aller récupérer. Elewë le remercia, puis se dirigea vers sa tente. Elle se changea en vitesse, essayant de débarrasser son esprit de cette implacable fatigue, et lorsqu'elle ressortit la passe résonnait des voix des soldats à présent tous éveillés, affairés à lever le campement le plus vite possible.
Elewë se dirigea vers l'enclos des chevaux, situé à la sortie de la passe. Celui-ci était le siège de beaucoup d'activités, les soldats courant dans un sens puis dans l'autre, préparant leurs montures. La jeune elfe aperçut alors Orodreth accoudé à l'une des barrières de l'enclos, les yeux rivés sur le ciel.
Elewë s'avançait vers lui lorsqu'une forme indistincte venue des airs se dirigea droit dans sa direction. Elle n'eut pas le temps de réagir qu'un magnifique oiseau se posait sur le bras d'Orodreth, celui-ci l'accueillant chaudement. En s'approchant, elle vit que c'était un superbe rapace, de petite taille, avec la tête et tout le corps brun-noir, exceptés sa gorge et son ventre, d'un beige moucheté de brun. Le bout de son bec et ses pattes étaient jaunes, et son œil brillait d'un éclat vif, démontrant l'intelligence de l'animal. Orodreth le caressait, lui lissant les plumes, et communiquait avec lui en sindarin. Il s'aperçut de la présence d'Elewë et lui sourit.

« Bonjour Elewë, vous sentez vous mieux ?

La jeune elfe fut perplexe quelques instants, avant de réaliser qu'il parlait de son cauchemar. Elle fut incroyablement gênée et honteuse de savoir que la nouvelle s'était répandue, ou bien que certains l'avaient entendu crier. Alors qu'elle détournait le regard, elle remarqua que quelques elfes la regardaient avec un petit sourire aux lèvres, l'air amusés. Elle rougit violemment, désespérée d'être la risée des troupes. Orodreth s'en aperçut.

«  Oh je suis navré de vous avoir mis mal à l'aise, ce n'était pas mon but !

Elle lui répondit, souriant faiblement.

« Ce n'est rien, j'aurais du me douter que cela ne resterait pas secret très longtemps … « gênée par la tournure de la discussion, elle reporta son regard vers l'oiseau posé sur le poing de l'elfe, frottant sa petite tête contre la sienne. Elle fut attendrie par leur amitié nettement visible. « Il est magnifique, comment se nomme-t-il ?

Orodreth lui sourit.
«  Je vous présente Fileg. (2) C'est un faucon pèlerin, il n'en existe plus que très peu aujourd'hui. Ils sont réputés pour être d'excellents chasseurs. Je l'ai recueilli alors qu'il n'était qu'un petit oisillon, et depuis il ne me quitte plus.

«  Il semble en effet être très attaché à vous. » Elewë allait continuer à parler lorsque le cor pressant les retardataires de se préparer retentit. Elle s'excusa auprès d'Orodreth, et courut harnacher Ninqueloté. Une fois celle-ci prête, elle se rendit compte qu'elle avait complètement oublié le paquet contenant ses affaires. Elle commença à paniquer, car la colonne allait partir d'un instant à l'autre, lorsqu'elle aperçut Lindir juché sur Nuruhuinë s’avancer vers elle. Il fit un grand sourire, et lui lança son paquetage.

«  Heureusement que je suis là pour toi, sinon tu te serais retrouvée habillée de la même façon durant tout le voyage, étourdie que tu es. » fit-il en riant.

Elle allait répliquer lorsque qu'un dernier coup de cor retentit, et que la colonne se mit en marche. Elewë monta en selle rapidement, et dirigea Ninqueloté à côté de l'étalon noir. Alors que les soldats se mettaient en mouvement, la jeune elfe réalisa qu'elle ne savait rien de ce qui était prévu pour aujourd'hui.

« Lindir, avec … ce que tu sais … je n'ai pas eu le temps de prendre connaissance du trajet. Où est prévu le campement pour ce soir ?

« Si tout se passe bien nous devrons normalement atteindre Amon Sûl et y passer la nuit.

Amon Sûl, l'ancienne Tour de Garde de l'Arnor. Avant-poste du Royaume, elle permettait de surveiller la menace ennemie qu'était le développement inquiétant de l'Angmar. Construite par Elendil à son arrivée de Nùmenor, elle contenait l'une des sept Pierres de Vision apportée par celui-ci, les Palantíri. Convoitée durant des années par les trois Royaumes de l'Arnor divisée, cela faisait à présent près de cinq-cent ans qu'elle avait été détruite par l'arrivée du Sorcier d'Angmar, réduite désormais à l'état de couronne de pierre sur la vieille colline où elle dominait autrefois, ruine du prestige et de la gloire passés.
Le ventre d'Elewë se mit tout à coup gronder, sortant la jeune elfe de ses réflexions, et les deux amis s'esclaffèrent.

« Avec cette histoire je n'ai pas eu le temps d'avaler un morceau ce matin …

Lindir lui sourit, et ouvrit une de ses sacoches de selle. Il en sortit une miche de pain et une belle pomme rouge, qu'il lui lança. Elewë rattrapa les vivres avec habilité, et se rua dessus, affamée. Alors qu'elle dévorait son repas, elle réalisa à quel point Lindir était prévoyant et présent pour elle, et elle se sentit honteuse de lui rendre si peu en retour.

« Tu m'as tellement aidée ces derniers temps, je ne sais comment t'être redevable. Tu es toujours là pour moi, et je ne fais que t'attirer que des ennuis … Je ne sais ce que je ferais sans toi.

Elewë vit son ami tressaillir légèrement, un sentiment étrange passant furtivement sur son visage, qu'elle n'eut le temps de décrypter, avant qu'il ne reprenne son air habituel. Son sourire s'élargit.

« Je te l'ait dit princesse, je serais toujours là pour t'aider et te défendre, tant que tu voudras bien de moi à tes côtés. Tu ne m'es redevable de rien.

Elewë leva les yeux au ciel.
« Pour quelle raison ne voudrais-je plus de toi, tu es mon meilleur ami, et je compte bien que cela reste ainsi pendant encore une petite éternité.

La jeune elfe ne vit pas le léger soupire que poussa son ami, ni le regard étrange qu'il lui jeta. Elle était repartie dans ses pensées, consacrées exclusivement à la crainte de faire à nouveau le songe horrible qu'il l'avait assailli cette nuit. Elle espéra de toute ses forces que cela ne se reproduise plus, et que le reste du trajet se fasse le plus normalement possible …

(1) Pour ceux l'ayant oublié, William est un des hommes de mains du colosse elfique qu'Elewë a du tuer en s’échappant des sous-terrains Wink
(2) « petit oiseau » en sindarin


Bon vous avez le droit de me taper, le titre est nul, mais j'ai eu une grooosse panne d'inspi ^^
Sinon, qu'avez-vous pensé de ce chapitre ?
J'ai eu beaucoup de doutes sur la seconde partie dont je ne suis pas entièrement satisfaite, et surtout sur le fait de savoir si je ne tombe pas dans le cliché dans la relation Elewë-Lindir.
A partir de maintenant Orodreth sera de plus en plus présent, parce que je me rends compte que je l'aime bien comme perso ^^
Bref, j'espère réussir à écrire le prochain chapitre d'ici la semaine prochaine, je pense que ça devrait le faire Smile
Et vous avez intérêt à commenter What a Face

_________________
Poussière d'Etoiles, la joyeuse, la folle, l'unique xD - et Admine, pour vous servir
Le Chapitre 13 de ma fic D'arc et d'épée est sorti, n'hésitez pas à regarder ! (:



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